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Suisse / CFF : immobilier et vente digitale en hausse, mais finances qui plongent

(d’après communiqué de presse du 13/09/2016)

Les CFF viennent de rendre public les chiffres pour ce premier semestre 2016. On y retient que la compagnie publique a transporté 1,24 million de passagers par jour, soit 3,4% de plus qu’à la même période de l’année précédente (1,20 million). En trafic marchandises, la prestation de transport fait état d’une hausse de 14,4% par rapport au premier semestre 2015, à 8,72 milliards de tonnes-kilomètre nettes. En revanche, du fait de la baisse de la demande en trafic voyageurs international, les recettes du trafic grandes lignes ont diminué du fait du climat sécuritaire très incertain qui règne en Europe.

La vente digitale en forte hausse

La vente de billets en «  libre-service » hors guichet, via automates, internet ou smartphone a grimpé encore de 6,4%, pour atteindre un taux global de 81,4% des ventes ! Cela confirme le succès du « libre-service » tant décrié par certains acteurs ailleurs en Europe. Le boom incontesté  est enregistré dans la vente par internet et smartphone, qui explose littéralement à +37% et qui représente dorénavant le quart de toutes les ventes de billets, soit 26,3%. Ces chiffres révèlent le très rapide essor de la vente digitale que d’aucun mettent encore en doute.

(photo Gerard - Nicolas Mannes via flickr CC BY-ND 2.0)

(photo Gerard – Nicolas Mannes via flickr CC BY-ND 2.0)

Bonne tenue des trafics, mais pas des recettes

Tout cela n’a cependant pas un impact extraordinaire sur les recettes, qui sont restées globalement stables. Par rapport à la même période de l’année précédente, le nombre de voyageurs-kilomètre a augmenté de 2,7%, à 9,3 milliards de kilomètres. À la fin du mois de juin, 458.819 abonnements généraux étaient en circulation (+1,4%) alors que le nombre d’abonnements demi-tarif a, diminué de 1%, se stabilisant à 2,33 millions. À la fin du premier semestre, 1,6 million de clients voyageaient avec le SwissPass, et plus de deux millions au début du mois de septembre. La priorité des CFF est donc d’accroître le taux de remplissage des trains pour booster des recettes moyennes. Les recettes du trafic grandes lignes ont diminué de 1,2%, à 1,18 milliard CHF, en raison, selon le communiqué, de la baisse de la demande en trafic voyageurs international vers la France, liée au climat d’insécurité, ainsi qu’à l’intensification de la concurrence des bus grandes lignes, du transport aérien et du covoiturage. On constate là-bas comme ailleurs, que la concurrence continue de siphonner la clientèle ferroviaire.

Des services annexes qui rapportent

Autre enseignement : l’immobilier. Il est représenté par le chiffre d’affaires réalisé avec la location d’espaces de vente dans les 32 gares les plus importantes, en hausse de 7%, ce qui rapporte tout de même 780 millions de CHF. Cela montre toute l’importance de promouvoir ce côté annexe au transport ferroviaire, afin à la fois de booster les recettes mais aussi de rehausser l’image du rail, grâce notamment à des gares rénovées ou reconstruites.

Des finances qui plongent

Par rapport au premier semestre 2015, le résultat du groupe s’est contracté de 20 millions de CHF, pour descendre à 72 millions de CHF. Un recul qui s’explique, selon le communiqué, par l’évolution des coûts et des frais de personnel, soulignant l’urgence qu’il y a à prendre des mesures d’efficacité et d’économies. Mais ce n’est pas la seule cause : l’augmentation des amortissements liés aux investissements réalisés a aussi largement grevé les finances. Les CFF précisent aussi que le flux de trésorerie disponible après financement par les pouvoirs publics s’est inscrit avec un déficit de 563 millions de CHF (pour un déficit de 226 millions de CHF en 2015 à la même période), grevé par une contribution patronale unique de 690 millions de francs pour la stabilisation de la caisse de pensions. Cette contribution a également eu des répercussions sur l’endettement net porteur d’intérêts, qui s’est alourdi de 865 millions de CHF supplémentaires, la dette passant ainsi à 8,813 milliards de CHF.

Des mesures pour l’avenir

Le communiqué conclue en analysant que l’évolution des coûts, et notamment des frais de personnel, souligne l’urgence qu’il y a à prendre des mesures d’efficacité et d’économies. Outre des mesures de remplissage des trains, les CFF ont ainsi lancé le programme RailFit20/30 en novembre 2015, afin de réduire les coûts globaux du système ferroviaire; dans le même temps, des investissements ciblés permettront de réaliser des aménagements et de proposer des offres innovantes et attrayantes. Selon le communiqué, CFF Infrastructure a déjà pu  améliorer l’efficacité en matière d’entretien du réseau: les charges d’exploitation et d’entretien par sillon-kilomètre ont baissé de 5%, à 18.75 de CHF.

(photo presse CFF / SBB)

(photo presse CFF / SBB)

 

 

 

 

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