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Innotrans 2016

L’édition 2016 d’Innotrans, la plus grande foire ferroviaire au monde, a débuté hier. Depuis sa création en 1996, la taille de l’espace d’exposition est passée de 4.525 à 102.000 m2 nets, et le nombre d’exposant  partait de 172 pour atteindre aujourd’hui 2.950 exposants provenant de 62 pays. 123 trains sont exposés cette année à l’extérieur (photo). Un beau succès qui attira 133.000 personnes en 2014, pour un secteur un peu en marge du grand commerce et de la finance mondiale.

(photo de presse Berlin-Messe)

(photo de presse Berlin-Messe)

Ce salon est l’occasion de médiatiser un certain nombre d’actions comme en témoigne la première journée d’hier mardi. Le thème est « Mobilité 4.0 » en mettant l’accent sur le numérique au service du secteur ferroviaire.  Les services de communication de tous les exposants sont manifestement aux taquets. Cela commence par les incontournables visites de ministres aux principaux stands et la présence de la Commissaire européenne aux Transports Violeta Bulc. Cette dernière a justifié sa présence pour voir ce que l’industrie peut fournir en matière de rapport coût-efficacité, d’impact environnemental et de fourniture de lieux de travail sécurisé. « Le temps des monopoles est enfin terminé », a-t-elle rappelé, appelant l’industrie à « prendre (davantage en compte) le point de vue du client » bien plus qu’auparavant. Elle l’illustre au travers de la réservation de billets où il doit être possible de voyager dans toute l’Europe de manière uniforme en porte-à-porte. La Commission européenne présenterait prochainement  un tel billet pour les étudiants  du programme d’échange Erasmus.

Plus loin, ce sont les sociétés ferroviaires nationales qui concluent des accords. Un Memorandum of Understanding (MoU) a ainsi été signé devant les caméras entre la SNCF et la DB AG concernant un échange de bonnes pratiques en matière d’accueil du client et des pratiques de mobilité. Les deux sociétés ont déjà acquis une certaine expérience de travail avec les start-ups et veulent faire profiter les résultats au travers de nouvelles formes de coopération. « Le but de notre nouvelle coopération avec la Deutsche Bahn, c’est la coopération avec les startups sur des solutions industrielles 4.0 pour améliorer le service client. La coopération ne doit pas servir uniquement les clients de DB et la SNCF, mais être bénéfique pour l’entièreté du secteur de la mobilité. Un autre objectif plus technique sera de clarifier les conditions de la transmission de données à bord du train, et de travailler dans l’intérêt de nos clients et de nos propres applications en parallèle avec l’industrie des télécommunications dans le but d’améliorer la réception. », rapporte le site Lok-Report.

L’association européenne des constructeurs ferrovaire, l’UNIFE présidée par le français Philippe Citroën, a présenté les conclusions d’une étude de marché ferroviaire au niveau mondial, une prévision allant de 2016 à 2021. L’étude constate que le marché a augmenté par rapport à la dernière étude réalisée il y a deux ans, avec une augmentation de 3%, principalement grâce à la région Asie-Pacifique.  Les taux de croissance les plus élevés le sont dans le matériel roulant et de contrôle ferroviaire, avec des croissances de respectivement 5,8 et 4,9%. Les prévisions pour le marché de l’offre ferroviaire enregistrerait ainsi une croissance moyenne de 2,6% par an et devrait atteindre les 207 milliards de $ annuels entre 2019 et 2021. Le matériel roulant concernerait  68% de cette croissance attendue du marché et les taux les plus élevés sont attendus en Europe occidentale et dans la région Afrique / Moyen-Orient. L’avenir semble donc aux automotrices, métros et autres rames de transport public, et le contrôle-commande des trains, ce qui douche encore un peu plus les perspectives d’Alstom Belfort, pas conçu pour ce matériel.

Numérique

La numérisation est la prochaine vague d’innovation et d’amélioration de la qualité des services. Et de fait, la numérisation est ainsi le point central des chemins de fer allemands pour cette édition InnoTrans 2016. « Avec DB 4.0 , nous travaillons activement à l’interface avec le client, l’optimisation des processus internes et l’utilisation intelligente de nouveaux modèles d’affaires fondés sur la gestion des données. A InnoTrans , nous montrons comment la numérisation permet de promouvoir le groupe » explique le boss de l’entreprise allemande. Les services ferroviaires et l’entretien de l’infrastructure verront un saut quantique de la numérisation, a déclaré le directeur général de l’Association Electro-industrie (ZVEI) Herbert Zimmermann. La maintenance prédictive a déjà conduit à une réduction de 30 pour cent des coûts de maintenance.

Le directeur général de l’Association allemande des sociétés de transport VDV, le Dr Martin Henke, a cependant mis en garde contre la trop grande lenteur d’innovation. « L’innovation dans le transport ferroviaire a besoin de davantage de fonds publics pour suivre le rythme avec les autres modes de transport », rappelle-t-il. Allusion aux nouvelles pratiques des clients au travers des smartphones et de l’info en continu, mais probablement aussi aux tests actuels de camions qui circulent « groupés » sur autoroutes, farouche concurrence…au train. La numérisation n’est plus un vain mot, puisque cela concerne des technologies innovantes comprenant le contrôle numérique et la technologie de la sécurité, la signalisation électronique, les gares connectées, l’exploitation des trains automatisés, les plates-formes de services intermodaux, une logistique plus intelligente, des diagnostics numériques plus précis évitant les longues immobilisations du matériel roulant, une maintenance prédictive et un niveau de sécurité encore plus élevé.

 

 

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