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Suisse/CFF : RailFit20/30, un plan qui réduit les coûts mais aussi le personnel

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Il reste le meilleur mondial de la classe, mais tout à un prix. Ce matin, les CFF présentaient leur plan intitulé RailFit20/30, visant à réduire les coûts de l’entreprise ferroviaire suisse de près d’1,2 milliards de CHF (1,099 milliards d’euros) sur les trois prochaines années. Un plan développé depuis l’automne dernier sur base des conseils de Mc Kinsey. Sur les 1,2 mrd CHF d’économies visées, 470 millions seront réalisées par des réductions de coûts du personnel, 400 millions par une baisse des dépenses d’entretien, de matériel et d’informatique, 300 millions par une réduction des frais d’investissement récurrents et 30 millions par une baisse des coûts salariaux annexes.

Le personnel sera surtout réduit dans l'administration (photo © SBB CFF FFS)

Le personnel sera surtout réduit dans l’administration (photo © SBB CFF FFS)

Le communiqué rappelle que d’ici à 2020, plus de 22 milliards de francs seront investis dans le matériel roulant, l’infrastructure, les nouvelles offres et services. Des extensions de l’offre qui ne seront donc pas indolores pour les pouvoirs publics. En parallèle, pour diverses raisons, les CFF notent une forte augmentation des coûts de production globaux du système ferroviaires (normes légales, standards de qualité élevés,…). Comme les fonds dispensés par la Confédération n’augmenteront pas autant que les coûts, l’équation est facile à comprendre : des mesures de réductions des coûts d’exploitation doivent être prises. Parmi celles-ci : réduire les coûts administratifs, améliorer la productivité de l’informatique, de l’entretien et de l’exploitation ferroviaires, investir et acquérir davantage avec moins de moyens, miser davantage encore sur des solutions avantageuses, et alléger les organisations internes et leurs processus. Le communiqué est sans ambiguïté : « Ces mesures ont pour conséquence la suppression de quelque 1400 postes de travail, avant tout dans l’administration, mais aussi, grâce à des gains de productivité, dans les domaines de la régulation du trafic, de la vente ou de la manœuvre. » Les ETP passeront ainsi, compte tenu des 200 recrutements à venir, de 33.200 à 32.100. Il faut savoir que les CFF enregistrent chaque année un changement d’emploi de 500 travailleurs  ainsi que 1300 départs à la retraite. Selon le syndicat Transfair, les réductions de postes seraient sensibles au nivreau du « service du personnel ». Jusqu’à un quart des équivalents plein-temps actuels risquent de disparaître, déplore-t-il.

La suite du plan concerne les prestations sociales. Ainsi, les CFF ont supporté seuls, jusqu’à présent, les cotisations risques de la Caisse de pensions. « À partir de janvier 2017 », précise le communiqué,  « ils entendent répartir ces contributions de manière paritaire entre l’employeur et le personnel. » Avec une ponction complémentaire sur les salaires du personnel, mais en maintenant malgré tout d’autres prestations sociales, histoire de rassurer tout le monde. Néanmoins, on peut noter que l’assurance invalidité professionnelle de la caisse de pensions CFF va aussi subir une réduction des prestations, qui toucherait les travailleurs déclarés inaptes pour des raisons médicales.

La présentation de ce jour ne fournit cependant pas toutes les précisions utiles. L’autre syndicat du rail suisse, le SEV, « attend toujours de savoir quels projets concrets font partie de RailFit 20/30. » Rappelons que les CFF sont de toute manière appelés à faire mieux, mais avec moins, un discours que l’on entend au sein de toutes les compagnies ferroviaires européennes, l’Allemagne incluse. Le coût de rénovation du mètre de voie ferrée s’est élevé en 2015 à 1.808 CHF alors qu’il devrait atteindre au plus 1.486 CHF, pouvait-on lire dans un rapport de 2014. Côté institutionnel, la Confédération était censée de suppléer aux « coûts de rattrapages », mais tel ne sera pas le cas pour 2017-2020. Le contrat de prestation 2017-2020 prévoit 7,6 milliards pour les CFF pour l’entretien du réseau ferré, en hausse de 15% par rapport à la période 2013-2016, mais cela ne couvre pas toutes les dépenses. Moralité : les CFF prévoient de nombreuses années pour rattraper le retard, évoquant une stabilisation à l’horizon 2020 pour une mise à niveau vers 2030. Enfin, si des postes de travail doivent disparaître, certaines branches seront renforcées, principalement du côté du personnel des trains et du nettoyage, pour faire face à l’augmentation du trafic.

 

 

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