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Récents succès pour Bombardier en Europe

(03 octobre 2016)

Deux commandes définitives ont récemment bénéficiés au constructeur canadien Bombardier. La première est destinée à la Grande-Bretagne. En août dernier, l’exploitant néerlandais Abellio a été confirmé pour exécuter la franchise Great Anglia. Cette nouvelle franchise, qui pèse tout de même près de 97 millions de voyageurs par an, permettra d’accélérer les services interurbains sur London Liverpool Street, Norwich et Ipswich. Au moins deux trains par heure dans chaque direction relieront Londres Liverpool Street et Norwich en 1h30 et ainsi qu’un train par heure sur Ipswich. Le service de pointe de trois trains par heure sur Londres-Norwich est dès lors étendu toute la journée.

Pour arriver à cela, la franchise Great Anglia de neuf ans promettait d’importants investissements dans le matériel roulant. Abellio va non seulement rénover la flotte actuelle mais prévoit d’introduire, par le biais du loueur Angel Trains, 169 nouveaux trains entre janvier 2019 et septembre 2020. C’est l’usine Bombardier  de Derby qui construira les 665 voitures de la gamme ‘Aventra’ pour 1 milliard de £ (1,135 milliards d’euros). 22 automotrices auront une composition de 10 voitures, tandis que les 89 autres auront une composition moitié moindre, de cinq voitures. En 2021, Abellio fournira donc plus de 32.000 sièges supplémentaires pour ses services de pointe du matin vers Londres Liverpool-Street, une gare actuellement en plein travaux.

Une évocation de la future Aventra d'Abellio (photo Bombardier)

Une évocation de la future Aventra d’Abellio (photo Bombardier)

La gamme ‘Aventra’ est une conception purement britannique qui a déjà été commandée sur deux autres projets. La future ligne ‘Crossrail’  – renommée Elisabeth Line – verra ainsi circuler 66 Aventra de class 345 composées de 9 voitures. Une autre ligne londonienne,  existante celle-là, l’Overground, aura 45 automotrices class 710 de 4 voitures seulement. Bombardier avait donc, sur place, des arguments à faire valoir.

On peut cependant estimer qu’il y a dû avoir beaucoup de politique en coulisses. Personne n’a oublié le précédent de 2011, lorsque ce fût Siemens qui rafla la méga-commande de 1.140 voitures destinées ici au réseau ‘Thameslink’, une ligne Nord-Sud qui traverse Londres jusqu’à Brighton. A l’époque, Bombardier avait dû se passer de 1000 emplois à l’usine de Derby, dans le cadre, il est vrai, d’un vaste plan mondial  où le canadien se sépara de 7.000 collaborateurs. L’usine de Derby, un site tout aussi historique qu’Alstom Belfort, compte actuellement 1.600 personnes. Après le tumulte du contrat ‘Thameslink’, le gouvernement avait promis de mettre les fabricants britanniques sur un «pied d’égalité» avec la concurrence étrangère, mais les ministres sont restés bien limités en regard des règles de l’Union européenne. En 2014, le site a repris des couleurs avec des commandes pour le Gatwick-Express et Crossrail/Elisabeth Line. Mais Bombardier a dû promettre qu’au moins 25% de la valeur du contrat irait aux petites et moyennes entreprises britanniques. Ces contrats devant bientôt être terminés, Abellio vient donc à point nommé pour garnir le carnet de commande du canadien et nul doute que des promesses sur la filière ferroviaire britannique ont pesé lourd dans la balance.

En Autriche aussi

Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, les ÖBB viennent d’officialiser une mega-commande d’automotrices au même Bombardier. Il ne s’agit pas des ‘Aventra’ ni de Derby, mais de l’automotrice continentale du groupe, la ‘Talent 3’, qui n’existe que sur papier mais était officiellement présentée au dernier Innotrans. Contrairement à la version ‘Talent 2’, Bombardier vise maintenant le marché international. L’automotrice ‘Talent 3’ est livrée avec l’ETCS, est conforme aux STI et peut donc traverser les frontières. Mais elle a surtout la capacité de fonctionner avec des batteries au lithium Primove qui permettent de circuler sur des voies non-électrifiées sur près de 50 kilomètres, sans devoir utiliser un moteur diesel d’appoint. Au-delà de cela, Bombardier décline la ‘Talent 3’ en une version apte à 200km/h, couvrant ainsi le marché interurbain dominé par Stadler.

Evocation de la future Talent 3, l'automotrice 'continentale' de Bombardier (photo Bombardier)

Evocation de la future Talent 3, l’automotrice ‘continentale’ de Bombardier (photo Bombardier)

Les ÖBB ont signé une commande de 300 automotrices en version à 160km/h, destinées à couvrir les services locaux dans l’Ouest de l’Autriche. Contrairement au dossier britannique, la construction bénéficiera une usine étrangère, celle de Berlin-Hennigsdorf.  En effet, le groupe ne possède à Vienne qu’une usine de fabrication de tramway, et la filière ferroviaire autrichienne est essentiellement d’obédience Siemens. Il n’est pas impossible cependant que certains composants soient issus de l’usine de Vienne. Les ÖBB sont de toute manière familiarisés avec la gamme ‘Talent’ de Bombardier, une gamme créée en 1995 par Talbot Aix-la-Chapelle, rachetée depuis par le géant canadien. Le nom est d’ailleurs l’acronyme allemand de ‘TALbot LEichter Nahverkehrs Triebwagen’, c’est-à-dire « automotrice légère pour transport urbain de Talbot ». Les ÖBB disposent de 187 véhicules de version précédentes, classées 4023, 4024 et 4124, ces dernières étant les 37 bi-courants  15kV/25kv passe-frontière. Les 300 nouveaux véhicules mettront Bombardier au sommet des fournisseurs du parc roulant ferroviaire autrichien.

 

 

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