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Petites lignes : l’Allemagne investi dans un RER en Forêt-Noire

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Fribourg-en-Brisgau (Freiburg im Brisgau) est une ville de 227.000 habitants située en face de Colmar, mais de l’autre côté du Rhin. Elle est connue pour son identité « ville verte » qu’elle s’efforce de promouvoir, notamment à travers son éco-quartier Vauban, et bien d’autres choses. Cette ville disposant d’une université s’est dotée d’un programme ferroviaire intitulé Breisgau S-Bahn 2020. Il s’agit concevoir un maillage de 8 lignes RER totalisant 235 kilomètres, aux pieds de la Forêt-Noire, sur une zone qui concerne près de 600.000 habitants.

Une carte qui ferait rêver n’importe quelle ville de 200.000 habitants d’Europe… (BZ)

Le projet remonte tout de même au début des années 2000 avec à l’époque le « Breisgau S-Bahn 2005 », dont le concept a déjà été développé sur quelques lignes pilotes ( Breisacher Bahn, Elztalbahn et Kaiserstuhlbahn ). Ces lignes de chemin de fer ont été agrandies, les gares modernisées et l’offre horaire considérablement élargie. Pendant la journée, les trains circulent déjà toutes les demi-heures. Le projet est géré par le Zweckverband Regio-Nahverkehr Freiburg (ZRF) et l’état de Baden-Württemberg. Il est consultable sur un site web dédié, mais chaque section de ligne est concernée par une page qui présente chaque projet ! On peut ici visualiser les projets de la petite ligne de la Vallée de l’Elz qui pourrait à l’avenir être électrifiée…

Un exemple de présentation du projet, pour une seule ligne

Faire du train autrement

En Allemagne, la régionalisation du trafic local depuis 1996 permet le choix de l’opérateur, même si c’est DB Netz qui paye l’infrastructure. C’est ainsi que la petite ligne locale Breisacher Bahn, dont ne voulait plus la DB, fût reprise à l’exploitation en 1997 par la Breisgau S-Bahn GmbH, qui exploite à la satisfaction de tous des autorails légers Regio-Shuttle (RS1). Autre exemple, depuis mai 2000, ce sont les trains d’un autre opérateur, le SWEG, qui circulent sur la Kaiserstuhlbahn orientale entre Gottenheim et Bahlingen toutes les demi-heures. Sur le chemin de fer de la Elz Valley , également géré par le Breisgau S-Bahn, toutes les gares ont été modernisées. Cela a provoqué une croissance des voyageurs de la petite ligne de… 300% en dix ans ! Ces exemples concrets suffisent à démontrer qu’en faisant du chemin de fer autrement, tout est possible. Le personnel gagne de 10 à 15% de moins qu’à la Deutsche Bahn, mais conserve son emploi grâce au maintien en service des petites lignes. Plutôt que d’être reclassé ailleurs, ce personnel travaille toujours « chez lui »…

Correspondances sur le Kaisersthulbahn

>>>> Quelques photos des trains du Brisgau S-Bahn

La suite des travaux

« La croissance de la population dans les régions métropolitaines rend nécessaire une offre accrue de mobilité écologique », explique le professeur Dirk Rompf, membre du conseil d’administration de DB Netz. « C’est pourquoi nous avons besoin d’une expansion de l’infrastructure ferroviaire, en particulier pour le trafic régional. Le projet Breisgau-S-Bahn 2020 en est un très bon exemple. » Selon Norbert Barthle, le gouvernement fédéral « aide le Land de Bade-Wurtemberg à créer des transports publics durables et modernes dans la région de Fribourg-en-Brisgau. Pour le projet Breisgau S-Bahn 2020, qui a été enregistré pour un montant total d’environ 340 millions d’euros, un financement d’environ 168 millions d’euros de notre programme fédéral de financement des transports municipaux est prévu. »

Une nouvelle étape commence ce mois-ci : des travaux sur une ligne mythique, celle qui mène à Seebrugg et que, paradoxalement, les (très) anciens ingénieurs de la SNCF connaissent fort bien (1).

Jusqu’en octobre 2018, la DB va reconstruire la section de 37 km du Höllentalbahn Ouest entre Fribourg (Breisgau) et la gare Titisee, en remplaçant complètement les rails, la caténaire, la signalisation et les six gares. Les trains vont devoir momentanément s’arrêter et être remplacer par les vilains bus tant honnis. Seebrugg et le lac Titisee sont des hauts lieux du tourisme en Forêt-Noire et même en Allemagne. La ligne ne dessert donc pas des vallées perdues sans habitants ni activités. Cela aide à la réhabilitation. Voici la carte des principaux travaux :

Carte des travaux (photo/graphisme BZ)

Electrifications

Concrètement, à certains points de la ligne, les voies seront ripées pour élever la vitesse. Les améliorations de temps de trajet sont nécessaires pour le futur horaire. L’accès aux quais sans obstacle via des rampes ou des ascenseurs sera installé dans toutes les gares. Mais on pense aussi à un futur écologique. L’électrification des lignes qui ne le sont pas encore permettra une liaison continue des trains de Breisach via Fribourg à Titisee / Seebrugg et à Donaueschingen. Cela permettra d’éliminer les correspondances à Fribourg, Gottenheim, Titisee et Neustadt. Les trains seront «couplés» de et vers Breisach ou Endingen ainsi que de Titisee depuis et vers Seebrugg ou Donaueschingen. Les trains, divisés en gare, pourront ensuite continuer dans des directions finales différentes. En direction de Fribourg, tous les trains comporteront ainsi deux tranches d’origine. Les projets d’électrifications concernent notamment :

  • Agrandissement et électrification du Breisacher Bahn, du Kaiserstuhlbahn (nord, ouest et est), de l’Elztalbahn et du Münstertalbahn;
  • la réactivation et l’électrification de la liaison Müllheim – Neuchâtel (- Mulhouse);
  • l’électrification de la Höllentalbahn orientale et d’autres mesures d’expansion sur l’ouest Höllentalbahn et le Drei-Seen-Bahn;
  • Mesures d’extension supplémentaires le long de la Rheintalbahn au nord et au sud de Fribourg, qui avaient déjà été construites dans le cadre de la ligne nouvelle et améliorée au moment de la réalisation ;
  • l’extension du chemin de fer de marchandises au nord et au sud avec les liaisons du Rheintalbahn sur le chemin de fer de Breisacher jusqu’à la gare principale de Fribourg.`

À cela s’ajoute des travaux de sécurisation de passages à niveaux et la réabilitation de nombreuses petites gares à l’instar du cliché ci-dessous.

Une petite gare rénové. Cela ne coûte pas des millions… (photo SWEG)

Cet exemple d’un RER/S-Bahn d’une petite ville moyenne montre qu’il est clairement possible d’améliorer l’offre. Les allemands ne sont pas plus riches que les autres mais ils disposent d’une législation qui garanti des fonds aux projets prévus, même si là-bas aussi, peuvent apparaître des difficultés politiques comme on en trouve partout. Le serpent de mer du projet ‘Stuttgart  21’ (capitale du même Land), est probablement l’exemple contraire, mais c’est bien le seul du pays…

(1) Histoire du 25kV français : Le Höllentalbahn, éclaireur du courant industriel français

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