Semaine de la mobilité : on passe encore à côté de l’essentiel

« Moins de voitures, plus d’air pur! » est le formidable slogan retenu pour la semaine de la mobilité en Région bruxelloise. Pour sa énième édition, la semaine de la mobilité répète les slogans des années précédentes sans que grand-chose n’ait été changé. On a donc l’impression qu’il s’agit davantage de la grande kermesse annuelle plutôt qu’un enjeu sociétal. Logique ?

Hélas oui. L’impression domine qu’on ne cherche pas à approfondir l’analyse et que débat sur la mobilité ne tourne qu’autour de thèmes périphériques au quotidien des gens, sans grandes idées autres que la culpabilisation. Qui ira faire trois kilomètres à pied pour conduire son gosse à l’école ? La mobilité semble n’être qu’un problème bruxellois, ce qui est faux, mais en Belgique, l’état des lieux est sans appel :
● Bruxelles est une capitale et à ce titre concentre un important secteur tertiaire notamment lié à l’Etat et tout ce qui l’entoure ;
● la présence des institutions européennes accentue encore davantage ce qui précède, avec un écosystème important d’activités liées ;
● il n’y a pas vraiment en Belgique de « capitale économique » à l’inverse de pays semblables au nôtre comme Zurich en Suisse ou Rotterdam et Utrecht aux Pays-Bas. Anvers ne concentre pas de grands sièges sociaux comme dans les villes précitées, ou pas avec la même amplitude.

Le résultat de tout cela est un intense trafic de diplômés quittant la verte province pour se rendre chaque matin à Bruxelles. Un malheur ne venant jamais seul, ministères, bureaux gouvernementaux, institutions et nombreux quartiers tertiaires ne sont pas implantés proche d’une gare, à l’exception notoire du quartier Nord, du rond-point Schuman et de la gare centrale.

Une lecture rapide de la presse de ce lundi montre « qu’on est ailleurs » dans l’analyse. FEB, écologistes, associations ou universitaires ne s’accordent pas mieux dans leurs analyses que les régions politiques. Tout tourne autour de la fiscalité, de la voiture-salaire ou de la pollution. Alors que les enjeux sont ailleurs. Les bruxellois font le forcing pour une ville plus propre : on les comprends. Mais ils devront comprendre que wallons et flamands pourraient aussi être prêts à vider la capitale des nombreux sièges sociaux, cabinets d’avocats ou bureau d’étude qui y trônent. Et d’appauvrir encore un peu plus une capitale pas au top dans l’indice socio-économique. Est cela que l’on veut ?

Jusqu’ici, pour contrer la voiture, les milieux écologistes n’ont qu’une seule réponse : « débrouillez-vous sans auto ». Point. Et gare à ceux qui oseraient contredire…

Les vraies questions sont : où habitez-vous ? Où allez-vous travailler chaque matin ? Quel tour faites-vous avec votre véhicule (enfants, écoles ?), Qu’avez-vous comme semaine en déplacements ? C’est quoi vos activités du soir ? Tant que personne n’aura analysé cette matière première qui fonde la vie de tout citoyen, il n’y a rien à attendre d’une semaine de la mobilité.

>>> À lire : Le citoyen, quel usage fait-il du chemin de fer ?

Publié par

Frédéric de Kemmeter

Cliquez sur la photo pour LinkedIn Analyste ferroviaire & Mobilité - Rédacteur freelance - Observateur ferroviaire depuis plus de 30 ans. Comment le chemin de fer évolue-t-il ? Ouvrons les yeux sur des réalités plus complexes que des slogans faciles http://mediarail.be/index.htm

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