La semaine de Rail Europe News – Newsletter 042

Du 08 au 14 septembre 2021

L’actualité ferroviaire de ces dernières semaines.

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Politique des transports

Nightjet-ÖBBAllemagne – Le ministère fédéral des Transports promeut des projets innovants dans les transports locaux – L’Allemagne veut promouvoir ses transports publics au travers des projets innovants. Jusqu’à 250 millions d’euros sont disponibles d’ici 2024. 12 projets « modèles » à travers l’Allemagne ont été sélectionnés parmi toutes les soumissions et doivent maintenant être financés et mis en oeuvre. Un des projets retenus entend renforcer l’offre de transports publics en milieu rural. De son côté Hanovre compte utiliser des stations mobiles multifonctionnelles pour créer de nouvelles incitations au transfert modal et à l’utilisation de la nouvelle HannoverCard 50 de la GVH. Le distrcit de Lauenburg veut créer de nouvelles lignes de bus express, introduire des navettes de bus automatisées dans les services réguliers et étendre les services à la demande. Dans la plupart des autres projets, on retrouve la volonté de création de nouvelles lignes de bus express, d’introduction du transport à la demande et d’augmentation de la fréquence des lignes existantes. En outre, des stations de mobilité multimodales seront mises en place, qui serviront également de points d’accès au système de partage de vélos électriques (y compris les vélos-cargos). Un peu partout, on souligne l’importance de la création et de l’intégration d’un tarif multimodal permettant également une utilisation conviviale de toutes les formes de mobilité disponibles.
>>> BMVI.de – BMVI wählt 12 Modellprojekte zur Stärkung des ÖPNV aus

SNCF-SNCBEurope – Le rail plus encadré par l’État. Pour le bonheur du chemin de fer ? – Depuis une vingtaine d’années, les États semblent reprendre la main sur le secteur ferroviaire, non pas en le transformant en une administration comme jadis, mais plutôt en balisant les dépenses plus drastiquement que jadis. Une bonne affaire pour le rail ? La récente pandémie a par exemple accéléré, au Royaume-Uni, la reprise de contrôle du secteur ferroviaire par l’Etat, avec la fin du système des franchises qui était déjà bien malade avant 2020. Mais ce retour s’accompagne d’une cure d’amaigrissement d’1 milliard de livres sterling. Beaucoup ont cru que les années 80-90 furent anonciatrices d’une délaissement de l’État. En réalité, c’est l’inverse qui s’est produit, puisque les gouvernements d’Europe gèrent maintenant leur chemin de fer sous enveloppe fermée, par contrat de gestion. Faire mieux avec moins a mis fin au laissez-faire des Trente Glorieuses. C’est ce qu’explique cet article pour mieux faire face à des croyances souvent limitantes concernant le passé, le présent et l’avenir de nos trains. L’État pour le meilleur des mondes ferroviaires ? Il y a lieu de nuancer…
>>> Medirarail.be – Le rail plus encadré par l’État. Pour le bonheur du chemin de fer ?

Trenitalia-digitalItalie – Investir 31 milliards dans une mobilité intégrée – Luigi Ferraris, le récent PDG du groupe ferroviaire public FS, a souligné que son groupe était prêt « à investir 31 milliards du PNRR (Plan National de Relance et de Résilience) dans une mobilité intégrée à 360 degrés, en continuant à développer la Grande Vitesse et les transports régionaux, à travers des solutions basées sur la création de valeur et en respectant les besoins des personnes« . Il a également précisé que les infrastructures doivent être « de plus en plus interconnectées grâce à la digitalisation et à la formation des jeunes, cruciales pour faire face aux défis de demain« . Près de 15 milliards € seront alloués à la grande vitesse et à la liaison Gênes-Milan, pour renforcer le transport en Ligurie avec des trains de qualité et de nouvelles infrastructures, pour des interconnexions extra-régionales jusqu’aux corridors européens et avec une attention particulière aux connexions de fret. Le CEO a beaucoup insisté pour faire en sorte que le transport soit fluide, rapide, confortable, mais aussi équipé du matériel nécessaire pour s’assurer que les voyageurs soient connectés. C’est pourquoi, précise Ferraris, « il faut de plus en plus créer les conditions pour que le voyage se déroule avec un niveau de connexion, même virtuel, en favorisant et en développant la diffusion du WiFi à bord des trains« . L’avenir nous dira quand tout cela deviendra réalité et à quel rythme. Toujours est-il que le groupe FS, dont fait partie Trenitalia, dispose d’une stratégie et d’une feuille de route.
>>> FS News – Ferraris: «Investiremo 31 miliardi per mobilità integrata, valorizzando il territorio»

Trafic grande ligne

Nightjet-ÖBBAutriche – Les deux premières voitures Nightjet sortent d’usine pour tests – Les deux premiers véhicules de la nouvelle flotte de trains de nuit Nightjet des chemins de fer fédéraux autrichiens ont été expédiés de l’usine Simmering de Siemens Mobility à Vienne pour le début des tests et de la certification. Il s’agit de la voiture-pilote à places assises et d’une autre voiture à places assises à plancher surbaissé. Contrairement aux trains de jour Railjet antérieurs, le design extérieur de la cabine de conduite suit celui de la famille des locomotives Vectron du même constructeur. Ces voitures font parties des 13 rames de 7 voitures commandées en 2018, et livrée pour 2022. Chaque rame sera composée de 2 voitures à places assises, de deux voitures-lits et de trois voituress-couchettes. Les compartiments voitures-lits standard et de luxe disposeront de toilettes et d’une douche privatives. Le premier lot de 13 trains de nuit est destiné à exploiter les services Nightjet vers l’Italie, suite aux mesures italiennes concernant l’exploitation des trains en tunnel. Les ensembles suivnts seront déployés sur les lignes Wien/Innsbruck – Hambourg/Amsterdam, Wien/Graz – Zürich et Zürich – Hambourg/Amsterdam.
>>> Railway Gazette – First new Nightjet stock ready for testing

SNCF-InouiFrance – Fin du dispositif de remboursement ou d’échange des billets sans frais à la SNCF – Depuis le 9 août et la mise en place du pass sanitaire obligatoire à bord des TGV Inoui, Ouigo et Intercités, la SNCF avait permis à ses clients de se faire rembourser ou d’échanger leur billet jusqu’à la dernière minute, sans aucun frais. « L’idée était de ne pas pénaliser les Français qui devaient prendre le train et n’avaient pas de passe sanitaire valide. Exceptionnellement, entre le 9 août et le 12 septembre, on leur a permis d’annuler ou de reporter sans frais », développe une porte-parole de la SNCF. Seule la différence de prix avec le nouveau billet était éventuellement facturée. Ce dispositif exceptionnel prenait fin dimanche dernier à minuit. Ce sont les règles post-Covid d’échange et remboursement de billets, annoncées le 1er juin en même temps que la carte Avantage, qui s’appliquent à nouveau.
>>> Le Parisien – Remboursement et échange des billets de TGV sans frais : la SNCF repasse à J-3

Trafic fret

Allemagne : ECR devient DB Cargo France – Avec ce changement de nom, DB Cargo achève l’intégration d’Euro Cargo Rail (ECR) et renforce sa position de premier opérateur de fret ferroviaire d’Europe. Le réseau de DB Cargo comprend désormais 17 sociétés nationales. Chaque société nationale est gérée de manière indépendante par une équipe de direction basée dans le pays respectif. L’affectation organisationnelle des compagnies nationales aux départements du Board of Management de DB Cargo intègre de manière optimale la gestion régionale et fonctionnelle au profit du réseau européen. La nouvelle compagnie nationale DB Cargo France adopte également le logo du Groupe DB, confirmant ainsi visuellement son affiliation au plus grand chemin de fer de fret d’Europe. Euro Cargo Rail fait ainsi partie des services de transport de marchandises de DB Cargo à l’échelle nationale en Europe et garantit que les trains-blocs nationaux et internationaux peuvent être produits avec une fiabilité exemplaire et des passages frontaliers fluides avec une grande ponctualité. Ses services intermodaux de bout en bout incluent également des activités de proximité (stockage, chargement/déchargement, premier/dernier kilomètre). Son service de wagons complets est proposé avec des temps de transport réduits et des navettes régulières entre les grands hubs européens. Enfin, la digitalisation de tous les processus permet un suivi en temps réel des solutions et favorise une communication fiable, rapide et personnalisée avec tous les clients. Le résultat : DB Cargo France complète et diversifie la stratégie européenne unifiée de DB Cargo par son expérience et ses solutions.
>>> DB Cargo – Euro Cargo Rail (ECR) becomes DB Cargo France

France/Grande-Bretagne : Getlink lance une navette pour semi-remorques non-accompagnées – C’est une nouveauté, mais qui répond à une réalité. Face aux tracas du Brexit et de ses conséquences douanières, qui provoquent des files d’attente et des allongements de rotation des chauffeurs routiers, Getlink lance un service non-accompagné dès le 18 septembre. Le principe : à l’instar d’autres terminaux, les routiers laissent leur remorques sur un parking dédié à Calais et à Folkestone, et Getlink s’occupera de les embarquer dans une navette pour la traversée en tunnel. De l’autre côté de la Manche, d’autres chauffeurs récupéreront les semis-remorques pour poursuivre le voyage, en France ou au Royaume-Uni. Le service bénéficiera de l’expertise douanière unique de Getlink pour le passage à la frontière et aurait une capacité de 8300 semis-remorques par an.
>>> Businesswire – Getlink lance un nouveau service innovant de fret ferroviaire non accompagné transmanche

France : de l’argent frais pour redresser le fret ferroviaire – Après près de deux ans d’attente, le gouvernement a enfin publié sa stratégie nationale pour le fret ferroviaire prévue dans la loi LOM de 2019. Objectif : doubler la part modale du secteur, aujourd’hui tombée à 9 %, très loin derrière le transport routier. Portée par Jean-Baptiste Djebbari, ministre des Transports, elle devrait se concrétiser par un ensemble de 72 mesures et le déblocage de plusieurs centaines de millions d’euros sur les prochaines années. Venu lundi inaugurer la Semaine de l’innovation du transport et de la logistique (SITL) porte de Versailles à Paris, le ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a redit ses ambitions pour le secteur. « Dans le secteur de la logistique, il y a un mode qui a peut-être été le parent pauvre des politiques publiques ces dernières années, c’est le fret ferroviaire. Toutes les belles intentions ont été proférées à son égard, mais nous pouvons constater que le succès n’est pas au rendez-vous », déplore en introduction le ministre. Le ministre compte doubler la part du ferroviaire dans les flux logistiques d’ici 2030 et pour cela, l’État va verser 170 millions par an de 2021 à 2024 pour aider les opérateurs à faire rouler des trains de fret. Par bonheur, on parle bien ici d’opérateurs au pluriel, regroupés au sein de l’alliance 4F. Pour des résultats enfin concrets ?
>>> La Tribune – Face au déclin du fret ferroviaire, Jean-Baptiste Djebbari sort le carnet de chèque

Infrastructures

Grande-Bretagne : une stratégie industrielle sur dix ans pour améliorer les opérations ferroviaires – La première phase de la stratégie décennale d’exploitation du réseau de Network Rail avait été publiée à l’été 2020 et était connue sous le nom de Net Ops 1. La phase 2 de cette stratégie (Net Ops 2) vient d’être lancée. Elle a été élaborée en partenariat avec une série d’organisations comprenant le Rail Safety and Standards Board (RSSB), le Rail Delivery Group (RDG) et l’Institution of Railway Operators (IRO). Cette stratégie vise à répondre à un grand manquement de la séparation verticale. Une consultation interne au secteur avait en effet révélé que de nombreuses personnes ont peu de connaissances en dehors de leur propre organisation et qu’il faut faire davantage pour améliorer la connaissance des rôles que joue chacun dans l’ensemble du secteur ferroviaire. Oliver Bratton, directeur de la stratégie et des opérations de réseau explique que : « NetOps2 concerne la collaboration, le fait que l’ensemble de l’industrie partage ses expériences et notre expertise afin de garantir que nous travaillons à la création d’un chemin de fer sur lequel nous pouvons compter maintenant et dans l’avenir. » Un avenir qui concerne trois domaines clés d’améliorations : le personnel, le changement et la technologie, et les processus organisationnels. Ces trois priorités couvrent une série d’objectifs et d’actions que chaque équipe opérationnelle peut entreprendre pour améliorer les modèles et les processus de travail. Connaître ce que font les autres services, et comment ils gèrent leur travail, c’est une manière d’améliorer le transport ferroviaire.
>>> Network Rail – Network Operating Strategy, a ten-year industry strategy to improve railway operations

Technologies

Alstom-ATO-CharleroiBelgique : Alstom Charleroi va participer au RER de Hambourg – Le 8 septembre dernier, Alstom et l’entreprise gérant le S-Bahn (RER) de Hambourg (qui n’est pas la Deutsche Bahn), signaient un contrat pour la livraison de 64 rames supplémentaires de série 490. Une exigence de Hambourg était que ces rames soient équipées en usine du système européen de contrôle des trains ETCS et d’une technologie pour un fonctionnement automatisé, appelée ATO. L’ATO de niveau 2 (GoA 2) sur une rame S-Bahn est une première en Allemagne. À ce niveau, il y a toujours un conducteur à bord mais l’arrêt millimétré en gare ainsi que l’ouverture et la fermeture des portes peuvent être automatisés, sans action du personnel. L’ETCS, qui est plutôt une technologie de gestion du trafic, permet de son côté de faire descendre l’intervalle entre trains à 90 secondes. A noter que l’exploitation du S-Bahn de Hambourg diffère de l’exploitation du RER en Belgique. La ville est en effet la commanditaire du service, et Deutsche Bahn seulement le prestataire.
>>> Railtech.be – Alstom Charleroi va participer au RER de Hambourg

Alstom-ATO-CharleroiLa République tchèque prévoit d’équiper en ETCS 4.800 kilomètres de voies d’ici 2030 – Le gouvernement tchèque a approuvé le document du ministère des Transports intitulé « Plan de sécurité des chemins de fer tchèques – Mise en œuvre de l’équipement européen de protection des trains ETCS ». Il décrit comment ce système sera progressivement mis en œuvre et combien il coûtera. Le plan prévoit d’équiper 4.800 kilomètres de lignes d’ici 2030 pour un coût de 1,85 milliard d’euros. D’ici 10 ans, l’ensemble du réseau, qui compte environ 9.600 kilomètres de lignes, devrait être sécurisé avec les technologies ETCS. Cela signifie que l’exploitation avec ETCS devrait également se faire sur des lignes régionales. Or il s’agit là d’une demande pressante au vu des nombreux accidents qui ont émaillé la Tchéquie ces dernières années, impliquant souvent des trains régionaux. Les systèmes existants datant des années 1950 n’étaient plus en mesure d’assurer un contrôle sûr du respect de l’arrêt du train à un point précis ou du non-dépassement de la vitesse autorisée, et techniquement, ils ne peuvent plus être développés pour assurer davantage de fonctions de sécurité (la législation de l’Union européenne ne le permet d’ailleurs pas). Ce déploiement prend alors tout son sens malgré son coût. Plus de 650 km de lignes sont déjà équipées de l’ETCS dans le pays.
>>> Zdopravy.cz – Desítky miliard a tisíce kilometrů tratí. Vláda schválila plán zavádění ETCS

Prochaine livraison : le 22 septembre 2021

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Publié par

Frédéric de Kemmeter

Cliquez sur la photo pour LinkedIn Analyste ferroviaire & Mobilité - Rédacteur freelance - Observateur ferroviaire depuis plus de 30 ans. Comment le chemin de fer évolue-t-il ? Ouvrons les yeux sur des réalités plus complexes que des slogans faciles http://mediarail.be/index.htm