La semaine de Rail Europe News – Newsletter 047

Du 13 au 19 octobre 2021

Par Frédéric de Kemmeter – Signalisation ferroviaire et rédacteur freelance – Inscrivez-vous au blog
20/10/2021

🟧 Nos brèves quotidiennes 🟧 Notre lexique ferroviaire 🟧 Nos newsletters

Politique des transports

Belgique : Le rail belge reçoit 250 millions d’euros supplémentaires – Le gouvernement belge a décidé la semaine dernière d’investir un milliard d’euros supplémentaires au cours des trois prochaines années dans diverses matières, et un quart de cette somme ira pour les seuls chemins de fer. Ces mesures viennent s’ajouter aux 1,25 milliard d’euros d’investissements fédéraux réalisés dans le cadre du plan de relance européen. L’accord budgétaire prévoit 26 projets d’investissements dont le chemin de fer belge, qui se voit octroyer près de 250 millions d’euros. Ces montants sont à rajouter aux 365 millions d’euros mobilisés dans le cadre du plan de relance européen, soit un total de 615 millions d’euros. Ceci sans compter les compensations Covid importantes, en raison d’une chute drastique des ventes de la SNCB alors que l’offre est restée quasi à son maximum. Près de 181 millions d’euros seront ainsi destinés au développement du transport de marchandises, ce qu’il faut traduire par des investissements en infrastructures industrielles, comme les raccordements vers certaines entreprises ou des mesures prises pour allonger certaines voies afin d’accepter les trains de 750m. Les zones portuaires sont amenées à bénéficier d’améliorations importantes de l’infrastructure, que ce soit au sein de la zone North Sea Port ou dans celle de Zeebrugge.
>>> Railtech.be – Le rail belge reçoit 250 millions d’euros supplémentaires

Trafic grande ligne

Allemagne : la Deutsche Bahn investit plus de 400 millions d’euros dans un nouvel atelier ICE – La Deutsche Bahn (DB) construit une nouvelle installation de maintenance ICE à Dortmund. Pour ce faire, elle a investi plus de 400 millions d’euros pour un atelier devant accueillir jusqu’à 500 emplois à terme. Le nouvel atelier est en construction à l’ouest du port de Dortmund sur la zone en friche de l’ancien terminal de fret. Les préparatifs du processus d’approbation commenceront cette année. En étroite coordination avec la ville de Dortmund, la DB présentera les plans aux citoyens au premier semestre 2022. La construction devrait commencer en 2025 et l’exploitation devrait débuter en 2027. Le hall de maintenance de 450 mètres de long sera le cœur du nouvel atelier, 100 % neutre en CO2. Il accueillera jusqu’à 17 trains ICE par jour sur les quatre voies prévues à l’intérieur pour la maintenance. Dortmund possède déjà un atelier ICE ainsi qu’un autre pour la maintenance des trains régionaux. À ce jour, la DB emploie plus de 3000 personnes dans région et renforce encore l’importance de la ville avec le nouvel atelier.
>>> DB pressroom – Neues ICE-Werk in Dortmund: Deutsche Bahn investiert über 400 Millionen Euro

Tchéquie : RegioJet devient le plus grand opérateur de locomotives TRAXX MS3 – RegioJet a réceptionné sept nouvelles locomotives TRAXX MS3, qui deviennent la flotte de base du transporteur privé. Avec un total de 15 locomotives TRAXX MS3, l’entreprise devient ainsi le plus grand opérateur de ce type de machine en République tchèque, après avoir obtenu tous les documents d’approbation. « Les 7 nouvelles locomotives vont maintenant se préparer à la mise en service – cela signifie obtenir le reste du permis d’exploitation, elles seront dotées de la dénomination sociale RegioJet », a déclaré Aleš Ondrůj, porte-parole de RegioJet. Selon lui, les locomotives Skoda de série 162 et les locomotives Siemens Vectron louées chez EIL seront remplacées progressivement sur les lignes longue distance par ces nouvelles TRAXX MS3 (à l’exception de celles pour le service postal assuré dans le cadre du contrat d’administration ferroviaire). Cependant, les locomotives 162 ne se quittent pas définitivement la flotte de RegioJet, le transporteur assumant leur utilisation ultérieure, par exemple, sur les services de la ligne de Kolín à Ústí nad Labem, où elles reprendront les opérations en décembre. Il reste en réalité trois autres locomotives TRAXX MS3 à réceptionner d’ici la fin de l’année, et commandées à Bombardier. « Les locomotives TRAXX deviennent l’épine dorsale de la flotte de RegioJet et soutiendront son développement sur d’autres lignes. Nous prévoyons d’autres livraisons – le contrat comprend une option pour plusieurs dizaines d’autres locomotives », a ajouté Ondrůj.
>>> Railtarget.eu – RegioJet will become the largest operator of TRAXX MS3 locomotives

Trafic régional

Italie : Autostrada del Brennero rachète InRail et devient le deuxième opérateur de fret ferroviaire en Italie – Ce n’est pas banal. Le concessionnaire public Autostrada del Brennero Spa, qui gère l’autoroute A22 sur le col du même nom, a annoncé l’acquisition de l’opérateur de fret ferroviaire InRail, une entreprise ferroviaire active en Italie et en Slovénie qui contrôle également 20,4% de FuoriMuro, la société qui assure le service de manœuvre dans le port de Gênes. L’opération concernait notamment Str Spa, filiale d’Autostrada del Brennero, qui grâce à une augmentation de capital a racheté 75 % d’InRail aux actionnaires Tenor et Inter-Rail. L’opération « fera du groupe Autobrennero le deuxième opérateur ferroviaire dans le secteur du fret après Mercitalia Logistics », considérant qu’à ce jour il contrôle déjà 95,5% de Rtc (Rail Traction Company) Spa et 50% de l’allemand Lokomotion Gmbh. Le PDG Diego Cattoni a ajouté : « L’intégration entre la route et le rail est l’avenir de la mobilité, un avenir que nous voulions anticiper pour assurer la croissance du groupe et, avec elle, le développement durable de la territoires et le renforcement de la première connexion italienne avec le reste de l’Europe : le corridor du Brenner ». RTC Rail Traction Company Spa et Lokomotion Gmbh, créées pour opérer respectivement « des deux côtés du Brenner et Tarvisio » exploitent plus de 12.000 trains par an et emploient 550 personnes, transférant chaque jour environ 800 poids lourds de l’autoroute sur les rails. InRail, quant à lui, compte plus de 120 employés et gère environ 150 trains par semaine.
>>> Supply Chain Italy – Autostrada del Brennero rileva InRail e diventa il secondo operatore ferroviario merci in Italia

Technologies

France : Stimio lève 1,7 M€ pour accélérer la digitalisation de la maintenance ferroviaire – Stimio, un acteur reconnu du secteur de l’Internet industriel des objets (IIoT), expert des solutions connectées et de la maintenance prédictive, a une nouvelle fois réussi sa levée de fonds en obtenant 1,7 M€ auprès de Crédit Mutuel Innovation et 574 Invest, fonds d’investissement du groupe SNCF. La société conçoit et commercialise des solutions connectées, des capteurs aux plateformes d’analyse de données, toutes basées sur l’intelligence artificielle. Créée en 2014, l’entreprise compte aujourd’hui plus de 30 salariés et se positionne sur les marchés du ferroviaire et de l’énergie (utilities). Ses clients sont la SNCF, Transdev, CFL, Thales, ENEDIS et RTE. Le nouveau capital investi par Crédit Mutuel Innovation et 574 Invest permettra à Stimio de renforcer et consolider son avance technologique en matière d’IA et de modèles prédictifs, ainsi qu’accélérer son développement à l’international. L’entreprise propose, dans le domaine ferroviaire, le suivi à distance et en temps réel du matériel roulant et des infrastructures (rails, caténaires…) permettant d’optimiser les plans de maintenance. Les équipements connectés et les sous-systèmes qui nécessitent une attention particulière sont rapidement identifiés. Avec plus de 10.000 capteurs certifiés déployés chez des clients très attendus, Stimio a prouvé son savoir-faire et la valeur de ses solutions.
>>> Global Rail Review – Stimio raises €1.7 million to accelerate the digitalisation of rail maintenance

Grande-Bretagne : une nouvelle technologie aide TfW et Network Rail à se préparer aux défis de l’automne – L’automne est traditionnellement une période très difficile pour le secteur ferroviaire. En 2020, les tempêtes Ellen, Francis et Alex ont causé des perturbations généralisées sur tout le réseau ferré britannique. Cela a incité Transport for Wales (TfW) et Network Rail à travailler en collaboration pour se préparer aux défis et minimiser les risques à venir. Les mesures prises comprennent l’identification des sites à haut risque par caméras vidéo intelligentes automatisées qui se trouvent à l’avant des trains de TfW, et qui peuvent cartographier environ 1000 miles de voies du Pays de Galles en seulement quatre semaines. Les données sont transmises à Network Rail pour cibler les zones à problèmes en amont, réduisant ainsi le risque de branchages pouvant masquer des signaux et d’impacts d’arbres ou de débris pouvant endommager les roues ou bloquer les voies ferrées. Network Rail utilise également des drones pour compléter ce travail et traite les voies avec une nouvelle technologie durable appelée PlasmaTrack, utilisée pour nettoyer et stériliser les rails. Ce plasma est généré par haute pression et gaz comprimé pour l’appliquer sur le champignon du rail, éliminant thermiquement les contaminants tels que l’oxydation et les débris de feuilles. Un bel exemple d’utilisation de technologies diverses pour assurer une qualité de service optimale sur l’infrastructure ferrée du pays de Galles.
>>> Network Rail – Rail industry in Wales investing in new technology for autumn

USA : l’intelligence artificielle et la 5G dans les terminaux de fret – De nombreux terminaux utilisent l’intelligence artificielle (IA) dans leurs opérations. Simultanément, la 5G gagne du terrain en tant que catalyseur technologique pour un partage plus rapide des données. Il y a quelques jours, Union Pacific des États-Unis a annoncé l’achat de grues autonomes qui fonctionneront comme des «robots de haute technologie» dans son terminal intermodal de l’Illinois. De la même manière, le terminal East West Gate en construction à Fenyestlitke, en Hongrie, collaborera avec Vodafone et Huawei pour mettre en œuvre la 5G dans ses opérations qui permettra l’utilisation de portiques semi-autonomes. Les terminaux européens ne sont pas à la traîne dans l’utilisation de l’IA, explique Alain Buyle de Camco Technologies. « Davantage de terminaux intermodaux l’utilisent de plus en plus », explique-t-il. Kevin Cousaert de Navis convient que « de nombreux terminaux en Europe disposent d’équipements automatisés et l’utilisation de ces technologies peut apporter une valeur ajoutée et aider à la prise de décision ». Une des utilisations courantes est de partager des données et de créer des chemins automatisés pour déplacer les conteneurs par grues. C’est ici que la 5G entre en scène. Même si elle n’est pas très répandue en Europe, et même si la 4G peut déjà fournir des connexions réseau substantielles pour l’exploitation de terminaux, la 5G peut offre tout de même davantage de débit. En pratique la 5G peut aider à créer un réseau de terminaux Internet sécurisé pour un partage de données rapide et sûr. L’article poursuit en donnant de nombreux exemples.
>>> Railfreight.com – Towards Industry 4.0 in terminals: how do AI and 5G work?

Prochaine livraison : le 27 octobre 2021

>>> Retrouvez toutes nos infos et analyses
Souscrivez par mail pour être tenu informé des derniers développements ferroviaires

Publié par

Frédéric de Kemmeter

Cliquez sur la photo pour LinkedIn Analyste ferroviaire & Mobilité - Rédacteur freelance - Observateur ferroviaire depuis plus de 30 ans. Comment le chemin de fer évolue-t-il ? Ouvrons les yeux sur des réalités plus complexes que des slogans faciles http://mediarail.be/index.htm