La semaine de Rail Europe News – Newsletter 066

Du 02 au 08 mars 2022

Par Frédéric de Kemmeter – Signalisation ferroviaire et rédacteur freelance – Inscrivez-vous au blog
09/03/2022

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Édito
L’espace ferroviaire européen unique est-il un rêve irréalisable ?
Nous reprenons ici un titre paru en février 2022 dans l’excellent mensuel International Railway Journal. Il posait la question de savoir si le rêve d’un chemin de fer unifié pourrait être atteint un jour en Europe. Une bonne question qui appelle de multiples réponses. « L’objectif qui devrait nous unir est de briser les chaînes des règles nationales, qui maintiennent les chemins de fer essentiellement enfermés dans leur pays d’origine« , explique Mme Barbara Thaler, députée européenne autrichienne et membre de la commission des transports du Parlement européen à l’International Railway Journal (IRJ). En réalité, il semble que tout le problème soit là ! De nombreux politiciens ainsi que l’ensemble des cheminots continuent de percevoir le chemin de fer comme un monument national, au même titre que l’armée, l’enseignement ou la santé. Cela fait tâche face aux autres secteurs concurrents, à savoir l’aviation et l’automobile, qui présentent un visage de modernité et d’unité, malgré une forte concurrence interne. La question est de savoir s’il y a vraiment une volonté de faire du train un ensemble le plus unifié possible en Europe. Plusieurs voix, en off, rappellent constamment que les impôts nationaux ne peuvent servir qu’à des politiques nationales, et que le trafic domestique est largement écrasant dans les chiffres de tous les opérateurs historiques d’Europe. Pas faux : la Deutsche Bahn a déjà montré que l’international ne représentait chez elle que quelque pourcents tant de ses trafics quue du chiffre d’affaire. Près d’un milliard de voyageurs empruntaient les trains régionaux et locaux en Allemagne avant la pandémie. Cela donne la mesure par rapport à quelques millions de voyageurs internationaux. Les politiciens embrayent d’ailleurs tous avec un focus sur le transport du quotidien, celui dont le citoyen attend des améliorations. Un trafic social de facto déficitaire ! Pourtant, il y a des améliorations sensibles sur le trafic fret, avec l’apparition de locomotives interopérables. L’interopérabilité, c’est aussi une demande forte de l’industrie pour fournir des trains « à peu près » standards, laissant tout de même aux clients le choix des aménagements et de certains critères techniques. Un effort très important doit être entrepris en matière de billetterie, là où l’aviation a depuis longtemps le support de nombreuses applications qui permettent des vols inter-entreprises. À quand cette « innovation » pour nos chemisn de fer ?
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Politique des Transports
Italie : l’Europe autorise une aide de 687 millions d’euros pour le rail italien – Les bénéficiaires éligibles, uniquement dans le transport de voyageurs, seront qualifiés pour obtenir une compensation sous forme de subventions directes. Le gouvernement italien pourra mettre en œuvre son régime d’aides pour indemniser les opérateurs ferroviaires commerciaux de voyageurs longue distance pour les dommages causés par le Covid-19. La Commission européenne a autorisé, en vertu des règles de l’UE en matière d’aides d’État, un régime d’aides italien d’un montant de 687 millions d’euros destiné à indemniser les prestataires de services commerciaux de transport ferroviaire longue distance de voyageurs pour les dommages subis entre le 1er juillet 2020 et le 30 avril 2021 en raison de la pandémie de COVID-19 et des mesures restrictives que l’Italie a dû mettre en œuvre pour limiter la propagation du virus. Depuis le début de la pandémie, le gouvernement italien avait mis en place toute une série de mesures pour limiter la propagation du virus, parmi lesquelles un système obligatoire de réservation des places en quinconce, qui réduit de 50 % le nombre de sièges disponibles, des limitations strictes concernant les réunions professionnelles en face-à-face et les voyages d’affaires, ainsi que l’annulation d’événements. En outre, les opérateurs de transport ont également engagé divers coûts, notamment des dépenses supplémentaires pour mettre en œuvre des mesures sanitaires et d’hygiène améliorées.
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Europe : le train à la rescousse des milliers de réfugiés ukrainiens – Ils étaient plus de 700.000 à avoir passer la frontière hier mardi pour trouver refuge en Europe. Le train a été mis à contribution pour les transporter ailleurs en Europe. Tous les réfugiés ne passent par le train, loin s’en faut. Une bonne partie a pu entrer en Europe en auto. N’empêche. Face au drame humain qui se dessinait aux frontières entre l’Ukraine et la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie et la Roumanie, les grands moyens ont été dépêchés. Dimanche dernier déjà, l’Allemagne autorisait tous les réfugiés ukrainiens en provenance de Pologne à circuler gratuitement à bord des trains longue distance de la compagnie historique Deutsche Bahn. Depuis, cela s’est largement étendu…
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Trafic grandes lignes
Espagne : du retard pour les concurrents entre Madrid et l’Andalousie – Le retard pris pour opérer en concurrence sur la première ligne à grande vitesse du pays est la conséquence d’une signalisation incompatible avec les standards actuels. En effet, la ligne Madrid-Seville, construite en 1992, ne dispose pas de l’ERTMS comme les autres lignes nouvelles du réseau à grande vitesse espagnol. Elle est encore gérée avec l’ancien système de sécurité allemand LZB. Les appareillages de ce système ne sont plus construits et l’éventuelle intégration sur des TGV Alstom de Ouigo Espana et Frecciarrossa de Iryo n’est pratiquement pas possible. L’ADIF, le gestionnaire d’infrastructure, a donc entrepris des travaux de mise à niveau sur la ligne Madrid-Cordoue-Séville, mais ils ne devraient prendre fin qu’en 2026. La branche Cordoue-Malaga, plus récente, n’a pas ce problème. En tout état de cause, il n’y aura pas de concurrence aussi vite que prévu, certains parlant de fin 2023 voire même 2024.
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Trafic fret
France : cinquième année de bénéfices pour Europorte – Europorte est resté bénéficiaire pour la cinquième année consécutive en 2021. Cette filiale de Getlink devrait pouvoir compter sur le démarrage de nouveaux trafics pour rester dans le vert cette année, en dépit d’un environnement économique incertain. La croissance rentable d’Europorte n’est pas un vain mot. L’entreprise ferroviaire a une nouvelle fois été bénéficiaire en 2021. Son résultat net ressort à 5 M€ sur un chiffre d’affaires porté à 130,2 M€ (+ 6 %) en 2022. Surtout, c’est l’EBITDA qui a continué sa progression, en atteignant 27,9 M€. L’année 2022 a démarré sous les meilleurs auspices pour Europorte. L’opérateur s’est en effet vu octroyer un premier contrat de combiné rail-route par Cargo Beamer France. Le nouveau service relie Cologne au port de Sète depuis le 5 mars 2022. Acceptant des remorques au gabarit P400 (4 m de hauteur), la liaison sera opérée au rythme de deux allers-retours par semaine. Mais au-delà de la poursuite de la montée en puissance du service Flex Express, Europorte pourra également compter sur les perspectives offertes par le développement des trains de fret empruntant le tunnel sous la Manche.
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CargoBeamer se prépare à entrer en Espagne – L’opérateur allemand CargoBeamer veut maintenant se lancer en Espagne et cherche un opérateur pour la traction de ses trains. L’opérateur ferroviaire CargoBeamer accélère son arrivée en Espagne et est déjà en négociation avec des sociétés de traction pour sa navette entre Barcelone et Perpignan . « L’objectif est d’avoir des opérations régulières vers l’Europe du Nord depuis Barcelone en juin », a confirmé le nouveau directeur des ventes de CargoBeamer en Espagne, Robert Delgado. CargoBeamer peut charger tout type de semi-remorque, y compris le fret frigorifique, comme l’expliquait son directeur du développement commercial, Nicholas Albrecht, en octobre dernier lors d’une conférence organisée par le port de Barcelone. Comme son système permet un chargement vertical et horizontal, il n’est pas nécessaire que les semi-remorques soient grutables. La possibilité d’utiliser le terminal de Can Tunis pour ces opérations à Barcelone est également à l’étude. Depuis 2012, une ligne à écartement UIC relie Perpignan à Figueras et Barcelone. Le handicap de l’Espagne avec son écartement différent disparait. La navette serait prévue en milieu d’année et CargoBeamer est en négociations avec un tractionnaire entre Perpignan et Barcelone.
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Chine-Europe : la guerre en Ukraine menace la route de la soie ferroviaire – C’est évidemment un détail par rapport à l’immense catastrophe humaine que représente cette guerre en Ukraine. La confrontation géopolitique va forcément déteindre sur la Route de la Soie ferroviaire, une liaison voulue certes par la Chine mais qui passe par la Russie et la Biélorussie. Le trafic était depuis quelques années en plein essor. La guerre ne touche certes aucun maillon de cette chaîne de transport, mais les sanctions de l’UE envers les entreprises russes, qui exploitent cette liaison, placent les logisticiens, expéditeurs et opérateurs de fret ferroviaire dans une situation intenable. Avec l’éjection des banques russes du système de paiement Swift, comment maintenant payer ces trains ? Selon les prestataires de services logistiques, les fabricants d’ordinateurs portables présents sur la Nouvelle route de la soie depuis le début ont déjà pris la décision de cesser les transports sur cet axe. De même, les grandes entreprises de logistique ont marqué un point en arrêtant temporairement le transit par la Russie. Cette semaine, CMA CGM, Maersk et MSC ont annoncé qu’ils n’accepteraient plus aucune réservation vers des destinations russes pour tous les modes de transport, y compris maritimes. L’un des plus gros clients de la nouvelle route de la soie qui a fait les gros titres cette semaine est le fabricant de matériel de réseau Zyxel Communications Corp, qui a cessé d’expédier des marchandises de la Chine vers l’Europe par voie ferroviaire en raison de l’invasion russe en Ukraine. Quelles sont les alternatives ? « En toute équité, il s’agit de flux de marchandises qui vont se déplacer vers d’autres modalités », a déclaré Rien Gulden de KLG Europe. « Nous essayons d’utiliser le corridor via la Turquie, mais pour être honnête, ce n’est pas une solution viable », a déclaré M. Koubek, de Metrans. RailBridgeCargo explique son réacheminement via la Turquie, « une route qui est disponible de la Chine à Istanbul pour se connecter directement à notre réseau européen en Europe centrale (Vienne, Duisburg, Neuss). Ces envois ne passent pas par le territoire russe, mais uniquement par le Kazakhstan ».
(Lire la suite : Railfreight.com)

Infrastructure
Network Rail utilise une nouvelle technologie pour détecter les défauts sur les voies ferrées – Network Rail met à l’essai une technologie qui permettra à des capteurs numériques de repérer les défauts de la voie, dans le but de réduire les perturbations des trains. Hitachi Rail et sa filiale Perpetuum ont obtenu un contrat de Network Rail pour développer une première solution numérique en temps réel. Cette solution permettra de surveiller, et éventuellement de prévoir, les sections de voie qui affectent la qualité de roulement et nécessitent une maintenance. L’équipement de surveillance sera installé sur les trains des réseaux écossais, notamment la North Clyde Line, les Borders et le Fife Circle. On espère que cette technologie permettra de réduire les perturbations sur le réseau, d’améliorer la sécurité et de réduire les coûts de maintenance. À ce stade du développement, la solution Perpetuum peut identifier le début d’un gauchissement ou d’une modification de la voie. Elle permet au réseau de dresser un tableau des zones à risque, nécessitant une inspection ou une maintenance à l’avenir.
(Source : Glasgow Times)

Prochaine livraison : le 16 mars 2022

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Publié par

Frédéric de Kemmeter

Cliquez sur la photo pour LinkedIn Analyste ferroviaire & Mobilité - Rédacteur freelance - Observateur ferroviaire depuis plus de 30 ans. Comment le chemin de fer évolue-t-il ? Ouvrons les yeux sur des réalités plus complexes que des slogans faciles http://mediarail.be/index.htm