La quinzaine de Rail Europe News – Newsletter 077

Du 14 au 27 septembre 2022

Par Frédéric de Kemmeter – Signalisation ferroviaire et rédacteur freelance – Inscrivez-vous au blog
28/09/2022

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Politique des transports
Monde : InnoTrans 2022 aurait attiré 140.000 visiteurs – C’était incontestablement l’évènement du mois, voire de l’année. InnoTrans est comme on le sait un événement commercial international et économique de l’industrie ferroviaire qui a lieu tous les deux ans à Berlin et qui combine une exposition en plein air, une foire commerciale et un programme de conférences. C’est l’occasion de montrer des premières mondiales et des centaines d’innovations, qui est la raison même de cette foire. C’est aussi une formidable concentration de managers liés au ferroviaire : une enquête de 2018 indiquait que plus de 50% des visiteuses et visiteurs d’InnoTrans étaient des cadres d’entreprise. Messe Berlin, l’organisateur d’Innotrans, ajoutait que 95% des halls étaient occupés par d’innombrables fournisseurs, associations ou entreprises diverses. Les thèmes de cette édition : la mobilité durable par rail à l’heure du changement climatique, de la numérisation et de l’automatisation.
Que pouvait-on y voir ? – Les stands de 2.834 exposants de 56 pays, étalés sur 200.000m², ainsi que, dit-on, près de 250 premières. Cela va de l’automotrice trimode jusqu’au fournisseur de boutons poussoirs ou d’engrenages. Tout le secteur est représenté, même les écrans DMI à bord des locomotives ou des logiciels de gestion du trafic. Le clou pour tout amateur ferroviaire éclairé est bien évidemment l’exposition extérieure, le « outdoor », avec une bonne centaine d’engins présentés côte à côte comme vous n’en verrez plus jamais de votre vie. Les trains à batteries et hydrogène menaient la barque, tout comme les Vectrons Last Miles de Siemens. Mais les pays de l’Est étaient en nombre, à commencer par les Polonais et les slovaques. Mais tous les continents étaient représentés avec, on devait s’en douter, une belle présence de la Chine mais aussi de la Corée du Sud. Le prochain InnoTrans est déjà programmé pour septembre 2024.
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Monde : le secteur mondial de l’industrie ferroviaire en pleine renaissance, selon l’Unife et Roland Berger – La neuvième édition de l’Étude du marché mondial du rail, réalisée par Roland Berger, pour le compte de l’UNIFE – l’Association européenne de l’industrie de l’approvisionnement ferroviaire -, fournit aux décideurs l’aperçu le plus complet du marché mondial. Elle présente également une prévision détaillée de son développement futur dans 65 pays répartis en sept régions, représentant 98% du trafic ferroviaire mondial. Le marché ferroviaire mondial devrait connaître un taux de croissance annuel moyen de 3,0 % jusqu’en 2027, pour atteindre un volume de marché mondial de 211 milliards d’euros entre 2025 et 2027. Les taux de croissance les plus élevés sont prévus sur les marchés relativement petits d’Afrique/Moyen-Orient et d’Europe de l’Est, avec des augmentations de 7,1 % et 6,1 %, respectivement. Toutefois, les marchés plus matures comme l’Europe occidentale, l’Asie-Pacifique et l’ALENA connaîtront également une croissance importante et représenteront donc la plus grande part de la croissance absolue.
Tendances émergentes sur le marché ferroviaire international – Selon l’étude, des investissements considérables dans l’infrastructure et le contrôle ferroviaire ont été entrepris en Asie-Pacifique, notamment en Chine, ainsi qu’en Europe occidentale (par exemple en Allemagne et en France), avec une croissance de 1,6 % et de 4,1 %. Une grande partie de la hausse enregistrée est liée aux progrès réalisés dans le domaine des infrastructures. Le nombre de voies ferrées actuellement en service a augmenté d’environ 39.000 km, principalement sur les voies principales et les voies à grande vitesse. Cela a porté le total de l’infrastructure ferroviaire mondiale à plus de 1,7 million de km de voies urbaines et interurbaines. La plupart des kilomètres de voies supplémentaires ont été posés dans la région Asie-Pacifique, la Chine ayant accéléré son plan de développement des infrastructures et l’Inde ayant commencé à étendre ses lignes principales et ses corridors de fret.
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Espagne : contrôle de l’État sur les péages ferroviaires de l’ensemble du réseau Adif – La Commission nationale des marchés et de la concurrence espagnole, la CNMC, a précisé dans une communication les critères qu’elle utilisera pour superviser les prix que les différentes entreprises ferroviaires devront payer pour l’accès aux installations ferroviaires (gares, terminaux de fret et ateliers) et les services qui y sont fournis. « Le document », a déclaré l’organisme, « clarifie les critères de détermination des coûts imputables aux services et apporte une certitude aux exploitants d’installations de services ferroviaires ». Il développe également le concept de bénéfice raisonnable, en l’assimilant au coût moyen pondéré du capital (WACC). La CNMC a également établi une méthode de calcul du bénéfice raisonnable, « conforme à celle utilisée dans d’autres secteurs sous sa surveillance (…) Les prix seront conformes à la réglementation si, selon les comptes approuvés et vérifiés, les recettes obtenues de la fourniture du service ne dépassent pas les coûts plus un bénéfice raisonnable au cours des trois exercices financiers précédents », précise l’agence. Cette clarification devrait apporter une sécurité juridique aux exploitants d’installations de service, sans imposer de nouvelles obligations supplémentaires à celles déjà établies par l’article 101 de la loi sur le secteur ferroviaire, ni de charges administratives excessives. L’agence a rappelé que l’accès à ces infrastructures appartenant à Adif, Renfe et d’autres entreprises sont des facilités essentielles au démarrage et à la pérennité des activités pour tous les opérateurs ferroviaires.
(Source : El Mercantil)

Énergie
Europe : Une stratégie pour stabiliser l’approvisionnement en énergie – Le secteur ferroviaire européen, représenté par la Communauté des entreprises ferroviaires et d’infrastructure européennes (CER), ainsi que l’Association européenne du fret ferroviaire (ERFA) demandent à la Commission européenne et aux États membres d’élaborer une stratégie qui protège les objectifs de l’Union européenne en matière de transfert modal et assure un approvisionnement énergétique ininterrompu et abordable pour le transport ferroviaire. L’objectif de neutralité climatique du Green Deal de l’UE prévoit un rôle plus important pour les chemins de fer, tel que défini dans les objectifs de transfert modal de la stratégie de mobilité durable et intelligente de l’UE. Le rail est en effet le mode le plus proche de l’objectif de zéro émission nette avant le milieu du siècle. Outre l’atténuation du changement climatique, les chemins de fer jouent également un rôle essentiel dans la résolution d’autres problèmes mondiaux, tels que le déplacement des réfugiés et le transport des céréales en provenance d’Ukraine. Néanmoins, la part modale du rail est sérieusement menacée par l’évolution des prix de l’énergie. L’énergie représente environ 10 à 20 % de la base de coûts des entreprises ferroviaires et les prix de l’électricité de traction dans le fret ferroviaire et le transport de passagers ont doublé pour la période 2021 et 2022, certains pays connaissant même une multiplication par dix des prix.
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Allemagne : Le train à hydrogène d’Alstom bat un record sans ravitaillement – À l’occasion d’un long voyage à travers l’Allemagne, un train Coradia iLint de série (n’ayant subi aucune modification) a parcouru la distance de 1175 km kilomètres sans ravitaillement, émettant seulement de la vapeur d’eau et circulant avec un niveau sonore remarquablement bas. Le train utilisé sur ce trajet a été extrait de la flotte de LNVG (Landesnahverkehrsgesellschaft Niedersachsen), l’autorité des transports de Basse-Saxe, et sert au service commercial sur le réseau d’evb (Eisenbahnen und Verkehrsbetriebe Elbe-Weser GmbH) depuis août 2022. Pour ce projet, Alstom s’est associé à Linde, une société spécialisée dans le gaz et l’ingénierie, pour la fourniture d’hydrogène. Depuis la Basse-Saxe, où le train à hydrogène a été construit et développé par Alstom, le Coradia iLint a traversé la Hesse pour arriver en Bavière, où il s’est arrêté à la gare centrale de Munich.
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Autriche : les ÖBB mettent en place un vaste programme d’économies d’énergie – L’Europe et l’Autriche connaissent actuellement une crise énergétique sensible. Le chauffage et l’électricité deviennent sensiblement plus chers. La situation actuelle pose des défis à tous les habitants du pays, surtout à l’approche de l’automne et de l’hiver. D’une part, ÖBB appelle à passer de la voiture aux transports publics, d’autre part, l’entreprise leader en matière de protection du climat dans le domaine de la mobilité pousse à de nouvelles mesures d’efficacité énergétique. Au cours des dernières semaines, un ensemble d’une trentaine de mesures a été ficelé dans l’ensemble du groupe ÖBB afin de réduire encore les besoins énergétiques propres à ÖBB. « Nous devons réussir ensemble à utiliser de manière raisonnable ce bien précieux qu’est l’énergie et à économiser l’énergie là où c’est possible », souligne le CEO des ÖBB, Andreas Matthä, qui incite à utiliser les transports publics : « Sois intelligent et prends le train ». En gardant à l’esprit ses propres mesures, il ajoute : « Nous allons littéralement nous serrer les coudes en tant qu’équipe ÖBB, nous habiller chaudement et montrer l’exemple en tant qu’une des grandes entreprises du pays ». Le patron des ÖBB fait ainsi référence à l’une des mesures les plus ambitieuses du paquet d’économies d’énergie de l’entreprise : dès le début de la saison de chauffage, la température ambiante des bureaux, ateliers et gares appartenant à ÖBB sera progressivement réduite à 19 degrés.
Renforcer l’efficacité énergétique – En outre, différentes possibilités de réduction de la consommation d’électricité sont mises en œuvre sur tous les sites, bien entendu toujours dans le respect des normes de sécurité et de qualité. Cela concerne entre autres l’extinction ou la gradation des sources lumineuses et l’arrêt du mode veille. ÖBB suit ainsi les recommandations du ministère de la protection du climat. En outre, le programme d’efficacité énergétique de l’entreprise en cours sera poursuivi : avec des mesures telles que la conduite économe en énergie pour le train, la conduite économe en carburant pour le bus postal, l’utilisation croissante de véhicules de traction à récupération d’énergie (il s’agit de véhicules qui récupèrent de l’énergie lors du freinage), ainsi que le fonctionnement plus efficace du maintien à température des voitures à deux étages. Grâce à ces mesures et à d’autres, la consommation totale d’énergie du groupe ÖBB est constamment minimisée. D’ici 2024, le grand objectif est d’économiser au total 180 GWh d’énergie dans le groupe ÖBB par rapport à l’année de base 2014. Nous y parviendrons notamment grâce à 16 initiatives en partie indépendantes, mais aussi existantes et à des projets phares intégrés – comme l’acquisition de nouveaux véhicules de traction ou le déploiement d’un système de données sur les véhicules dans les bus postaux. En 2021, près de 25 GWh ont ainsi déjà été économisés par rapport à 2020.
(Source : ÖBB pressroom)

Infrastructure
Italie : de nouveaux accès au tunnel du Brenner sont signés – Lors d’une réunion au mois d’août dernier, le Comité interministériel italien pour la planification économique et le développement durable (CIPESS) avait approuvé, entre autres, des projets prioritaires dans le secteur ferroviaire au niveau national. Parmi ceux-ci, un contournement de Bolzano. Récemment, Paola Firmi, présidente d’Italferr, a signé la résolution qui clôt le processus d’autorisation de la construction d’un autre contournement ferroviaire, celui de Trente. Pour le Tyrol du Sud, ces deux projets ferroviaires ont une priorité absolue, car ils représentent un grand pas en avant dans la stratégie de renforcement du réseau ferroviaire comme épine dorsale de la mobilité publique en Italie.
En lien avec le tunnel du Brenner – Tout comme à Trente, le contournement de Bolzano sera emprunté presque exclusivement par des trains de marchandises, évitant ainsi le passage sur la ligne historique utilisée par les services voyageurs. Il s’agit d’offrir des accès importants au tunnel actuellement en construction sous les Alpes. La zone ferroviaire de Bolzano sera radicalement remaniée à la suite de cette variante. Le projet est particulièrement important pour la mise en œuvre de l’horaire cadencé, car les voies seront délestées de l’important trafic marchandises. Par rapport à Trente, où le débat public sur le projet a été particulièrement vif, à Bolzano les conditions orographiques semblent plus favorables et moins impactantes. Les administrateurs locaux ont choisi de partager l’ensemble du processus de planification et d’autorisation avec les ingénieurs ferroviaires par l’intermédiaire de l’Observatoire pour la construction du tunnel de base du Brenner et de la section d’accès sud. Le contournement de Bolzano prévoit une ligne nouvelle allant de Prato Isarco (au nord du tunnel existant de Cardano) à Bronzolo, d’une quinzaine de kilomètres de long, principalement en tunnels. Du point de vue de la construction, cette ligne serait conçue de telle sorte qu’à l’avenir, les tunnels en direction du sud, non décidés à ce jour (section d’accès de la Bassa Atesina) pourraient poursuivre directement dans la montagne. L’Italie se dote donc de nouveaux ouvrages pour faciliter les trafics du futur tunnel du Brenner, et éviter que ce charrois ne passe en ville.
(Source : Trasporto Europa.it)

Fret
Espagne-Pologne : une liaison intermodale P400 – L’opérateur allemand Kombiverkehr prévoit un service intermodal pour les semi-remorques et les conteneurs P400 reliant l’Espagne à la Pologne pour l’été 2023. Il s’agit bien évidemment d’un jeu de correspondances via le terminal de Duisbourg. Les train partiraient du terminal de Can Tunis à Barcelone (avec une connexion aux liaisons maritimes) pour Duisburg, d’où les unités de cargaison seront versées sur des trains de Kombiverkehr à destinations des terminaux polonais Spedcont à Lodz et Clip à Poznan. Le service devrait avoir une fréquence de trois rotations par semaines, avec un temps de transit de deux jours et vingt-et-une heures à Poznan et de trois jours et treize heures pour Lodz au départ de Barcelone (qui auraient lieu les lundis, mercredis et vendredis). Dans le sens inverse, les trains partaient de Lodz les lundis, mercredis et samedis pour arriver au port espagnol après quatre jours et demi. Si le service est un succès, Kombiverkehr pourrait en augmenter la fréquence. Les rames auraient de 600 mètres de long.
(Source : Trasporto Europa.it)

Technologie
Europe : Trains de marchandises Maglev : « ça marchera, mais ce ne sera pas facile » – La réalisation de trains de marchandises à sustentation magnétique est possible, mais elle ne sera pas facile. C’est ce qu’a déclaré l’International Maglev Board (IMB). Le conseil souligne l’importance d’expériences telles que le récent projet pilote dans le port de Tarente pour faire émerger de nouvelles idées et solutions. Selon les membres de l’IBM , les principaux problèmes liés à l’application de la technologie maglev aux trains de marchandises sont le poids, beaucoup plus élevé que celui des trains de passagers, ainsi que le système d’infrastructure. Les trains maglev, en effet, nécessiteraient un réseau ferroviaire différent de celui des trains traditionnels, ce qui signifie que les voies maglev devraient être construites à partir de zéro. Bien que cela ne soit pas impossible, il est clair qu’une telle transition nécessiterait un temps considérable et un déploiement massif de fonds. En revanche, la technologie maglev, qui utilise une suspension électromagnétique (EMS), ne génère aucune pollution et n’entraîne pas l’usure des infrastructures grâce à une transmission d’énergie sans contact. L’une des premières expériences d’utilisation de la technologie maglev pour déplacer des conteneurs a été réalisée en 2006 dans les ports de Los Angeles et de Long Beach. Un autre test visant à appliquer la technologie maglev au fret ferroviaire a été réalisé à Hambourg lors du congrès mondial ITS en octobre 2021.
(Plus de détails sur Railfreight.com)

Danemark : la fin des signaux latéraux pour le RER de Copenhague – Depuis peu, les trois dernières lignes du RER de Copenhague – le S-Bane -, ont été converties au système CBTC. Le gestionnaire danois d’infrastructures ferroviaires Banedanmark a mis en service les dernières sections qui n’avaient pas encore ce système. Le RER de Copenhague fut la première ligne de chemin de fer électrique du Danemark en 1934 et comprend aujourd’hui sept lignes, se rejoignant toutes à la gare centrale de la ville, qui ne lui a dédié que deux voies. Celles-ci desservent un réseau de 172 kilomètres avec 86 stations totalement indépendantes du reste du réseau régional et longue distance. La cadence est d’un train toutes les 10 minutes sur l’ensemble des lignes, et même toutes les 5 minutes sur la ligne F Ny Ellebjerg – Flintholm – Hellerup. Ce RER danois enregistre quelques 118 millions de voyageurs par an. Le CBTC (Communications Based Train Control), est un système de contrôle automatique du trafic ferroviaire basé sur une communication continue entre les trains en ligne et un ou des centres de contrôle du trafic. Le CBTC fonctionne selon le principe du bloc flottant, dans lequel il n’ya pas de division physique des lignes, mais dans lequel il existe une connaissance de l’emplacement des trains et de la vitesse de l’itinéraire, ce qui détermine leur proximité. Le nouveau système CBTC permet de réduire les temps d’intervalle à 90 secondes. Le système, qui est décrit par la norme IEEE 1474, est particulièrement adapté pour une exploitation de type métro. Or certains réseaux de chemin de fer urbains, qui relèvent des normes ferroviaires et non des métros, ont des caractéristiques d’exploitation proche de celles d’un métro. C’est le cas du le S-Bane de Copenhague, dont les trains circulent sur un tronçon central de manière très rapprochée.
Non sans difficultés initiales – En 2010, Siemens avait été annoncé comme le soumissionnaire préféré et fin 2018, le système CBTC devait être pleinement opérationnel. Mais ce ne fut pas le cas. l’introduction de la nouvelle technologie CBTC en parallèle avec l’ancien équipement de signalisation national fut l’une des plus grandes difficultés pour obtenir la fonctionnalité de la solution de Siemens. « Nous avons vu des choses se produire à plusieurs reprises auxquelles nous ne nous attendions pas à cause de [l’ancien] équipement hérité, » expliquait un cadre de Siemens en 2018 à l’International Railway Journal.
Le train sans conducteur pour 2037 ? – C’est semble-t-il l’intention des DSB, l’opérateur danois. Il faudra cependant 15 ans avant que l’automatisation ne soit entièrement mise en œuvre, et le S-Bane de Copenhague devrait être alors l’un des RER les plus développés en exploitation GoA4 au monde. C’est Ricardo Certification qui sera ici l’organisme d’évaluation et de certification.
(Source : Banedanmark pressroom)

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La prochaine livraison aura lieu le 12 octobre 2022

La quinzaine de Rail Europe News – Newsletter 076

Du 01 au 13 septembre 2022

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14/09/2022

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Politique des transports
Lituanie : le trafic ferroviaire reprend entre la Russie et Kaliningrad – La société Lietuvos Gelezinkeliai (Chemins de fer lituaniens, LTG) a déclaré début septembre qu’elle examinerait toutes les demandes des opérateurs ferroviaires russes ou bélarussiens qui souhaitent la payer pour le transit de marchandises vers Kaliningrad et, si le service d’enquête sur les délits financiers (FNTT) donne son accord, qu’elle transmettra les informations aux banques afin qu’elles puissent décider de traiter ou non le paiement. Le FNTT a déclaré qu’elle examinerait au cas par cas les demandes de compensation des paiements effectués à LTG par les opérateurs ferroviaires russes ou biélorusses pour le transit vers Kaliningrad. Egidijus Lazauskas, PDG de LTG, affirme que les dernières clarifications apporteront plus d’aisance. « Sur la base de celles-ci, nous allons examiner chaque cas de transit de marchandises séparément et fournir les informations nécessaires à la FNTT, et lorsque nous recevrons leur réponse, nous informerons les banques afin qu’elles puissent prendre des décisions de leur côté », a-t-il déclaré dans un communiqué. LTG a également reçu des éclaircissements de la part du ministère des Transports, selon lesquels le groupe ferroviaire peut continuer à remplir ses contrats avec les opérateurs ferroviaires russes et biélorusses, conformément aux orientations de la Commission européenne sur les sanctions, et les paiements pour le transit autorisé vers Kaliningrad sont légitimes. Selon le groupe ferroviaire, ses entreprises ne fournissent des services aux clients russes et biélorusses qu’après avoir reçu un paiement anticipé préalable.
Menaces – La Russie avait menacé de riposter aux restrictions « ouvertement hostiles » de la Lituanie après que Vilnius eut interrompu le transport ferroviaire de marchandises russes dans le cadre des sanctions de l’UE vers l’enclave russe de Kaliningrad, coincée entre la Lituanie et la Pologne. Cette zone, qui abrite une grande base navale russe libre de glace et des rampes de lancement pour les systèmes de missiles russes Iskander, n’a aucune liaison terrestre avec la Russie. Avec les restrictions imposées à la voie ferrée, Kaliningrad doit maintenant intensifier le transport par bateau. Dans une tentative de désamorcer les tensions croissantes entre la Lituanie et la Russie, la Commission européenne a mis à jour en juillet ses lignes directrices sur la gestion de la circulation des marchandises sous le régime des sanctions.
(Sources: The Baltic Times)

France : SNCF Voyageurs a fourni les informations que demandait la Région Hauts-de-France – L’Autorité publiait hier une décision qui met fin à la procédure en manquement ouverte à l’encontre de SNCF Voyageurs, à la suite de la plainte déposée par la région Hauts-de-France le 13 avril 2021 pour non-exécution de la décision de règlement de différend n° 2020-044 du 30 juillet 2020, concernant la transmission d’informations relatives à l’organisation ou à l’exécution du service public de transport ferroviaire de voyageurs. En tant qu’autorité organisatrice de transport (AOT), les régions sont en effet en droit de demander toutes les informations nécessaires à l’organisation générale du service, à la justification des compensations versées pour l’organisation du service, au matériel roulant et à sa maintenance, à l’offre, au trafic et à la distribution, ainsi qu’aux ressources humaines. La fourniture de données relatives à l’organisation et à l’exécution d’un contrat de service public de transport ferroviaire de voyageurs constitue la condition du succès des premiers processus d’attribution concurrentielle de ces services. Contesté par SNCF Voyageurs, ce périmètre avait été confirmé par la Cour d’appel de Paris en juin dernier. À la suite de sa décision de mise en demeure de SNCF Voyageurs n° 2022-001 du 4 janvier 2022, l’Autorité a constaté que SNCF Voyageurs avait bien transmis à la région, dans les délais prescrits par la mise en demeure, les informations demandées. L’Autorité veillera à ce que SNCF Voyageurs tire tous les enseignements de cette affaire afin de ne plus retarder indûment les procédures de mise en concurrence organisées par les autorités organisatrices de transport (AOT). La région Hauts-de-France dispose désormais de toutes les informations qu’elle avait sollicitées et qui lui permettent d’assurer un pilotage efficace de l’organisation et de l’exécution des services conventionnés, ainsi que la mise en concurrence de ces services.
(Source : Autorité de Régulation des Transports)

Énergie
Europe : Une stratégie s’impose pour protéger l’approvisionnement énergétique abordable des chemins de fer européens – La crise actuelle des marchés européens de l’énergie, déclenchée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie, aura un impact important sur tous les secteurs. Malgré son efficacité énergétique, le transport ferroviaire n’y échappe pas. Le secteur ferroviaire européen, représenté par la Communauté des entreprises ferroviaires et d’infrastructure européennes (CER), ainsi que l’Association européenne du fret ferroviaire (ERFA) demandent à la Commission européenne et aux États membres d’élaborer une stratégie qui protège les objectifs de l’Union européenne en matière de transfert modal et assure un approvisionnement énergétique ininterrompu et abordable pour le transport ferroviaire. L’objectif de neutralité climatique du Green Deal de l’UE prévoit un rôle plus important pour les chemins de fer, tel que défini dans les objectifs de transfert modal de la stratégie de mobilité durable et intelligente de l’UE. Le rail est en effet le mode le plus proche de l’objectif de zéro émission nette avant le milieu du siècle. Outre l’atténuation du changement climatique, les chemins de fer jouent également un rôle essentiel dans la résolution d’autres problèmes mondiaux, tels que le déplacement des réfugiés et le transport des céréales en provenance d’Ukraine. Néanmoins, la part modale du rail est sérieusement menacée par l’évolution des prix de l’énergie. L’énergie représente environ 10 à 20 % de la base de coûts des entreprises ferroviaires et les prix de l’électricité de traction dans le fret ferroviaire et le transport de passagers ont doublé pour la période 2021 et 2022, certains pays connaissant même une multiplication par dix des prix. Les opérateurs ferroviaires ne seront pas en mesure de maintenir le prix de leurs billets et de leurs tarifs de transport à moins que des mesures de soutien, telles que le plafonnement des prix de l’énergie et les aides d’État, ne soient introduites. Les décideurs politiques devraient adopter une approche multimodale dans les mesures de soutien et éviter les distorsions de concurrence entre les modes de transport. Le directeur exécutif de la CER, Alberto Mazzola, a déclaré : « Les chemins de fer devraient être identifiés comme un service stratégique, auquel il faudrait donner la priorité dans l’approvisionnement en énergie abordable comme mesure à court terme. Plus de fret et de passagers sur le rail améliorera le bilan énergétique de l’UE. C’est important dans le contexte de la crise énergétique actuelle et pour contribuer à réduire la dépendance énergétique de l’UE vis-à-vis des combustibles fossiles importés. »
(Source : CER)

Belgique : la SNCB prend des mesures supplémentaires pour économiser l’énergie – La flambée des prix de l’énergie a un impact majeur sur la compagnie ferroviaire. La facture énergétique (électricité, gaz et pétrole) de la SNCB pourrait en effet être supérieure de 100 millions d’euros cette année par rapport à 2020. D’après la SNCB, les coûts devraient s’élèver à € 223 millions en 2022 et € 432 millions en 2023, contre € 123 millions en 2020. À l’heure actuelle, aucune mesure n’est prise pour limiter l’offre de trains, mais il apparait clairement que des compensations supplémentaires du gouvernement seront nécessaires pour maintenir cette situation. Avec 3.800 trains par jour, dont plus de 90% alimentés par l’électricité, la SNCB est le plus grand consommateur d’électricité du pays. L’électricité de traction utilisée pour faire circuler les trains représente environ 85%, soit 1,1 TWh par an, de sa consommation totale d’électricité. À ce stade, la SNCB veut néanmoins éviter d’affecter l’offre de trains, ce qui aurait un impact négatif sur les centaines de milliers de voyageurs qui comptent au quotidien sur le train pour voyager de manière sûre, confortable et durable.
(la suite sur : Railtech.be)

Grande vitesse
Turquie : reprise des travaux sur la ligne à grande vitesse Ankara-Izmir – Après la cérémonie de pose de la première pierre à Afyonkarahisar le 30 août, les travaux ont commencé sur la ligne à grande vitesse de 508 kilomètres Ankara – Afyonkarahisar – Usak – Izmir en Turquie. Cette nouvelle ligne est un projet national clé du ministère turc des Transports et des Infrastructures et fait partie des plans du gouvernement national visant à étendre le réseau TGV du pays à 10 000 km d’ici 2023. Il sera exploité par les chemins de fer turcs (TCDD), dès sa mise en service. Il convient de noter que le terme « grande vitesse » doit être utilisé avec prudence. Certains trains ne dépasseront pas 250km/h, le critère minimal utilisé pour définir la grande vitesse en Europe. Cela dit, cette ligne a été conçue avec un rayon de courbe minimum de 3 500 mètres, une électrification à 25 kV, 50 Hz AC et une vitesse maximum de 250km/h. Une fois achevée, la ligne réduira la distance ferroviaire entre Ankara et Izmir de 824 km à 624 km. La durée du trajet devrait passer d’environ 14 heures aujourd’hui à 3 heures 30 minutes. La ligne, d’une longueur de 503,2 km, traversera les provinces d’Ankara, Eskisehir, Afyonkarahisar, Kutahya, Usak, Manisa et Izmir et est divisée en quatre sections. Le premier tronçon, long de 151,2 km, ira de Polatli (Ankara) à Afyonkarahisar. Le deuxième tronçon, entre Afyonkarahisar et Banaz, aura une longueur de 90,3 km. Le troisième tronçon, d’une longueur de 159,9 km, sera situé entre Banaz et Salihli. La dernière section de la nouvelle ligne ferroviaire aura une longueur de 101,8 km et sera construite entre Salihli et Menemen (Izmir). Elle sera constituée de quatre sous-sections.
Un projet complet – La construction comprend les travaux de superstructure de la ligne, notamment la construction, les essais et la mise en service des couches de sous-ballast et de ballast, des panneaux préfabriqués de superstructure, des rails, des traverses et des aiguillages. Les travaux d’électrification comprennent la conception et la mise en service des caténaires, des sous-stations de transformation, du système de télécommande et des systèmes électromécaniques du tunnel. En outre, le projet comprendra des travaux de télécommunication et de signalisation. La ligne sera équipée d’un système de communication en réseau, d’un système téléphonique et d’un système mondial de communications mobiles – chemin de fer (GSM-R). Une infrastructure de câbles de communication et de fibres optiques sera également installée. Les travaux de signalisation comprendront la conception et la mise en service de systèmes de centre de commande de contrôle centralisé du trafic (CTC), de systèmes d’enclenchement et d’équipements de bord de route.
(Source : Railway Technology)

France : Présentation d’une rame complète TGV M par Alstom – Alstom a présenté une rame TGV M complètement assemblée sur son site de La Rochelle. Le TGV M, qui a bénéficié du savoir-faire des meilleurs experts d’Alstom et des directions Materiel et TGV-Intercités de SNCF Voyageurs, circulera sur le réseau national courant 2024. Commandé en 115 exemplaires, à raison de 100 rames en version domestique et 15 en version internationale, cette rame à double étage pourra être utilisé tant pour l’offre TGV INOUI que OUIGO. La commande de la SNCF monte à 3,5 milliards d’euros. Les ingénieurs concepteurs de ce TGV sont « partis d’une page blanche », selon la SNCF qui précise que ce n’est pas une simple actualisation des trains actuellement en circulation. Le futur train permet d’ajuster le nombre de voitures (7, 8 ou 9), de transformer rapidement un espace de 1ère classe en espace de 2nde classe et vice-versa, de reconfigurer l’intérieur en enlevant ou ajoutant des sièges, des espaces vélos ou bagages. 11 des 17 sites français d’Alstom sont impliqués dans le développement et la fabrication du train TGV M, notamment Belfort, pour les motrices, La Rochelle, pour la gestion du projet, ainsi que pour la conception et l’assemblage des voitures, Villeurbanne, pour les systèmes informatiques embarqués, Ornans, pour les moteurs ou encore Le Creusot, pour les bogies. La prochaine grande étape sera la phase des essais dynamiques à 200 km/h à Velim (République Tchèque) d’ici la fin d’année 2022.
(Source : Railtech.be)

Fret
Allemagne : la vente de la filiale Schenker serait décidée au plus haut niveau à Berlin – C’est ce que rapportent plusieurs sources dont le quotidien Handelsblatt. Selon des sources gouvernementales, le sujet Schenker serait à l’ordre du jour de l’organe de contrôle qui devrait se réunir fin septembre. D’après le planning connu jusqu’ici, un nouveau président du conseil de surveillance serait alors désigné. Ce serait une condition importante pour la prise de nouvelles décisions concernant la vente de Schenker. Ce mastodonte logistique emploie 75.000 personnes et opère dans le monde entier. L’entreprise avait rejoint la Deutsche Bahn en 2002 suite au rachat de Stinnes AG. L’ancien patron des chemins de fer Hartmut Mehdorn voulait ainsi combler une lacune à l’étranger. Il souhaitait également resserrer les liens entre le rail, la route et la logistique. Schenker n’a toutefois jamais été réellement intégré dans le groupe Deutsche Bahn.
Une filiale qui compense des pertes – Ce n’était un secret pour personne : Schenker est « un gros fournisseur de bénéfices » pour la Deutsche Bahn, afin de compenser les pertes dans d’autres secteurs, notamment le transport ferroviaire de marchandises. Le dernier rapport semestriel de la Deutsche Bahn montre à quel point Schenker est important dans le bilan du groupe public. Alors que le groupe a réalisé un résultat opérationnel avant intérêts et impôts (Ebit) de 876 millions d’euros, celui de DB Schenker s’élevait à 1,2 milliard d’euros. Si la Deutsche Bahn a pu renouer avec les bons chiffres au cours des six premiers mois de cette année, c’est grâce à sa filiale logistique. On ne sait toutefois pas avec quelle rapidité une séparation pourra effectivement être réalisée. Les initiés parlent d’un délai qui pourrait s’étendre jusqu’en 2024. Les intéressés pour Schenker sont nombreux. Depuis longtemps déjà, des investisseurs financiers se préparent par exemple à une telle méga-opération, qui pourrait atteindre un volume de 15 à 20 milliards.
Qui va acheter ? – Les noms d’investisseurs stratégiques sont également régulièrement cités. Il s’agit par exemple de DSV, Kühne+Nagel, Maersk et peut-être de Deutsche Post. Mais jusqu’à présent, il ne s’agit que de suppositions. Officiellement, aucune entreprise n’a fait de déclaration à ce sujet au cours des derniers mois. Les banques sont susceptibles de recevoir des invitations pour engager le processus de vente au cours des deux prochains mois, avec une nomination potentielle en décembre avant une pré-commercialisation en 2023, a déclaré une autre source familière avec le processus.
(Source : Handelsblatt)

Allemagne : Kia et DB réutilisent les batteries des VE dans un système de stockage d’énergie « Second Life » – En août, Kia Europe et ‘encore’, une start-up de la Deutsche Bahn (DB Bahnbau Gruppe), ont dévoilé conjointement leur premier système de stockage d’énergie par batterie au campus EUREF de Berlin, où il fait partie du Micro Smart Grid, un réseau électrique dans lequel différentes sources d’énergie, consommateurs et systèmes de stockage sont reliés intelligemment. Le Micro Smart Grid a été créé et est exploité par inno2grid GmbH, une coentreprise du groupe DB E.C.O. et de Schneider Electric. L’objectif est de réduire la dépendance au réseau grâce à des flux d’énergie prévisibles et d’augmenter la part d’utilisation des énergies renouvelables sur le campus. Kia Europe a confirmé son intention de réutiliser les anciennes batteries de ses véhicules électriques dans des systèmes de stockage d’énergie par batterie « Second Life », dans le cadre de sa stratégie globale de développement durable.
Le processus – Afin de construire le système de stockage d’énergie par batterie, encore| DB collecte, démonte, analyse et ensuite réutilise ou recycle les batteries des VE. Pour le système de stockage d’énergie par batterie du campus EUREF, les batteries usagées de Kia Soul EV ont été collectées auprès des concessionnaires Kia et transportées jusqu’à DellCon, le partenaire de démantèlement d’encore| DB, via le vaste réseau logistique de la Deutsche Bahn afin de garantir un transport durable et sûr. Les packs ont ensuite été démontés au niveau modulaire pour des tests de diagnostic de pointe visant à évaluer l’état de santé des batteries. Les deux entreprises viennent de dévoiler un prototype d’installation de stockage de batteries, entièrement réalisé à partir de modules de batteries réutilisés de Kia Soul EV. Le transport à l’échelle européenne des batteries et des nouvelles unités de stockage d’énergie est principalement assuré par la filiale logistique DB Schenker ainsi que par DB Cargo. Jason Jeong, président de Kia Europe, commente : « Avec notre succès dans l’électrification des modèles Kia, nous assumons également la responsabilité des batteries au-delà de leur durée de vie dans la voiture. Le partenariat pionnier entre Kia et encore | DB montre que nous considérons les batteries comme une ressource précieuse en termes d’économie circulaire durable. »
Premier projet de prototype lancé – L’unité au à l’EUREF-Campus est composée de 24 modules de batteries au total disposés sur trois racks ; chaque module est composé de 14 cellules doubles. Un nouveau système de conversion de puissance avec un système de gestion de batterie intégré (BMS) spécialement développé par STABL Energy compense les différents états de santé des modules de batterie en effectuant un équilibrage de tension passif ou actif si nécessaire. L’unité prototype fournira 72 kWh de puissance utilisable pour soutenir le  » timeshifting  » (stockage de l’énergie solaire pour une utilisation ultérieure) et d’autres applications dans la zeeMobase (base de mobilité à émission zéro) d’inno2grids sur le campus EUREF.
(Source : Deutsche Bahn)

Technologie
Allemagne : le logiciel de gestion IVU.rail gère le déploiement du matériel roulant de la DB Fernverkehr – Le fournisseur de solutions informatiques pour le transport IVU Traffic Technologies a annoncé que DB Fernverkehr gèrait désormais l’ensemble de son parc de matériel roulant avec le système IVU.rail de la société. DB Fernverkehr s’appuie sur le système informatique leader mondial du transport ferroviaire pour standardiser et numériser ses processus. Après avoir introduit avec succès la planification des horaires, la planification du travail des véhicules et la planification des chantiers, la répartition des véhicules a maintenant été introduite de manière productive pour l’ensemble du parc ferroviaire, qui comprend un total de 210 locomotives, 1.100 voitures de passagers et environ 360 rames automotrices. Environ 1.400 trajets grande ligne par jour sont planifiés et envoyés par DB Fernverkehr – intégrés dans leur propre système existant. Un modèle de conflit intégré affiche automatiquement toute anomalie éventuelle dans le déploiement des véhicules. Le centre de contrôle peut ainsi voir immédiatement où il doit intervenir et est assisté par le système lorsqu’il adapte les déplacements des trains. Les modifications de l’horaire dues aux travaux de construction en cours sont traitées dans le logiciel et servent de base à une répartition optimale des véhicules. « Les systèmes informatiques tels que IVU.rail nous permettent de résoudre les problèmes liés à la planification quotidienne de nos trains en proposant les meilleures solutions possibles aux voyageurs. Cela nous permet de gérer les transports plus efficacement et de réduire les retards, » explique Daniela Gerd tom Markotten, membre du conseil d’administration de la DB pour la numérisation et la technologie.
(Source : International Railway Journal)

Allemagne : DB Cargo présente son projet de transport d’hydrogène par rail – DB Cargo a annoncé son intention de transporter à l’avenir l’hydrogène nécessaire de toute urgence par train de marchandises. Ce concept de transport à l’hydrogène constituera une alternative écoénergétique à l’utilisation de pipelines. L’hydrogène jouera un rôle important dans l’avenir de l’énergie allemande. Le gouvernement fédéral a estimé que les besoins en hydrogène seront d’environ 100 térawattheures par an d’ici 2030. À titre de comparaison, la consommation totale d’électricité en Allemagne était d’environ 580 térawattheures par an. « Il existe actuellement de nombreuses nouvelles initiatives sur la manière dont l’hydrogène vert peut arriver efficacement en Allemagne », a déclaré le Dr Sigrid Nikutta, responsable de DB Cargo AG et membre du conseil d’administration du transport de marchandises chez DB Group. « Nous avons développé une solution qui achemine facilement et efficacement l’hydrogène des ports vers les consommateurs de l’arrière-pays. Le réseau ferroviaire allemand est un réseau écologique avec une longueur de parcours de plus de 35 000 kilomètres. DB Cargo dessert à elle seule plus de 2 100 interfaces, connexions clients, terminaux et ports intérieurs. L’hydrogène vert a besoin d’une logistique verte, et nous pouvons déjà l’offrir ». L’hydrogène importé en Allemagne est principalement lié à des liquides, ce qui signifie qu’il peut être transporté facilement et efficacement par navire de mer. En collaboration avec des fournisseurs d’énergie, DB Cargo a développé un concept de transport vers des destinataires éloignés des ports maritimes. L’hydrogène sera laissé dans cette liaison liquide, cela signifie que les wagons-citernes habituels peuvent être utilisés dans le transport ferroviaire de marchandises.
(Source : Global Railway Review)

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La prochaine livraison aura lieu le 28 septembre 2022

La quinzaine de Rail Europe News – Newsletter 075

Du 29 juin au 31 août 2022

Par Frédéric de Kemmeter – Signalisation ferroviaire et rédacteur freelance – Inscrivez-vous au blog
01/09/2022

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Politique des transports
Europe : le rail fait de plus en plus appel à la puissance publique pour survivre – 26/08/2022 – Le transport ferroviaire est en train de s’adapter à certaines des réalités post-pandémiques, telles que la modification des habitudes de voyage. Cette évolution a eu un impact sur la politique ferroviaire de nombreux pays, l’intervention de l’État semblant s’intensifier. Cette nouvelle ingérence de l’État s’inspire de la conviction que seuls les gouvernements peuvent reconstruire les sociétés après une catastrophe économique comme celle de ces deux dernières années. Il y a là une part de vérité, car les événements récents ont révélé la faiblesse du marché dans de nombreux domaines. Les gouvernements ont même dû subventionner les coiffeurs et les boulangers. Même s’il est probable que les voyages se rétablissent encore un peu, un retour au schéma pré-pandémique semble peu plausible, selon de nombreux opérateurs. Il faut aussi compter sur les changements de comportement provoqués par une remise en cause fondamentale des habitudes de déplacement. À Londres, Paris et New York, on constate que davantage de personnes utilisent désormais les transports publics pour leurs loisirs que pour leur travail. Cela a un impact sur la structure des différents tarifs mis en place par les opérateurs, qui perçoivent moins de revenus et de manière plus irrégulière. La baisse de fréquentation oblige à revoir les chiffres étudiés avant 2020. Et cela peut parfois avoir des conséquences avec par exemple l’abandon de certains projets quand d’autres opérateurs tentent de modifier les contrats. Cependant, les urgences financières sont souvent ailleurs et le rail n’est plus en haut de la pile. C’est donc avec une grande curiosité que nous verrons comment les chemins de fer régionaux seront exploités à l’avenir, notamment dans les pays qui avaient l’habitude de passer des contrats avec des tiers, comme l’Allemagne, la Suède ou la Grande-Bretagne.
(source : Railtech.com)

Allemagne : quel bilan tirer du ticket régional allemand à 9 euros ? – 31/08/2022 – L’association allemande de voyageurs PRO BAHN dresse en général un bon bilan de l’opération du ticket régional à 9 euros mais met en garde. De nombreuses institutions ont publié des résultats d’enquête avec des conclusions partielles sur le ticket régional à 9 euros par mois. Certains des résultats sont controversés et les évaluations statistiques manquent probablement de données comparatives fiables. L’Université technique de Munich, par exemple, exploite un mélange d’enquêtes et de suivis (avec des résultats intermédiaires). Certains titres trompeurs ont été tirés d’une étude d’Agora Verkehrswende. En conséquence, Pro Bahn émet des doutes sur la méthodologie, ainsi que de certains articles de journaux critiques durant le mois d’août. Les publications de l’Office fédéral de la statistique semblent avoir plus de faveurs. Il est également intéressant de lire les tentatives de synthèse d’un cabinet de conseil en gestion, ou les résultats d’une enquête du Bund Naturschutz. La semaine dernière, le Centre aérospatial allemand (DLR) a sorti une étude qui démontre qu’environ 70 pour cent de toutes les personnes interrogées ont estimé qu’il s’agissait d’une offre très attrayante, dont les conditions étaient claires et simples à comprendre. Le trafic de loisir domine et les utilisateurs du ticket à 9 euros, selon DLR, vivent le plus souvent dans les grandes villes.
Diversités d’opinions – La section Rhénanie-du-Nord-Westphalie de Pro Bahn, le Land le plus peuplé d’Allemagne (Cologne, Dortmünd,…), dresse un autre bilan. Pour Pro Bahn NRW, les billets mensuels à 9 euros dans les transports urbains n’ont probablement attiré dans un premier temps qu’une faible quantité de nouveaux clients supplémentaires, qui sont passés du bus au train. « La forte demande a surtout concerné le trafic de loisirs », a déclaré le porte-parole Lothar Ebbers à l’agence de presse DPA. Les représentants des opérateurs (ils sont plusieurs dans le Land), a déclaré à quel point l’action avait été bien accueillie. Mais le directeur d’un des opérateurs, Marcel Winter de National Express, déclarait de son côté avoir tout donné, « mais nous avons clairement atteint les limites de charge du système ferroviaire en Rhénanie-du-Nord-Westphalie ». Dans son bilan, l’autorité de transport Rhin-Ruhr (VRR) a elle aussi reconnu mardi d’importants problèmes, malgré l’euphorie générale suscitée par les bonnes ventes. 3,7 millions de tickets à 9 euros ont été vendus au cours des trois mois, a indiqué le VRR. Mais ces trois mois ont aussi « montré les limites du système des transports publics ». L’affluence a entraîné des dépassements de temps d’arrêt et des retards. De nombreuses lignes de l’axe principal de Düsseldorf à travers la région de la Ruhr ont été tellement chargées « que les voyageurs n’ont parfois pas pu monter à bord », indiquait le VRR. De nombreux arrêts maladie, par exemple chez les conducteurs de train ou dans les centres de contrôle, ainsi que des absences dues aux congés, ont aggravé le manque de personnel dans certaines entreprises au cours des dernières semaines. Le Financial Times citait de son côté Lars Feld, un professeur d’économie de l’université de Fribourg qui conseille le ministre des finances allemand, et qui a déclaré que la mesure temporaire avait entraîné « des trains surchargés qui ont causé des retards et ont eu un impact sur le réseau ferroviaire longue distance ». Selon Lars Feld, il était clair que davantage de personnes utilisent les transports publics « mais il s’agit presque exclusivement d’une demande supplémentaire – il n’y a pas eu de transfert du trafic de la route vers le rail ».
Et quoi pour la suite ? – Le Land de Berlin travaille à une solution de suivi pour le ticket à 9 euros. A partir du 1er octobre, la capitale devrait proposer des tickets à prix réduit pour les transports en commun. Mais on ne sait pas encore combien coûtera le nouveau ticket local. La maire SPD de Berlin, Franziska Giffey, caresse l’idée de maintenir le prix à neuf euros, du moins dans les zones de transport principales. Cependant, au niveau fédéral, le chancelier Olaf Scholz et le cabinet des Transports géré par le ministre FDP Volker Wissing ne veulent toutefois pas prolonger le ticket à prix réduit. Pour des raisons de coûts, a expliqué Scholz. Le prix est si avantageux que « tout le monde devait se douter que nous ne pourrons pas le maintenir à long terme ». Et c’est ainsi que le ticket à 9 euros expire comme prévu fin août. Les Verts et les collègues de Scholz au sein du SPD berlinois font désormais pression.
(source : Pro Bahn NRW)

Tarification transfrontalière : une ode à la complexité – 22/08/2022 – Le trafic ferroviaire transfrontalier est un sujet récurrent et fait l’objet de beaucoup d’attention. Ou pas assez, c’est selon. Les bonnes volontés qui veulent simplifier les choses se heurtent la plupart du temps aux roches dures que sont les bases légales qui régissent l’exploitation ferroviaire passe-frontière. Des solutions multiples ont été développées mais il est bon de se rappeler quelles sont les conditions pour que cela fonctionne. On ne le sait pas souvent, mais les différents opérateurs publics ferroviaires d’Europe sont soumis aux lois du Commerce pour leurs ventes. La SNCF, par exemple, est soumise aux dispositions du code de commerce relatives aux sociétés anonymes et est immatriculée au Registre du Commerce et des Sociétés de Bobigny. En quoi cela est important ? C’est que les opérateurs ferroviaires ne peuvent vendre que sur le territoire national – pour lequel ils sont mandatés -, et leur zone s’étend jusqu’à la dernière gare avant frontière. Mais encore ? Cela signifie que le réseau voisin applique le même principe avec sa propre « dernière gare avant frontière ». Résultats : en certains points de jonctions ferroviaires en Europe, on obtient alors des duo de gares frontières où s’arrête la tarification nationale de chaque pays :…
(La suite sur Mediarail.be)

Énergie
Suisse : l’Office fédéral des transports alerte sur une éventuelle pénurie d’électricité – 26/08/2022 – Le secteur des transports publics pourrait être touché de plein fouet par une potentielle pénurie d’électricité attendue d’ici l’hiver prochain. C’est ce qu’aurait écrit l’Office Fédéral des Transports dans un billet du mardi 23 août. En 2021, les CFF ont consommé un peu moins de 3.000 GWh d’électricité. Si la compagnie dispose de sa propre centrale hydraulique pour alimenter 90% de ses trains par caténaire, les gares et les installations – comme les cabines de signalisation -, dépendent quant à elles du réseau public suisse. Une baisse de tension sur ce réseau pourrait donc paralyser les circulations. Le risque de pénurie d’électricité s’est accentué ces derniers mois, y compris dans un pays comme la Suisse qui dépend fortement des importations de gaz étranger. En conséquence la cellule de crise de l’OFT, dont font partie les CFF et Carpostal, pourrait être activitée. Cette cellule, nommée coordination des transports dans l’éventualité d’événements (CTE), harmonise et coordonne les mesures pour les transports fonctionnant à l’électricité. Elle avait déjà été activée au plus fort de la pandémie de Covid-19. Plusieurs solutions sont envisageables pour l’opérateur: réduire le confort dans les trains, comme en coupant la climatisation, voire réduire carrément le trafic. Cette option radicale semble cependant peu probable, mais des réductions de trafic seraient en revanche possible. Le tout est à mettre au conditionnel même si ce type de discours se fait entendre partout en Europe, alors que le Continent arrive doucement vers un hiver sans gaz russe. En réalité, personne n’a une vue précise des capacités disponibles en énergie électrique, tant en Suisse qu’en Europe. Mais il est vrai qu’il vaut mieux prévenir…
(source : OFT)

Belgique : la SNCB face à de grosses factures d’électricité – 29/08/2022 – La facture énergétique (électricité, gaz et pétrole) de la SNCB devrait être supérieure de 100 millions d’euros cette année à celle de 2020. Ce sont nos confrères du Standaard qui le relataient vendredi. La flambée des prix de l’énergie a un impact majeur sur la compagnie ferroviaire. La facture énergétique (électricité, gaz et pétrole) de la SNCB pourrait en effet être supérieure de 100 millions d’euros cette année par rapport à 2020. En dépit du fait que la SNCB roule du plus en plus « vert » , au sens où la traction diesel est devenue minoritaire, l’électricité – considérée justement comme énergie verte -, est devenue extrêmement chère. Le journal français Le Monde explique que les prix de gros de l’électricité pour 2023 en Allemagne et en France ont battu des records, vendredi 26 août, à respectivement 850 euros et plus de 1.000 euros le mégawattheure (MWh). Il y a un an, les prix étaient, pour ces deux pays, d’environ 85 euros le mégawattheure ! La semaine dernière aussi, la puissante administration suisse des transports, l’OFT, qui n’est pas du genre à faire du catastrophisme, mettait en garde la Suisse pour un hiver avec d’éventuelles suppressions de trains, bien qu’aucunes mesures ne soient prises en ce sens pour le moment. Une task force a tout de même été mise sur pied avec les CFF. Les prix de l’électricité ont suivi l’évolution des autres matières premières (telles que le gaz et le charbon) et ont augmenté en fonction de l’accroissement de la demande depuis la reprise de l’activité économique après la pandémie.
(source : Railtech.be)

Allemagne : les chemins de fer seront alimentés en énergie renouvelable par la Norvège – 11/08/2022 – La société norvégienne d’énergie renouvelable Statkraft fournira de l’électricité à l’opérateur ferroviaire allemand Deutsche Bahn pour les dix prochaines années. C’est ce que rapporte la chaîne de télévision NRK en se référant au communiqué de presse de la société allemande. À partir de 2023, la centrale hydroélectrique de Mågeli, dans le sud de la Norvège, fournira à la Deutsche Bahn près de 190 gigawattheures d’électricité verte par an pendant dix ans. Tout cela est rendu possible par le câble Nordlink North Sea, qui assure depuis avril une connexion directe entre les réseaux électriques norvégien et allemand. Le volume total d’électricité renouvelable fournie dans le cadre du contrat suffira à couvrir les besoins énergétiques des quelque 40 000 trains circulant en Allemagne chaque jour pendant environ une semaine. Il s’agit du premier contrat d’achat d’électricité verte transfrontalier à long terme de la DB (ou « AAE transfrontalier » en abrégé). Par rapport à l’électricité produite par des centrales au charbon, l’énergie hydroélectrique norvégienne permettra d’économiser jusqu’à 146 000 tonnes de CO2 par an. La DB s’est associée au fournisseur d’énergie public norvégien Statkraft, basé à Oslo. DB a également signé deux autres contrats d’énergie renouvelable en Allemagne, couvrant près de quatre jours supplémentaires de trafic ferroviaire durable. À partir de 2023, plus de 90 gigawattheures d’énergie hydroélectrique seront fournis chaque année à la Deutsche Bahn depuis la Forêt-Noire, et ce pendant dix ans, dans le cadre d’un contrat avec RWE. De l’énergie renouvelable provenant d’un parc éolien de longue date. À partir de 2022, l’énergie éolienne de Hohen Pritz, dans le nord-est de l’Allemagne, sera également ajoutée au portefeuille d’énergie renouvelable de la DB. Ce deuxième contrat porte sur l’énergie renouvelable d’un parc éolien de plus de 20 ans dont la subvention publique a expiré. L’accord avec Ane Energy signifie que les éoliennes continueront à produire près de 40 gigawattheures d’électricité verte par an. Les énergies renouvelables couvrent déjà plus de 61 % de l’énergie de traction nécessaire à la Deutsche Bahn. Ce chiffre est bien supérieur à celui de 50 % atteint par le réseau public. La filiale du groupe DB Energie restructure fondamentalement son portefeuille de centrales et de contrats d’approvisionnement afin que les énergies renouvelables remplacent lentement mais sûrement les combustibles fossiles. À cette fin, DB Energie crée un portefeuille mixte pour les besoins en énergie de traction.
(source : DB Engineering & Consulting)

Trafic grande ligne
Europe : le niveau de confort, élément essentiel du voyage en train de nuit – 18/08/2022 – C’est ce qui ressort d’une étude néerlandaise avec des données enregistrées en 2019. Les voyages par train de nuit reviennent en force dans les débats ferroviaires depuis quelques années. Une étude néerlandaise a sondé en 2019 près de 804 voyageurs. Une équipe de cinq chercheurs a cherché à découvrir « si et dans quelles conditions » les voyageurs sont prêts à utiliser les services de trains de nuit sur de longues distances. Comme ont pu l’indiquer d’autres recherches sur les voyages en train, constat est fait que le choix d’un mode de transport plutôt qu’un autre dépend du confort, du coût du voyage et de la durée du voyage. Avec une heure d’arrivée en début de journée, les trains de nuit auraient un léger avantage sur les vols du matin pour les voyageurs d’affaires, par exemple. C’est quelque chose sur laquelle il faut capitaliser. Le principal facteur déterminant est bel et bien le confort. Le niveau de confort perçu est « fortement influencé » par le nombre de personnes qui partagent l’espace dans le train. À tel point que lorsqu’on leur donne le choix entre une cabine privée pour deux personnes dans un train de nuit très basique et le partage d’un compartiment avec six autres personnes dans un train couchette plus luxueux, les personnes interrogées préfèrent le train basique et donnent ui une note de confort plus élevée.
(La suite sur Railtech.be)

Allemagne-Suède : des difficultés sur les voitures-lits prévues pour le train de nuit Stockholm-Hambourg – 29/08/2022 – On se souvient que l’opérateur étatique SJ doit lancer ce 1er septembre un nouveau train de nuit entre Stockholm et Hambourg. En l’absence de matériel roulant suédois aux normes RIC, les SJ se sont tournés vers RDC Deutschland pour louer des voitures-lits ad-hoc. Il s’agit de voitures-lits du type WLAB32s, une version améliorée des fameuses T2S standard qui ont fait partie jadis du pool TEN (Trans-Euro-nuit). Bien que les SJ avaient anticipé en débutant une modernisation dès l’été 2021, RDC annonça début juillet, selon le site Jarnvagar, que les voitures ne seraient pas prêtes à cause d’une pénurie de composants pour le nouvel équipement électrique. RDC a alors offert en échange ses voitures-lits MUn qu’elle utilisait jusqu’à la fin juin sur ses propres trains de nuit entre l’Autriche et l’île allemande de Sylt (RDC a arrêté ce service déficitaire). Mais les voitures MUn n’ont pas assez de temps pour être approuvées pour l’Agence danoise des transports, compétente pour son territoire. Or il y a des doutes juridiques sur qui doit de nos jours homologuer des voitures dûment conformes au RIC, le Regolamento Internazionale delle Carrozze (RIC) qui est un accord qui régit la normalisation techniques des voitures voyageurs (dont les voitures-lits), en vue de faciliter les trains internationaux. Le RIC existe depuis 100 ans, a évolué évidemment avec les technologies récentes, et s’applique dans 27 pays dont la Suède, le Danemark et l’Allemagne. L’article 54 de la directive européenne sur l’interopérabilité et la Convention relative aux transports internationaux ferroviaires (COTIF), qui constitue la base juridique de l’accord RIC, est l’instrument légal conçu pour l’utilisation des voitures de voyageurs dans les services ferroviaires internationaux de voyageurs. Une voiture estampillée RIC ne devrait en principe pas faire l’objet d’une coûteuse homologation. Cependant, d’après la direction des SJ, dorénavant, chaque véhicule rénové et/ou modifié doit obtenir une nouvelle approbation. Cela se fait via l’agence ferroviaire de l’UE, l’ERA, et non une agence nationale. Le problème est qu’au Danemark, le réseau comporte des sections en tunnel obligeant les trains à avoir certaines dispositions anti-incendie spécifiquement danoises. Par ailleurs, la procédure d’homologation via l’ERA est nouvelle et encore peu utilisée par les opérateurs européens. L’homologuation des voitures-lits MUn (pourtant déjà estampillées RIC), indiquerait qu’il n’y aura pas de voitures-lits pour le 1er septembre. Les réservations de places en voitures-lits avaient en conséquence été suspendues depuis le début de l’été, lorsque les problèmes de délais devenaient une réalité.
(source : jarnvagar.nu)

Allemagne : la Deutsche Bahn rejoint Star Alliance, dont fait notamment partie Brussels Airlines – 03/07/2022 – Selon plusieurs agences de presse, Deutsche Bahn s’apprêterait à rejoindre l’alliance aérienne Star Alliance. Star Alliance a été créée en mai 1997 et comprend actuellement de 26 compagnies aériennes. Elle reste aujourd’hui la plus importante des alliances aériennes mondiales, devant ses deux principales concurrentes que sont Skyteam (18 compagnies aériennes) et Oneworld (13 compagnies aériennes). Le siège est installé à Francfort-sur-le-Main, en Allemagne. Lufthansa, Air China et… Brussels airlines en font partie. Au sein de l’alliance, les voyages aériens et ferroviaires devraient être mieux interconnectés à l’avenir mais on ne connait pas encore les détails de l’entrée du groupe public ferroviaire allemand. Deutsche Bahn est la première entreprise extérieure à l’industrie aéronautique à devenir partenaire d’une alliance internationale de compagnies aériennes. Elle compte sceller son adhésion à Star Alliance pour un nouveau partenariat intermodal. Cela devrait donner « un signal fort pour le redressement de la mobilité ». Lufthansa et Deutsche Bahn collaborent déjà en proposant des billets communs, une manière de répondre aux critiques des fameux vols courts. Le principe des alliances aériennes, peu utilisé dans le monde ferroviaire, est l’enregistrement à des guichets communs ou l’utilisation de programmes de fidélisation communs. Les compagnies aériennes ont des règles communes en matière de bagages et d’accès aux salons, par exemple. On ne connait pas encore l’impact de cette décision
(source : Railtech.be)

Infrastructure
République tchèque : la ligne à grande vitesse de Prague vers Dresde attribuée à un consortium – 30/08/2022 – Le gestionnaire d’infrastructures tchèque SŽ – une entreprise publique indépendante -, a attribué à un consortium dirigé par Metroprojekt Praha et comprenant Valbek, Mott MacDonald et Egis Rail un contrat pour la conception du tronçon Prague – Lovosice de 60 km de la ligne à grande vitesse qui reliera Prague à Ústí nad Labem et Dresde en Allemagne. Le contrat porte sur la préparation des documents nécessaires à l’obtention du permis de construire définitif, ainsi que sur le plan du projet et les documents nécessaires à l’évaluation de l’impact environnemental. L’entreprise de conception préparera également un modèle numérique BIM de la section Prague – Lovosice, ce qui, selon SŽ, devrait permettre une gestion efficace de la ligne achevée et contribuer à réduire les coûts de maintenance. Le consortium sera également en charge de la communication avec les autorités concernant les procédures de permis.
Ligne internationale – La ligne à grande vitesse entre Balabenko à Prague et la sortie Lovosice fait partie de la connexion internationale prévue entre la capitale, Ústí nad Labem, et Dresde, en Allemagne. Le tronçon utilisera plusieurs types de trains de voyageurs, sur une ligne conçue selon les dernières STI et apte à une vitesse de 320 km/h. Grâce aux connexions avec les réseaux ferroviaires existants, les trains à grande vitesse pourront également desservir les régions adjacentes.
Réduction du temps de parcours et nouvelle gare – La ligne à grande vitesse aura une vitesse maximale de 320km/h et réduira de 30 minutes le temps de trajet le plus rapide entre Prague et Ústí nad Labem. En outre, l’itinéraire réservé aux passagers devrait libérer de la capacité pour permettre à davantage de trains de marchandises de circuler sur l’itinéraire existant entre Prague, Ústí nad Labem et la frontière allemande. Une gare intermédiaire à grande vitesse sera construite à Roudnice nad Labem, offrant un temps de trajet de 19 minutes vers le centre de Prague. Les travaux de conception sont en cours suite à la signature d’un contrat avec Rusina Frei Architects, lauréat d’un concours international organisé par SŽ qui a attiré 10 candidatures.
La construction du tronçon Prague – Lovosice devrait commencer vers 2027 pour une mise en service prévue vers 2030.
(source : europe-cities.com)

Italie : la grande vitesse Bari-Naples, un projet de 5,8 milliards d’euros – 23/08/2022 – Sur le tracé de la future LGV, les derniers lots ont été mis en chantier ce mois d’août. La totalité du parcours est donc maintenant en construction, depuis l’annonce de l’ouverture des derniers chantiers sur les tronçons Hirpinia-Orsara et Orsara-Bovino. Dans le détail, l’achèvement de ces deux tronçons permettra une réduction supplémentaire du temps de trajet entre la capitale de la Campanie et celle des Pouilles et une augmentation de la capacité des trains de voyageurs et de marchandises. Cette nouvelle LGV permettra de rabaisser le temps de parcours entre Bari et Naples à 2 heures, et celui de Rome en 3 heures, Lecce et Tarente étant du coup à 4 heures de la capitale italienne. Ceci dit, explique le gestionnaire RFI, avant cette échéance de 2027, des réductions progressives des temps de parcours pourront déjà être consenties grâce à l’ouverture progressive des tronçons en chantier. Les derniers chantiers lancés récemment doivent affronter un parcours par le col des Apennins. Il s’agit des deux chantiers majeurs sur les tronçons Hirpinia-Orsara et Orsara-Bovino, soit « seulement » 40 kilomètres de ligne. Sauf qu’il s’agit de la construction de deux tunnels. Un premier d’environ 27 kilomètres sur les 28 kilomètres que compte la section Hirpinia-Orsara. Et un second sur le tronçon Orsara-Bovino, long d’environ 10 kilomètres sur les 12 kilomètres que compte ce tronçon. Les travaux ont été confiés au Consorzio Hirpinia Orsara AV, pour un investissement total de RFI d’environ 1,53 milliard d’euros, dont 561 millions d’euros du gestionnaire lui-même. Les deux contrats s’inscrivent dans le cadre du projet plus vaste de réaménagement de l’axe ferroviaire Naples-Benevento-Foggia-Bari, qui prévoit le doublement de tronçons à voie unique et la construction de variantes du tracé existant afin d’améliorer l’intégration du système ferroviaire du sud-est avec la ligne à grande vitesse. Sur le même axe, un autre entrepreneur, Webuild, réalise également le tronçon Naples-Cancello, 15,5 kilomètres de voie près de la gare à grande vitesse Naples-Afragola, et le tronçon Apice-Hirpinia, 18 kilomètres de ligne pour traverser les Apennins. L’activation complète de tous ces chantiers mobilise environ 7000 personnes à temps plein chaque jour, en comptant les emplois directs et indirects – créant des industries connexes pour tout le tissu socio-économique du Sud de la Péninsule, qui en a bien besoin.
(sources diverses compilées)

Italie : RFI lance un appel d’offres de 1,1 milliard d’euros pour le contournement ferroviaire à grande vitesse et la nouvelle gare de Florence – 16/08/2022 – Le gestionnaire d’infrastruture Rete Ferroviaria Italiana (groupe FS Italiane), a publié l’avis d’appel d’offres au Journal officiel de l’Union européenne, pour un montant total de plus de 1,1 milliard d’euros , pour la construction du contournement et de la nouvelle gare à grande vitesse du nœud de Florence. Il faut se rappeler qu’actuellement, les trains à grande vitesse italiens aboutissent – sauf quelques exceptions -, à la gare en cul-de-sac de Santa Maria Novella, obligeant à un rebroussement pour repartir vers Bologne ou Rome. Trenitalia veut créer une « passante » directe dans le nord de la ville. Un travail considéré comme stratégique pour le groupe FS et RFI qui permettra une nouvelle configuration du réseau ferroviaire florentin, garantissant que les trains à grande vitesse n’interfèrent plus avec les trains régionaux, avec des effets positifs tant sur la régularité du service que sur son éventuel renforcement, en termes de fréquence et de nombre de déplacements. La boucle de la nouvelle ligne à grande vitesse/haute capacité sera souterraine sur environ 7 kilomètres avec deux tunnels parallèles d’une profondeur moyenne d’environ 20 mètres, complétés par deux sections terminales en surface : au nord entre les stations de Firenze Castello et Firenze Rifredi, et au sud près de la station de Firenze Campo di Marte. Les tunnels seront creusés par des techniques mécanisées à l’aide d’un tunnelier. La nouvelle station HS/HC Firenze Belfiore, conçue par l’agence d’architecture Foster, sera construite le long de la ligne de métro. La nouvelle gare de Belfiore, desservie par des trains à grande vitesse, sera implantée à l’Est de la ville.
(source : FS News)

Le réseau à grande vitesse espagnol dépasse les 4.000 kilomètres – 20/07/2022 – Dès le 22 juillet 2022, l’Espagne dépasserait les 4.000 kilomètres de lignes à grande vitesse avec les récentes ouvertures des sections Plasencia-Badajoz et Valladolid-Burgos, auxquelles il faut rajouter la jonction sous Madrid entre les gares de Chamartin et Atocha. L’Espagne conserve ainsi la première place du kilométrage de réseau en Europe. Au nord-ouest du pays, entre Valladolid (Venta de Baños) et Burgos, 89 km de lignes sont inaugurés qui ouvrent sur des extensions à venir vers le Pays basque (dont le fameux « Y basque ») et la frontière française. Cette section, électrifiée en 25kV50Hz, est essentiellement à voie unique entre les deux villes. Elle permet aux trains S112 des vitesses maximales de plus de 300 km/h et met Madrid à 1h33 de Burgos, soit un gain de 45 minutes entre ces destinations et les gares desservies au-delà. A l’ouest du pays, un autre tronçon de 164 km traverse l’Estrémadure et relie désormais Plasencia à Badajoz, à la frontière avec le Portugal. Cette ligne est à double voie entre Plasencia et Mérida, ensuite à voie unique mais n’aura d’électrification qu’en 2023, ce qui implique une exploitation momentanée en traction diesel à l’aide de rames Talgo S730 rénovée. Le prolongement au nord entre Plasencia et Tolède (Madrid) devrait permettre d’obtenir une liaison entre la capitale espagnole et le Portugal.
(source : Ville, Rail & Transports)

Trafic régional
Allemagne : Transdev gère désormais 10 lignes S-Bahn à Hanovre – 17/08/2022 – Depuis le 20 juin dernier, Transdev Hanovre GmbH exploite les dix lignes du S-Bahn à Hanovre. Transdev avait d’abord pris en charge le trafic S-Bahn sur les lignes de la gare centrale de Hanovre vers Hildesheim (S3) ainsi que vers Celle (S6 et S7) pour une durée de six mois jusqu’en juin 2022. Depuis le 12 décembre 2021, des Flirt 3 XL blanc et bleu à portes rouges de Transdev Hannover GmbH avaient remplacé les automotrices électriques rouges séries 424 et 425 de la DB sur trois lignes du réseau de S-Bahn d’Hanovre.Avec le petit changement d’horaire du 12 juin 2022, les sept lignes restantes du réseau S-Bahn de Hanovre ont été ajoutées dans le cadre du contrat de transport courant jusqu’en 2034. Transdev doit cependant faire face à de grands chantiers sur le réseau, ce qui a entraîné de nombreuses annulations de trains au début du contrat et une mauvaise publicité. Plus de 90 chantiers de construction sur le réseau de l’opérateur d’infrastructure DB Netz entraînent de nombreuses perturbations dans la planification du trafic autour de Hanovre. De plus, il y a une augmentation des absences pour maladie parmi le personnel en raison du Covid 19, qui a recommencé à faire des ravages en Allemagne. Le nouvel opérateur doit maintenant faire ses armes dans cette région et démontrer la pertinence de son contrat. Rappelons qu’en Allemagne, le service public local et régional est intégralement soumis à appel d’offre.
(source : Newsroom Transdev)

Voyage d’été
J’ai testé Bruxelles-Stockholm aller-retour en train – 1/2 – 18/07/2022 – Ne me demandez pas « combien d’heures ? » Ce trajet aller-retour de 3.645 kilomètres s’est évidement déroulé en 4 étapes… et 10 trains. Le tout étalé sur 9 jours pour profiter des villes qu’on ne visite pas chaque année. Ces longs parcours permettent d’apprendre un tas de choses. On abordera ici le côté ferroviaire, puisque c’est parait-il le transport prévu pour remplacer l’avion. Vrai ? Pour un fan du rail, Bruxelles-Stockholm en train parait une évidence. Mais le fan averti est aussi accompagné d’une appréhension certaine. Il sait que les chemins de fer sont des choses fragiles. Panne de signalisation, personnes sur les voies ou matériel roulant qui suffoque font partie du quotidien des navetteurs. Le fan du rail belge sait aussi que les relations ICE Bruxelles-Cologne peuvent être capricieuses. Pourquoi en serait-il différent dès l’instant où on part en vacances ? On peut dire qu’on aura tout vu…
(La suite et les détails sur Mediarail.be)

J’ai testé Bruxelles-Stockholm en train : quelques réflexions – 2/2 – 01/08/2022 – Cet article fait suite à celui qui vous racontait le déroulement d’un voyage Bruxelles-Stockholm. Après les faits, les réflexions. Ces dernières années, la question du climat est devenue un enjeu sociétal et fait porter sur les nouvelles générations la responsabilité du monde de demain. On a alors vu fleurir dans les réseaux sociaux une kyrielle de groupes ou de personnes individuelles y aller de « sa » solution pour décarboner le monde. Parmi les solutions : le train, très bon pour le climat nous dit-on. Avec son énergie verte électrique et son emport important, le train semble être (re)devenu un mode… à la mode et soumis à toutes les sauces médiatiques.
Faire cet aller-retour Bruxelles-Stockholm uniquement en train avait deux buts :
– D’une part essayer différents trains et goûter aux évolutions ferroviaires dans des pays où on met rarement les pieds ;
– D’autre part ce type de voyage est justement l’occasion de quelques réflexions sociétales et un brin philo à mettre en perspective avec ces communications de salon dont nous sommes abreuvé l’année durant. 
De la théorie à la pratique, on peut dire que nous n’avons pas été déçus. Plutôt que les idéologies et les beaux articles à 20.000 likes (pour faire genre), rien de tel que d’être confronté à la réalité du terrain. Nous l’avons fait. À chaque constat il y a probablement une solution. Essayons de voir ce qu’il en est.
(La suite et les détails sur Mediarail.be)
(Voir aussi notre dossier Tarification transfrontalière : une ode à la complexité)

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La prochaine livraison aura lieu le 14 septembre 2022

La quinzaine de Rail Europe News – Newsletter 074

Du 15 au 28 juin 2022

Par Frédéric de Kemmeter – Signalisation ferroviaire et rédacteur freelance – Inscrivez-vous au blog
29/06/2022

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Politique des transports
Italie : la Commission européenne approuve le régime italien de subventions pour le transport intermodal – La Commission européenne (CE) a approuvé, en vertu des règles communautaires sur les aides d’État, un régime de subventions qui permettra au gouvernement italien de mettre un total de 55 millions d’euros à la disposition des exploitants de terminaux intermodaux pour l’achat de nouveaux équipements de manutention des conteneurs. Ce régime s’inscrit dans le cadre du plan national d’investissements complémentaires qui complète le plan italien de relance et de résilience (PNRR). Tous les exploitants de terminaux intermodaux en Italie qui font partie du réseau transeuropéen de transport pourront dès lors demander des subventions directes pour acheter de nouveaux équipements tels que des portiques de manutention de conteneurs (transtainers), des reach stackers et des véhicules de manœuvre. Le régime en vigueur jusqu’au 31 décembre 2026 vise à encourager le transfert du transport de marchandises de la route vers le rail. Cette aide a été évalué au regard des règles de l’article 93 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. L’Union européenne a estimé que le régime était nécessaire et proportionné pour soutenir le transport intermodal et promouvoir l’utilisation du rail, qui est moins polluant que la route et réduit la congestion routière. La mesure sera donc bénéfique tant pour l’environnement que pour les transports. L’Union européenne a également constaté que cette aide d’État aura un effet incitatif, car les bénéficiaires ne réaliseraient pas le même investissement sans un soutien public. La Commission a aussi conclu que la mesure est conforme aux objectifs de la stratégie de l’Union européenne en matière de mobilité durable et intelligente et du Green Deal, sans fausser indûment la concurrence sur le marché unique.
(source : International Railway Journal)


Trains et tourisme, le besoin d’un renouveau Depuis longtemps, le train a été associé au tourisme et à la découverte d’un pays ou de l’Europe. Pourtant, le tourisme de masse semble avoir déserté le plus ancien mode de transport encore existant au profit de l’aviation et de l’automobile. L’occasion de se pencher, en cette période estivale, sur les atouts du train dans un marché touristique différencié. « Le train, déjà un avant-goût du voyage ». Tel était le slogan du train couchettes vers les destinations ensoleillées ou vers la montagne en hiver, que ce soit en trafic national dans les grands pays (France, Allemagne), ou à l’international. À une époque, c’est à dire au début des années 70, où les autoroutes ne menaient pas encore vers toutes les plages de Méditerranée, le train pouvait encore s’imposer comme l’alternative.
(La suite est à lire sur Mediarail.be)

Trafic grande ligne
Italie : Trenitalia lance un appel d’offre pour des voitures neuves destinées à ces trains de nuit – Du neuf plutôt que de l’ancien reconditionné. IRJ annonce que Trenitalia aurait lancé un appel d’offres pour l’acquisition de nouveau matériel roulant destiné aux trains de nuit domestiques. L’accord-cadre porterait sur la fourniture d’un maximum de 370 voitures sur une période de cinq ans, avec une quantité minimale garantie de 70 véhicules. La valeur totale de l’accord-cadre est de 732,6 millions d’euros, la commande minimale de 70 voitures devant s’élever à 138,6 millions d’euros. La nouvelle flotte est financée par une partie des 200 millions d’euros alloués à Trenitalia pour l’achat de nouveau matériel roulant en novembre dernier par le ministre des infrastructures et de la mobilité durables, Enrico Giovannini. L’investissement dans du nouveau matériel roulant fait partie du plan national de relance et de résilience de l’Italie (PNRR). L’avis d’appel d’offres ne précise pas le type exact de voitures à fournir, mais Trenitalia devrait passer des commandes auprès d’un seul fournisseur afin de simplifier l’exploitation et la maintenance, tout en maintenant l’intégrité de sa marque Intercity Notte. La nouvelle flotte devrait entrer en service à partir de 2024, ce qui parait audacieux. Rappelons que Siemens Vienne, qui fabrique les voitures pour le Nightjet autrichien, a fait état d’un retard de six mois dû au manque de ressources dans l’usine, consécutive à la pandémie de ces deux dernières années. Côté italien, les constructeurs de la Péninsule ne fabriquent plus de voitures classiques mais plutôt des automotrices de divers types (Alstom) et des trains à grande vitesse (Hitachi Rail Europe).
(source : International Railway Journal)

Suisse : les CFF commandent sept trains Giruno supplémentaires – La DB et les CFF poursuivent le développement de leur offre en trafic voyageurs international entre l’Allemagne et la Suisse. Avant la pandémie de coronavirus, la demande de voyages en train à destination de l’Allemagne n’a pas cessé d’augmenter. Aujourd’hui, elle a déjà retrouvé son niveau de 2019. L’offre de destinations allemandes en correspondance directe via Bâle devrait augmenter à partir de 2026. Pour mener à bien le réaménagement de l’offre prévu, les CFF ont commandé sept trains Giruno supplémentaires à Stadler. Ce modèle répond aux exigences de vitesse fixées à 250 km/h pour pouvoir emprunter les lignes à grande vitesse de la DB. Les trains circuleront entre la Suisse et l’Allemagne par Bâle. L’investissement avoisine 250 millions de CHF (240 millions €). Le Giruno est une rame destinée aux liaisons EuroCity, apte à circuler à 250 km/h dans les plus récents tunnels suisses (Gothard, Ceneri) mais aussi sur les lignes rapides allemandes et autrichiennes. Ces trains circulent déjà entre Bâle/Zurich et Lugano/Milan et poursuivent leur route jusqu’à Gênes, Bologne et Venise. Les sept rames supplémentaires dont il est question ici font partie d’un accord cadre, au cours duquel 29 rames Giruno ont été commandées et livrées, la 29e rame ayant rejoint la flotte des CFF le 10 mai 2021.
(Communiqué de presse CFF)


Pays-Bas : Eurostar n’irait plus jusqu’Amsterdam durant quelques années ? – C’est la question qui a atterri au Parlement néerlandais ce mois-ci. La crainte ? Pendant la rénovation de la gare d’Amsterdam-Centraal, l’espace de départ destiné à Eurostar au quai 15b – notamment pour les opérations douanières -, ne pourra pas être utilisé. Cet espace doit en effet servir de zone de chantier. Un remplacement des voies et des aiguillages est également prévu, ce qui limitera la capacité des flux en gare d’Amsterdam-Centraal pour les années à venir. La rénovation d’Amsterdam Central est nécessaire pour que la gare puisse faire face au flux croissant de passagers. Le report n’est guère possible car les tunnels sous les voies, les quais et les entrées deviennent déjà dangereusement exigus en période de trafic intense. Ceci dans un contexte où Eurostar prévoyait d’ajouter un quatrième trajet quotidien vers Londres en septembre prochain. D’après la Sécrétaire d’État à l’Infrastructure Vivianne Heijnen, cela pourrait signifier que pendant les années de reconstruction, aucun train Eurostar ne pourrait partir d’Amsterdam vers Londres. Selon le calendrier actuel, les travaux sur et autour de la gare centrale ne seraient pas achevés avant 2028. Six années sans le train de Londres est une option que Vivianne Heijnen trouve inacceptable : « l’Eurostar est important pour les passagers des trains internationaux et plus particulièrement pour le passage de l’avion au train pour les courtes distances », écrit-elle à la Chambre des représentants. Elle a donc demandé à Prorail, propriétaire de la gare et des voies, et à NS de faire « tout leur possible » pour trouver une solution pour accueillir les trains Eurostar pendant la rénovation de la gare. Des options de report à Amsterdam-Zuid, dont les travaux ont pris du retard, ainsi que de Schiphol en tant que terminus provisoire ont été rejetés. Resterait alors l’option de Rotterdam-CS, qui pourrait devenir ainsi l’arrêt final le plus probable de l’Eurostar, du moins pour les trains à destination du Royaume-Uni. Jusqu’ici, ces hypothèses sont à l’étude et rien n’a encore été décidé. Prorail effectue actuellement des recherches et espère avoir plus d’informations sur un éventuel autre emplacement après l’été. « L’objectif est de trouver un emplacement dans Amsterdam », souligne un porte-parole du gestionnaire d’infra.
(Sources diverses)

Infrastructure
Espagne : ouverture du troisième tunnel entre Madrid-Chamartin et Atocha – Le ministère des Transports, de la Mobilité et de l’Agenda urbain (Mitma) a annoncé mercredi dernier que le nouveau tunnel à écartement standard UIC 1.435mm (notamment utilisé sur les lignes à grande vitesse) ouvrait ce 1er juillet. Il s’agit d’une liaison entre les deux grandes gares madrilènes de Chamartín et Puerta de Atocha, ainsi que le nouvel accès sud à grande vitesse vers la capitale. Jusqu’à présent, les deux gares n’étaient reliées que par deux tunnels Cernanias (RER) à voie large ibérique, inaugurés en 1967 et en 2008. Ce troisème tunnel est destiné à connecter le nord et le sud de l’Espagne par train à grande vitesse AVE à écartement UIC et tension 25kV, mais pour le moment, il n’aura aucun effet pratique pour le voyageur car la connexion entre les lignes AVE qui viennent de l’est ou du sud (et qui aboutissent actuellement à Atocha) et celles du nord (qui aboutissent à Chamartín), restera inopérant. Seules les lignes Alvia de la Renfe bénéficieront de l’utilisation du nouveau tunnel dans un premier temps. Ce projet entre dans le cadre plus vaste d’une reconfiguration complète des deux gares de Chamartín et Atocha, lesquelles vont voir leurs faisceaux de voies complètement remaniés pour isoler les flux banlieue, grandes lignes 1.668mm et grandes lignes UIC 1.435mm.
(source : Elpais.com)


L’Europe et ses voies à l’écartement russe – L’histoire troublée durant près de 150 ans du flanc Est de l’Europe, incluant la Finlande, les pays baltes et la Pologne, est la raison pour laquelle on trouve dans cette vaste zone des voies à l’écartement russe 1.520mm. Cet article fait un tour d’horizon de la voie large russe présente sur les terres européennes, que ce soit en Pologne ou en Slovaquie. Il ne s’agit pas ici de parler des pays Baltes ni de la Finlande qui disposent déjà de cet écartement, mais d’évoquer les raisons qui ont poussé à construire des voies larges russes en Europe, au demeurant peu nombreuses. Un récit richement documenté et qui montre la complexité de la chose ferroviaire dans cette partie de l’Europe.
(source : Mediarail.be)

Trafic régional
Italie : Trenord a des ambitions pour l’avenir – Une régionalisation à l’italienne. Trenord est une compagnie ferroviaire qui opère dans le transport régional et local de voyageurs au nord de Milan. Elle est détenue à parts égales par Trenitalia et Ferrovie Nord Milano (FNM), une société cotée à la bourse de Milan. Trenord assure plus de 2.170 trajets en semaine, pour plus de 1,3 million de sièges offerts, soit 6% de plus par rapport à 2019. Trenord vient de présenter les grandes lignes de son avenir dans une commission régionale. La ponctualité des trains, les investissements, les nouveaux trains, les informations sur le trafic, les nouveaux services et les nouveaux canaux de vente, ce sont là quelques-uns des sujets que compte mener à bien cet opérateur ferroviaire. La Région Lombarde semble satisfaite : « nous sommes satisfaits de l’introduction des nouveaux trains Caravaggio et Donizetti, financés par des ressources régionales », explique Claudia Maria Terzi, conseillère régionale en charge des infrastructures, des transports et de la mobilité durable. « L’impact positif des nouveaux trains commence à se faire sentir (…) « Jusqu’à présent, 57 des 222 nouvelles rames prévues d’ici 2025 ont été mises en service, résultat d’un investissement de 2 milliards d’euros de la Région de Lombardie. », poursuit-elle. Le parc roulant de Trenord compte 431 rames, dont 135 sont encore un héritage de l’ancien FS. En décembre prochain, le parc diminuera à 419 rames en dépit de l’arrivée de 68 nouvelles rames, signifiant une fonte drastique des matériels roulants obsolètes, comme les autorails Ale582 complètement dépassés. Les améliorations enregistrées s’appliquent aussi à la disponibilité du matériel roulant : l’indisponibilité des rames pour cause de panne en 2022 était en moyenne de 4 par jour au niveau régional, soit une réduction de 50 % par rapport à 2018, 44 % par rapport à 2019 et 15 % par rapport à 2021. La billettique sera de plus en plus dématérialisée et numérique, avec des abonnements dématérialisés. En outre, 242 distributeurs de billets en libre-service seront installés d’ici 2023 – dont 113 de nouvelle génération – desservant les 182 gares qui concentrent 92 % des voyageurs de Trenord.
(source : Trasporti-italia.com)

Urbain
France : importante commande de trams pour Montpellier – Montpellier Méditerranée Métropole a attribué à CAF un contrat de plus de 200 millions d’euros pour la fourniture de 60 Urbos LRV de sept sections avec une option pour 17 véhicules supplémentaires. Les véhicules seront fournis à Montpellier Agglomération Transport (TaM) qui les exploitera sur la ligne 1 reliant le centre commercial Odysseum à la Mosson, ainsi que sur la nouvelle ligne 5, actuellement en construction. TaM prévoit une augmentation du trafic alors que Montpellier prévoit d’introduire progressivement la gratuité des transports publics dans le but de lutter contre le changement climatique et d’améliorer la qualité de vie dans la ville française. La ligne 5, qui ira de Clapiers au nord à Lavérune au sud-ouest, devrait transporter 80 000 passagers par an après son ouverture en 2025, avec des VLR circulant toutes les 6 minutes. De son côté, CAF indique qu’elle est actuellement dans les dernières étapes de la reprise de l’usine de fabrication de Reichshoffen, en Alsace, après l’approbation de l’opération par la Commission européenne au début du mois. CAF a acquis l’usine dans le cadre du règlement relatif à la reprise de Bombardier Transportation par Alstom. Il s’agira de la deuxième usine de CAF en France, puisqu’elle possède déjà une usine à Bagnères de Bigorre. Le tramway Urbos de CAF a remporté le marché de Montpellier sur base de critères tant techniques que financiers. « Au total, plus de 1 000 pages de mémoires techniques par offre ont été décryptées par l’ensemble des Directions de TaM. Un travail conséquent, qui a fait l’objet de près de 400 questions techniques et administratives pour chaque candidat, a permis à chacun d’entre eux de déposer son offre définitive le 21 février 2022 », précise Montpellier Méditerranée Métropole.
(source : Ville, Rail & Transport)

Durabilité
Europe : comment les chemins de fer s’efforcent de devenir plus durables – Comme les événements récents l’ont montré, les chemins de fer souffrent souvent des aléas climatiques, tels que les inondations, les glissements de terrain dramatiques ou simplement la chute d’arbres et d’objets sur les voies. Cela a conduit les gestionnaires d’infrastructures à prendre des mesures d’urgence et parallèlement à élaborer des plans de prévention. Mais la durabilité dans le secteur ferroviaire ne signifie pas seulement prendre des mesures préventives contre les conditions météorologiques extrêmes. C’est aussi produire des services ferroviaires de manière beaucoup plus durable, ce qui est un programme à long terme. Ainsi Infrabel qui a produiit des traverses « vertes » : au lieu de 1400 degrés, le béton au soufre ne nécessite qu’une température de 140 degrés pour façonner la traverse. La production de CO2 est ainsi fortement réduite. Ainsi aussi de nouvelles méthodes en génie civil permettant d’excaver moins de terres sur le grand chantier HS2, la ligne nouvelle britannique. Ainsi aussi de produire – et d’adapter – des wagons pour les rendre plus silencieux, plus économes en énergie et plus économiques que ceux utilisés jusqu’à présent. Des composants innovants font également partie de la durabilité du chemin de fer. Moins il y a d’usure, moins il y a de pièces à remplacer. Les pièces innovantes doivent elles-mêmes être produites dans un souci de durabilité.
(source : Railtech.com)

Trafic fret
Belgique : Medway arrive en Belgique avec ses premiers trains – En mars dernier, le gestionnaire du réseau ferroviaire belge, Infrabel confirmait l’arrivée de l’opérateur Medway via une procédure pour décrocher son certificat de sécurité. Les choses n’auront apparemment pas traîné puisque les premiers trains de ce dixième opérateur de fret ferroviaire en Belgique sont déjà annoncés. Rappelons que Medway est à l’origine une société créée au Portugal par le géant maritime MSC. Medway Portugal a repris l’intégralité du fret ferroviaire de ce pays. Les choses se sont ensuite développées en Italie où une SRL a été créée là aussi depuis plusieurs années. Récemment, Medway a créé une filiale à Anvers, en Belgique, avec logique. MSC est en effet un grand client du port scaldien depuis des lustres. Medway Belgium, qui relève de Medway Italia, permettra l’expansion terrestre de MSC en Europe du Nord. Les opérations vont progressivement démarrer avec comme première étape la reprise des navettes MSC entre Anvers et les terminaux de l’arrière-pays allemand tels Neuss, Francfort, Germersheim ou encore Wörth. Les premiers trains sont attendus ce mois de juillet. Dans une deuxième phase, le portefeuille sera élargi avec d’autres flux existants et de nouveaux projets via le réseau MSC.
(sources diverses)


Allemagne : bons résultats pour l’opérateur Kombiverkehr – Au cours de l’exercice 2021, Kombiverkehr a enregistré une hausse de 9,3 % et un total de 937 959 envois de camions, soit 1,88 million d’EVP acheminés par le rail. Cela correspond à un total de 22,16 millions de tonnes brutes. La production de transport s’est améliorée de 10,2 % pour atteindre 18,46 milliards de tonnes-kilomètres, les envois ayant été transportés sur une distance moyenne de 833 km. L’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 421,9 millions d’euros en 2021. Des gains significatifs ont été réalisés dans les domaines d’activité du transport national et international. Parmi les clés de ce succès figurent les nouveaux services sur le corridor Allemagne/Benelux – Italie via la Suisse, ainsi que les nouvelles options d’acheminement via le centre de transfert rapide MegaHub Hanover Lehrte. Le domaine d’activité le plus important de l’entreprise est actuellement la qualité du service, en étroite collaboration avec les opérateurs ferroviaires, afin de pouvoir continuer à proposer le transport combiné comme la solution de transport la plus respectueuse du climat pour les entreprises de logistique, l’industrie et le commerce en Allemagne et en Europe, conformément aux exigences du marché. En outre, une stabilisation aux coûts de l’électricité visait à amortir la pression financière croissante sur les utilisateurs intermodaux et à fournir une compensation financière du côté des clients. Les secteurs d’activité internationaux ont connu des évolutions diverses. Alors que l’Europe de l’Est et de l’Ouest a enregistré des gains significatifs, les volumes d’envois en provenance et à destination de l’Europe du Nord ont connu une baisse de 2,3 %. Dans la région de marché de l’Europe du Sud, Kombiverkehr a pu rattraper les légères pertes de l’année précédente. La région de vente Benelux-Italie, nouvellement installée en 2021, a enregistré plus de 34.000 envois à la fin de l’année. A partir de l’automne 2022, un nouveau portail client doit faciliter l’accès au transport combiné et à la manutention des transports intermodaux et le rendre encore plus transparent.
(source : communiqué de presse)


Grande-Bretagne/Allemagne : une liaison intermodale de Londres – Cologne dès septembre – D’après IRJ, un service intermodal direct reliant Barking, dans l’est de Londres, à Cologne devrait être mis en place en septembre via le tunnel sous la Manche. Ce service sera au départ tri-hebdomadaire et est lancé par Eurotunnel et Ecco, en collaboration avec les opérateurs de fret TX Logistik et Mercitalia, deux filiales du groupe ferroviaire italien FS. C’est DB Cargo UK qui prendra en charge les trains de Barking à Calais via la HS1 et le tunnel sous la Manche, tandis que de Calais à Cologne, c’est Lineas qui fera le trajet. L’idée est en fait de pouvoir poursuivre le voyage jusqu’à Vérone en Italie, avec changement de train. Le service permet en effet de transporter des semi-remorques en utilisant le système breveté NiKrasa, qui est un bac dans lequel s’insère la semi-remorque. L’ensemble est ensuite placé sur wagons poches. Cette technique permet d’accepter – selon les chiffres de TX Logistics -, 90% des semi-remorques routières qui n’ont pas les renforts et points d’ancrage pour être soulevées par reach stacker ou portiques. Cette collaboration de divers partenaires ouvre des perspecticves intéressantes en matière de flux intermodaux des semi-remorques, qui n’existaient pas jusqu’ici. Par ailleurs, ce trafic engendrera des péages d’accès qui donneront des revenus tant à HS1 (un propriétaire privé) qu’à Eurotunnel, qui recherchait des relais de croissance et qui veut booster le trafic fret dans son tunnel, assez faible jusqu’ici. Le belge Lineas s’installe ainsi comme prestataire important entre la Manche et le Rhin.
(source : International Railway Journal)


France/Espagne : LFP Perthus confirme l’arrivée d’un nouveau trafic UIC à partir de 2023 – La société gestionnaire du tronçon ferroviaire international à écartement UIC entre Perpignan et Figueras, LFP Perthus, a confirmé la demande de sillons pour les nouveaux services de fret ferroviaire prévus sur sa ligne dès 2023. Pour des raisons de confidentialité, LFP Perthus n’a pas donné plus de détails, mais ont confirmé que ces compagnies utiliseront de nouvelles locomotives. En outre, au fur et à mesure de l’augmentation du trafic, LFP Perthus révisera tous ses tarifs à la baisse, une mesure qui s’ajouterait à la remise actuelle sur les services de courte distance (moins de 750 kilomètres). Bien que les services de courte distance ne soient pas assurés pour le moment, LFP Perthus assure qu’il maintiendra le tarif « afin de rendre le chemin de fer plus compétitif » et d’attirer ce type de liaisons grâce à son infrastructure. Au cours des derniers mois, le trafic hebdomadaire aller-retour n’a cessé de croître : « La tendance est très nettement à la hausse, la demande est importante et augmente », souligne la compagnie. La reprise du service VIIA vers Barcelone, ainsi que l’augmentation de la fréquence en juin à trois voyages par semaine, « a généré une augmentation significative ». De même, le LFP Perthus affirme que « le service Hupac a également augmenté ». Dans le même temps, la société hispano-française (Adif et SNCF) a fait remarquer que « les trains sont plus pleins et le poids moyen des trains augmente ».
(source : El Mercantil)

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La prochaine livraison aura lieu après une bonne pause estivale, le 31 août 2022

La quinzaine de Rail Europe News – Newsletter 073

Du 1er au 14 juin 2022

Par Frédéric de Kemmeter – Signalisation ferroviaire et rédacteur freelance – Inscrivez-vous au blog
15/06/2022

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Politique des transports
Allemagne : des mesures fortes pour résorber les goulots d’étranglement – Richard Lutz, CEO de la DB, s’est prononcé en faveur d’un changement de paradigme dans l’infrastructure, compte tenu de la forte augmentation de la demande en trafic voyageurs et marchandises et d’un réseau ferroviaire à la fois très sollicité et sujet aux pannes. Lors d’une conférence de presse téléphonique lundi à Berlin, il a qualifié l’assainissement du réseau ferroviaire de tâche centrale pour les années à venir. L’élaboration détaillée du concept et les étapes concrètes de mise en œuvre dans les prochaines années seront abordées en étroite collaboration entre l’État fédéral, les chemins de fer et l’ensemble du secteur. L’objectif est de créer une infrastructure d’intérêt général d’un seul tenant. Pour rendre le réseau ferroviaire allemand apte à la croissance et au transfert modal, l’accent devrait être mis sur la révision des tronçons les plus utilisés. Richard Lutz a notamment évoqué les 3.500 kilomètres de voies (1.750 km de lignes, donc), où l’utilisation moyenne des capacités est de 125 %, passant à plus de 150 % lorsque les travaux sont en cours. « La situation actuelle de l’exploitation montre de manière aussi claire que douloureuse que nous sommes confrontés à un dilemme difficilement soluble à court terme : Croître et moderniser en même temps n’est plus possible avec une bonne qualité d’exploitation et une bonne ponctualité pendant trop de jours et sur trop de corridors. Toutes les entreprises de transport ferroviaire, et donc tous les passagers, les autorités organisatrices et les clients du transport de marchandises, en ressentent les effets massifs. Nous en sommes conscients ». Le CEO pense que la réponse réside dans le regroupement des projets de construction des prochaines années. Bien que cela impliquera des fermetures de voies de plus longue durée, il a déclaré que celles-ci seraient associées à une planification préalable améliorée avec une plus grande fiabilité.
(Source : communiqué de presse DB)
Voir aussi notre sujet : le train écolo, c’est aussi des travaux !

Belgique : le rail aurait besoin de 3,4 milliards d’euros supplémentaires – La SNCB et Infrabel demandent 3,4 milliards d’euros au gouvernement en dix ans pour financer les plans d’investissements et financiers à dix ans décidés par les deux sociétés ces derniers jours, relatent samedi L’Echo, Le Soir, De Tijd et De Standaard. Infrabel estime avoir besoin de 200 millions d’euros de plus par an au niveau des investissements (la dotation est aujourd’hui de 926 millions) et de 100 millions de plus par an pour ses dépenses opérationnelles, soit un total de 3 milliards sur 10 ans. De son côté, la SNCB a une demande similaire pour 400 millions d’euros sur 10 ans, soit 3,4 milliards au total pour répondre aux ambitions gouvernementales. Les deux sociétés du rail belge ont remis au gouvernement leur plan d’investissement respectif. Celui d’Infrabel s’établit à 11,6 milliards sur la période 2023-2032, quand celui de la SNCB s’établit de son côté à 8,6 milliards.
(Sources diverses)

Grande-Bretagne : Network Rail, 20 années sous le contrôle de l’État britannique – ANALYSE – Depuis vingt ans, le réseau ferré britannique est géré par un organisme qui dépend de l’État, du nom de Network Rail. À l’avenir, un nouvel organisme devrait prendre le relais mais le réseau est bien une entité gérée par le gouvernement. Le 3 octobre 2002, Network Rail remplaçait Railtrack, une société à l’origjne de nombreux accidents. Dans de nombreux écrits actuels il est encore fait mention de l’époque Railtrack alors que cela fait 20 ans que le réseau ferré britannique est de fait dirigé par le gouvernement, au travers du Department of Transport. En 2014, l’Office for National Statistics annonçait son intention de reclasser Network Rail en tant qu’organisme gouvernemental dans les comptes nationaux et les finances du secteur public du Royaume-Uni. Il s’agissait d’un changement statistique motivé par de nouvelles directives dans le système européen des comptes nationaux 2010 (SEC10). Aujourd’hui, le projet Great British Rail (GBR) est en cours d’élaboration. La « nationalisation » des services ferroviaires en Ecosse et au pays de Galles ne signifie pas qu’on a tout réunifié comme au bon vieux temps de British Rail. Le réseau reste bien une entité séparée. Comme indiqué plus haut, cette nouvelle gouvernance n’a pas mis davantage d’argent pour le rail, malgré les promesses de décarbonation et la COP 26 de Glasgow. Le rail britannique doit au contraire tenir compte d’un nouveau contexte peu favorable. Il y a moins de gens dans les trains qu’avant 2020 et dans les cercles politiques, on fait comprendre que le rail a été bien soutenu durant la pandémie avec « une pluie de milliards ». Sous-entendu : l’argent public n’est pas sans limites…
(Source :Mediarail.be)

Suède : réaménager la liaison Göteborg-Oslo – Le gouvernement suédois a chargé Trafikverket, en collaboration avec la direction norvégienne des chemins de fer en Norvège, de mener une étude sur l’augmentation de la capacité et de l’accessibilité ferroviaire sur l’itinéraire Göteborg – Oslo. La deuxième ville de Suède est en effet mal reliée à la capitale norvégienne, distante d’à peine 300 kilomètres. Actuellement, 4 trains Intercity effectuent le parcours en 3h44. Dans le cadre de cette mission, Trafikverket consultera les régions et les villes concernées ainsi que d’autres parties prenantes. Le point de départ sera d’enquêter sur les lacunes restantes signalées par Trafikverket dans son rapport « Utpekad bristanalys : Göteborg-Oslo, kapacitetsproblem och lange reistider », déposé l’an dernier. La mission comprend également une analyse approfondie des conditions et des possibilités de cofinancement des mesures gouvernementales par les villes, les régions ou les entreprises. Les mesures seront financées dans le cadre déterminé par le Riksdag (le parlement suédois) dans un projet de loi sur les infrastructures suite à une proposition du gouvernement. Il s’agit en priorité de voir quels seraient les types de financements selon la nature des travaux à effectuer. Les résultats de la mission devront être communiquée au ministère de l’infrastructure avant le 1er octobre 2023.
(Source :communiqué Regeringen.se)

Trafic grande ligne
France : Trenitalia Paris-Lyon-Milan, l’offre est désormais complète – L’offre du TGV italien, le ‘Frecciarossa’ de Trenitalia, propose dorénavant deux allers-retours quotidiens supplémentaires, portant à cinq les relations entre au moins Paris et Lyon, deux de ces allers-retours poursuivant jusqu’à Milan via Modane et Turin. Sur le trafic international, avec la chute des restrictions Covid en Italie, le taux d’occupation atteindrait les 93% selon Roberto Rinaudo, patron de Trenitalia France. À la question d’une remontée des prix et du pourquoi de la présence finalement de Trenitalia sur les rails français si on fait la même chose que la SNCF, Roberto Rinaudo déclare que « nous sommes complémentaires à la SNCF. Notre politique est basée sur la qualité du service et une politique de pricing basée sur une très haute valeur qualité/prix ». Quant à savoir s’il y aura d’autres développements, Roberto Rinaudo reste prudent et veut d’abord consolider et analyser le comportement du marché français, mais n’exclut pas d’autres relations. Trenitalia utilise pour son développement français 5 rames Frecciarossa 1000 de Hitachi Rail (lequel a racheté AnsaldoBreda ainsi que le pôle grande vitesse de l’ex-Bombardier). Ces rames sont aptes à rouler sur SNCF-Réseau et récemment, une commande de 14 autres rames devrait venir garnir cette flotte, ce qui indique clairement que Trenitalia s’installe pour de bon dans le paysage ferroviaire français et ne fera pas que de la figuration. Avec ses autres développements en Espagne, on peut dire que Trenitalia s’européanise doucement, tandis qu’Hitachi Rail dispose maintenant d’un matériel roulant à grande vitesse apte dans trois pays. On peut déjà parier que ni l’un ni l’autre ne vont s’arrêter là…
(Voir l’interview intégrale du patron Roberto Rinaudo sur France Info)

Infrastructure
Belgique : Une attention accrue quand on traverse un passage à niveau à cheval – Le 9 juin dernier, à l’occasion de la journée mondiale de sensibilisation aux passages à niveau, Infrabel et les associations équestres appellaient à la vigilance en raison d’une faible tension électrique qui circule dans les voies. Et il y a de bonnes raisons. Du courant circule presque toujours dans les les voies. Le courant qui traverse la voie a donc théoriquement une tension de 0 volt. Mais en réalité, les rails eux-mêmes ont une certaine résistance. Par conséquent, il y a toujours une faible tension électrique sur la voie. Des recherches ont montré que les chevaux sont sensibles à partir de 5 volts. La tension de la voie dépend principalement du volume du trafic ferroviaire et pas tellement de la proximité immédiate d’un train. En marchant sur un rail, il peut ressentir un petit choc et prendre peur. Des chutes de cavalières et cavaliers ont déjà eu lieu. Le réseau ferroviaire belge compte près de 3.600 km de lignes et près de 1.650 passages à niveau. Le réseau Infrabel est l’un des plus denses d’Europe. Par ailleurs, il existe des centaines de kilomètres de pistes à chevaux en Belgique. 350.000 chevaux sont officiellement recensés en Belgique pour environ 100.000 cavaliers. Avec 11 chevaux par km², la Belgique aurait ainsi la plus forte densité de chevaux au monde !
(Source :Railtech.be)

Italie : comment Gênes va désengorger son réseau ferroviaire étriqué – ANALYSE – Accueillir le train à grande vitesse et fluidifier à la fois le trafic régional ainsi que le fret ferroviaire international implique à Gênes (575.000 habitants), la mise en oeuvre de deux projets distincts, mais intimement liés. Le projet Terzo Valico qui consiste à rajouter une troisème ligne (en jaune) aux deux déjà existantes. Cette ligne sera mixte grande vitesse/fret et comportera le plus long tunnel ferroviaire d’Italie. Le projet Nodo di Genova qui est complémentaire et qui consiste en une reconfiguration des voies entre les deux grandes gares génoises pour obtenir une séparation optimale des flux grande ligne/régionaux/fret. Une des priorités est d’être relié au projet Lyon-Turin et d’en faciliter les accès pour les flux vers la France, la Grande-Bretagne mais aussi le Benelux. L’autre priorité est d’accéder rapidement à la grande vitesse et à Milan. Cet article se propose de faire le tour de ces deux grands chantiers dans une ville qui a la particularité physique d’être très encaissée.
(Source :Mediarail.be)

Leasing
France : Akiem et la Banque des Territoires forment le consortium TerriTrains – La société de leasing Akiem et la Banque des Territoires ont formé le consortium TerriTrains pour proposer des services de financement et de gestion de matériel roulant aux pouvoirs publics et aux opérateurs ferroviaires dans le cadre de l’ouverture à la concurrence du marché français des voyageurs. Cette alliance entre la Banque des Territoires et Akiem permettrait à l’État et aux Régions de bénéficier des compétences en matière de matériel roulant ferroviaire d’une entreprise leader dans son domaine, tout en ayant l’assurance d’une prise en compte des enjeux d’intérêt général. TerriTrains offrira un accès à un financement externalisé via des contrats de location à long terme ainsi qu’une expérience de gestion de flotte ferroviaire. Il interviendra sur l’ensemble de la chaîne de valeur du matériel roulant, de la supervision des appels d’offres à la gestion quotidienne de la flotte, en offrant des économies d’échelle et en clarifiant les responsabilités du propriétaire du véhicule, de l’autorité de transport et de l’exploitant. L’objectif est de développer une solution de leasing public-privé qui offre aux autorités organisatrices de transport le meilleur rapport qualité-prix possible, via un mécanisme pleinement professionnel, pérenne et transparent. C’est donc une solution pour les nouveaux opérateurs qui se plaignent des difficultés d’accès au matériel roulant alors que le marché ferroviaire s’ouvre à la concurrence. Akiem, actuellement mise en vente par la SNCF, dispose d’une expertise dans plus de 21 pays d’Europe avec près de 80 clients opérateurs ferroviaires de fret ou voyageur.
(Communiqué de presse)

Trafic fret
DPD Allemagne lance un projet pilote de transfert modal des petits colis – On le sait, les petits colis de l’e-commerce ont depuis longtemps délaissé les trains pour la route, réputée plus flexible pour ce type de marché très tendu. Mais le retour au rail semble se dessiner doucement chez certains prestataires. Ainsi l’allemand DPD souhaite transférer progressivement une plus grande partie de son trafic longue distance sur le rail. Le premier objectif intermédiaire est de faire passer dès l’année prochaine environ 5% des flux nationaux de DPD par train. Il s’agit en l’occurence de transport intermodal. DPD a démarré depuis le 30 mai un trafic de quelques conteneurs à placer sur un train existant de Kombiverkehr entre Hambourg et Duisbourg, dans le cadre d’un projet pilote. « L’entreprise acquerra une expérience précieuse et transférera progressivement une plus grande partie de son transport de colis longue distance vers le rail, » explique la direction. La dimension écologique est aussi argumentée. Lors de l’aller-retour entre Hambourg et Duisburg, chaque caisse mobile chargée des colis DPD émettra environ une tonne de CO2 en moins par rapport au transport routier pur. Cela correspond à une économie de plus de 80 %, explique le prestataire. Néanmoins, ce « simple » changement de transport implique également des changements importants dans les processus internes de l’entreprise. « C’est précisément dans ce domaine que nous voulons acquérir de l’expérience. Un moyen de transport supplémentaire signifie plus de complexité, et en même temps, nous voulons être sûrs de tenir nos promesses de service. » Ce qui signifie que ce test devra être concluant pour DPD, à un moment où le réseau ferré allemand souffre de nombreux problèmes de ponctualité et de capacités dus aux travaux et à la rénovation. Anke Förster, responsable de la planification et de l’optimisation du réseau DPD explique aussi que « c’est aussi une occasion idéale d’intégrer les spécificités du rail comme moyen de transport dans des services orientés client. » Le passage au rail peut aussi s’expliquer pour partie par les difficultés du secteur routier en matière de recrutement et de disponibilité des chauffeurs de camions. Un problème sur lequel on disserte peu mais qui fait doucement bouillir le secteur de la logistique de toute l’Europe.
(Source : communiqué de presse DB)

Suède : l’opérateur de fret Green Cargo investit dans le transport intermodal – Pour son plan de transport 2023, Green Cargo mise sur la croissance du transport intermodal avec un tout nouveau réseau. Grâce à une gestion rationalisée et intelligente des wagons, le réseau offrira une fréquence de transport accrue, des délais plus courts et une meilleure ponctualité. L’investissement créera les conditions d’une croissance du volume de fret de 2 millions de tonnes, ce qui correspond à 10 % du volume total de transport actuel de Green Cargo ou à un doublement du trafic intermodal existant. Un seul conducteur de locomotive peut transporter 40 à 50 unités intermodales (conteneurs ou semi-remorques), alors que 40 à 50 camions nécessitent un nombre équivalent de conducteurs routiers. Le tout dans un contexte de pénurie de conducteurs. Le plus grand potentiel de croissance du transport ferroviaire réside dans le trafic international, lequel est encore de nos jours exploités par des millions de trajets par camion longue distance en Suède. Des facteurs tels que la hausse des prix du carburant et la pénurie généralisée de chauffeurs en Europe ont fait grimper les taux de fret pour le transport routier longue distance. Cela a conduit à une demande accrue de transport intermodal. Dans le même temps, une demande se crée pour des transports plus locaux et sur plus courtes distances lorsque les marchandises voyagent entre deux terminaux intermodaux. Le potentiel de croissance est donc multiple mais l’opérateur de fret suédois mise aussi sur une panoplie complète de mesures comme l’allongement des trains et la digitalisation des procédures de composition des trains. Les objectifs de Green Cargo doivent évidemment avoir l’aval du réseau géré par Trafikverket et être approuvés par le Conseil d’Administration.
(Sources diverses)

Espagne : Renfe Mercancias lance un appel d’offre pour des locomotives à écartement UIC et ibérique – L’opérateur ferroviaire Renfe Mercancías a lancé l’appel d’offres pour la fourniture de 12 locomotives électriques de fret à écartement standard UIC (que les espagnols appellent « international »), ainsi que la fourniture et l’installation de l’ERTMS et leur maintenance, avec une valeur estimée à 178,5 millions d’euros et une période d’exécution de 226 mois. Ces unités seront destinées à l’exploitation du corridor méditerranéen et, comme elles sont éligibles dans le cadre du plan de relance, de transformation et de résilience de l’Espagne, elles doivent être disponibles d’ici 2025. Les nouvelles machines devront également pouvoir circuler sur l’écartement ibérique en changeant l’écartement des essieux et disposeront de tous les systèmes de signalisation et de sécurité ferroviaire pour circuler tant en Espagne et qu’en France (ERTMS, Asfa, KVB…). L’appel d’offres comprend une option supplémentaire de six autres locomotives,comprenant aussi la fourniture et l’installation de l’ERTMS. L’opérateur ferroviaire a déclaré en septembre 2021 que les nouvelles machines permettront « une plus grande capacité de charge et de meilleurs niveaux de fiabilité » et qu’elles seront « capables d’atteindre une vitesse maximale d’au moins 120 kilomètres par heure et de remorquer une charge d’au moins 1 800 tonnes sur des rampes de 18 ‰ à une vitesse minimale de 50 kilomètres par heure ».
(Source :El Mercantil)

Commande de locomotives et expansion en Espagne pour l’italien GTS – 14/06/2022 – Décidément ca roule pour l’opérateur italien GTS, un opérateur privé de transport ferroviaire intermodal basé à Bari, en Italie. L’entreprise annonce un investissement d’environ 74 millions d’euros pour l’acquisition de 20 locomotives électriques d’Alstom, modèle Traxx DC3 classées E494 en Italie. Il s’agit de la commande la plus importante pour le groupe, qui fait suite à la livraison de cinq autres unités de la même classe. Cette commande portera la flotte de GTS à 48 locomotives. Les locomotives seront fabriquées dans l’usine de l’ex-Bombardier de Vado Ligure, maintenant propriété d’Alstom depuis janvier 2021. « Nous renforçons notre partenariat de 10 ans avec Alstom », explique le PDG de GTS, M. Alessio Muciaccia. « Cette commande supplémentaire nous permettra d’avoir une flotte plus efficace et de proposer davantage de solutions aux clients. L’objectif est de transférer de grands volumes de marchandises de la route au rail, favorisant ainsi le transport à zéro émission directe grâce à la technologie électrique. ». Nouveauté aussi : l’intention de GTS de se développer sur le marché espagnol. « Avec la création de GTS Iberia, nous voulons créer de nouveaux flux de/vers l’Espagne et le Portugal à destination du Royaume-Uni, de la Belgique, de l’Italie et d’autres marchés, ce qui nous permettra de créer un nouveau et solide réseau de fournisseurs. Les secteurs que nous allons couvrir seront la pétrochimie, les denrées alimentaires et les entreprises de logistique de soutien qui ont besoin d’un transport douanier avec le Royaume-Uni », détaille Alessio Muciaccia. GTS connaît une dynamique de croissance : le chiffre d’affaires en 2021 consolidé à 132 millions d’euros, avec une marge d’Ebitda de 25,5 millions d’euros. Au cours des premiers mois de 2022, il a déjà enregistré +19% par rapport à la même période de l’année dernière.
(Source :Corriere.it)
À lire : L’italien GTS Rail investit dans son avenir

Technologie
Nouvelle phase en vue pour le train autonome d’Alstom en Allemagne – Le projet de recherche sur les trains régionaux automatisés en Basse-Saxe entre dans une nouvelle phase. En collaboration avec le Centre allemand pour l’aéronautique et l’astronautique et l’Université Technique de Berlin (TU Berlin), Alstom a entrepris le développement de solutions techniques pour numériser progressivement le transport ferroviaire de passagers en Allemagne. Le projet en cours explorera les possibilités d’automatisation du transport régional de passagers par le biais du système européen de contrôle des trains ETCS. L’autorité organisatrice de transport de Basse-Saxe (LNVG) soutient le projet et fournira deux trains régionaux pour les tests. La conduite automatisée sera testée sur des lignes ferroviaires du nord de l’Allemagne. Alors que le ministère fédéral de l’économie et de la protection du climat (BMWK) soutient le projet de recherche sur l’automatisation, le ministère de l’économie de Basse-Saxe finance à hauteur de 5,5 millions d’euros l’équipement nécessaire aux deux véhicules d’essai. Pour ces essais, de nouveaux systèmes de conduite autonome seront développés dans une première phase. Il s’agit notamment de la reconnaissance des signaux latéraux, qui doit permettre de reconnaître et d’interpréter les signaux de circulation ferroviaire installés le long des voies. En outre, le train devra être capable de détecter les obstacles présents sur la voie. En cas de dysfonctionnement, le train sera commandé à distance ou piloté par l’accompagnateur du train. Alstom a déjà démontré lors de projets pilotes dans d’autres pays (dont la France) qu’il est possible de mettre en œuvre ces systèmes de conduite autonome et de contrôle à distance des trains. Le projet déterminera si le cadre réglementaire existant pour l’exploitation automatisée des trains (ATO) pourrait être adapté en Allemagne. Il permettra ensuite de déterminer quels tests et résultats sont nécessaires pour démontrer le respect des normes de sécurité lors de la conduite autonome de trains de passagers en Allemagne. Dans une deuxième phase, la conduite automatisée se déroulera dans des conditions réelles au sein d’un laboratoire grandeur nature. Les nouveaux systèmes seront installés dans deux rames de l’opérateur LNVG pré-équipées du système ETCS et testées en exploitation. Les résultats du développement et de l’exploitation permettront de préparer l’homologation ultérieure de trains entièrement autonomes et de poursuivre l’automatisation du transport régional.
(Communiqué de presse)

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Prochaine livraison : le 29 juin 2022

La quinzaine de Rail Europe News – Newsletter 072

Du 18 au 31 mai 2022

Par Frédéric de Kemmeter – Signalisation ferroviaire et rédacteur freelance – Inscrivez-vous au blog
01/06/2022

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Édito
On a encore parlé des trains grande ligne ces deux dernières semaines. Il y a d’abord cette relance des trains entre Athènes et Thessalonique, un réseau dont on parle si peu, mais c’est vrai qu’il ne s’y passe pas souvent grand-chose. Depuis le 14 septembre 2017, c’est une filiale de Trenitalia qui opère les services ferroviaires sur le sol grec avec le rachat du chemin de fer par le groupe public italien. C’est modeste, avec deux allers-retours en un peu moins de 4 heures, mais c’est significatif dans un pays qui fut jadis une ruine d’une part, et par le fait que ce soient les Italiens qui prennent en charge cette relance, d’autre part. On a remis en selle un service de train avec des ETR470 que les Suisses ont jadis détestés au temps de Cisalpino, mais qu’Alstom a maintenant remis en ordre de marche en tenant compte des échecs passés. Les Italiens savent de quoi ils parlent en matière de train grande ligne. Ils fêtent ce mois-ci les 30 ans de la grande vitesse en Italie, laquelle a connu maintes péripéties avant d’avoir à offrir 314 kilomètres de ligne nouvelle construits en quasi 22 ans ! Depuis 1992, les choses et les trains ont changé. Trenitalia opère des Frecciarrossa dernier cri qui font maintenant sa renommée à l’international, tant en France que bientôt, en Espagne. On vous raconte tout cela en détails dans notre dernière analyse. L’actualité était aussi à Londres, avec l’ouverture tant attendue de Crossrail – rebaptisé Elisabeth Line -, un mega projet de RER Est-Ouest passant sous la capitale britannique et reliant – enfin -, la fameuse City ainsi que le quartier d’affaires de Canary Wharf, à l’aéroport de Londres Heathrow. Ce RER s’étend plus loin que cela mais ce sera pour un peu plus tard. Un projet qu’on vous détaille en long et en large dans une de nos analyses spéciales. On retiendra aussi les petites attentions qui peuvent booster la fréquentation du rail, mise à mal un peu partout en Europe ces deux dernières années. En Suède, vous avez droit à un café inclus dans le prix de la première classe. Boisson à prendre en gare et non à bord, mais c’est toujours bien venu dans un pays où il fait glacial une bonne partie de l’année. À l‘origine il s’agissait d’un test, mais son succès fut tel que cela devînt permanent. En cette période post-pandémique, on le voit, le rail n’est pas à terre mais doit composer avec une nouvelle façon de se déplacer. On prend moins le train aux heures de pointe mais on se déplace davantage pour les loisirs. C’est nouveau. On verra dans les années qui viennent si cela restera structurel. Une certitude : il ne suffit pas de proclamer que le train est écolo et que l’auto et l’avion, c’est mauvais pour la planète. Ca ne parle qu’à une minorité si on en croit les projections de vacances de nos concitoyens cet été. Il faut continuer à investir, non seulement dans le recrutement efficace, dans la technique et probablement encore dans le béton, mais surtout aussi dans le service et la qualité, comme veut le faire Midnight Trains en France, pour faire du train la « colonne vertébrale » du transport décarboné qui donne envie de prendre le train. Ne soyons pas naïfs, en dehors des exemples énoncés ci-dessus, il y a encore pas mal de travail à faire…

Politique des transports
Espagne : quatre entreprises lancent l’association espagnole des opérateurs de passagers – L’opérateur indépendant à grande vitesse Iryo, les chemins de fer régionaux FGC et Euskotren, et l’opérateur historique national RENFE ont uni leurs forces pour lancer une association nationale d’opérateurs de trains de voyageurs. L’Asociación Española de Empresas Ferroviarias de Viajeros vise à fournir un porte-parole unique pour le secteur du transport ferroviaire de voyageurs et à défendre les avantages environnementaux et sociaux du rail. D’autres objectifs incluent la mise en œuvre de changements politiques et législatifs qui soutiendraient le transfert modal de la route et de l’air vers le rail. Les tâches les plus urgentes de l’AEEFV seront de poursuivre les mesures visant à réduire l’impact de la pandémie de coronavirus sur les voyages en train et de résoudre le problème de la hausse des coûts de l’énergie. Sur le marché de la grande vitesse, l’un des objectifs est de voir le barème actuel des redevances d’accès aux voies modifié dans le sens d’un développement de l’achalandage. L’objectif est d’augmenter l’achalandage global à grande vitesse à travers tous les types de services et opérateurs à 50 millions de passagers par an ; ce serait 20 millions de plus que le total transporté au cours des années précédant immédiatement la pandémie.
(Source : Railway Gazette)

Ukraine : une volonté de passer progressivement à l’écartement UIC 1.435mm ? – L’Ukraine, pays en guerre comme on le sait, semble vouloir impérativement tourner le dos à tout ce qui représente la Russie. Un des symboles qui ramène à une nation désormais considérée comme hostile est l’écartement des voies ferrées : l’Ukraine dispose d’environ 21.600 km de lignes à l’écartement russe 1.520mm, héritage de l’ancienne Union soviétique et de ses successeurs. Un écartement également adopté par la Finlande, les états baltes, la Biélorussie ou encore la Moldavie. Annonçant une série de mesures infrastructurelles et réglementaires visant à intégrer plus étroitement l’Ukraine aux réseaux de transport de l’Union européenne, le Premier ministre ukrainien Denys Shmyhal a déclaré que son pays allait commencer la construction progressive de voies ferrées conformes aux normes européennes. En cause : les exportations agricoles qui sont normalement acheminées par voie maritime via les ports de la mer Noire, mais qui subissent en ce moment un blocus de la Russie dans le cadre de son invasion du sud et de l’Est de l’Ukraine. L’idée serait de se passer des ports et de se tourner vers l’Europe pour exporter notamment le blé. Les différences d’écartement entre les 1.520mm ukrainiens et les 1.435 mm UIC en Pologne, Slovaquie, Hongrie et Roumanie nécessitent un transbordement d’un train à l’autre ou l’utilisation de matériel roulant spécial pour le changement d’écartement plutôt que de wagons standard largement disponibles. La mise aux normes UIC du réseau ukrainien pourrait éviter ces transbordements. Cependant, un programme de conversion à grande échelle à l’écartement UIC serait une entreprise majeure et prendrait des années.
(Source : Railway Gazette)
Voir aussi notre page spéciale sur les différents écartements des voies en Europe

La grande vitesse italienne fête aussi ses 30 ans – 2022 est décidément une année anniversaire pour la grande vitesse européenne. C’est en effet fin mai 1992 que l’Italie entrait elle aussi dans le club fermé des opérateurs de trains à grande vitesse. L’Italie exploitait en réalité depuis 1977 une ligne nouvelle destinée à la grande vitesse, faisant du pays le premier réseau européen sur ce créneau. L’ouverture fin 1977 d’une première section de ligne nouvelle appelée Direttissima entre Florence et Rome permet à l’Italie de se revendiquer comme étant le premier pays européen à avoir ouvert une ligne nouvelle dédiée à la grande vitesse. Diverses vicissitudes, tant politiques qu’économiques, allongèrent profondément les délais de construction et ont parfois mis en doute le choix des italiens. En 1992, la seconde section était mise en exploitation, coïncidant cette fois avec la mise en route de l’ETR500, un train à grande vitesse novateur et encore jamais vu en Italie. À partir de ce moment-là, et en parallèle avec une profonde restructuration de l’opérateur public FS qui devient un « groupe » (le Groupe FS), la grande vitesse italienne va doucement devenir une référence. Elle le sera encore avec l’arrivée inédite d’un concurrent en avril 2012 (qui fête lui-même ses 10 ans cette année). Vécu à l’origine comme une menace, la concurrence ferroviaire entre deux acteurs ne fait plus débat de nos jours. Cette concurrence semble même avoir plutôt été un stimulant pour que Trenitalia s’améliore et devienne plus axée sur les clients. La génération Z a retrouvé le chemin des gares et déserté les vols courts.
(Davantage de détails dans cette analyse de Mediarail.be)

Trafic grande ligne
France/Allemagne : un TGV direct de Paris à Berlin en 2023 ? – Un TGV Paris-Berlin pour fin 2023. C’est l’annonce faite ce matin par le patron de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, en déplacement à Strasbourg pour fêter 15 ans de coopération franco-allemande à grande vitesse. Le PDG de Bahn, Richard Lutz, et le président de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, ont signé un accord pour étendre les liaisons à grande vitesse entre les deux pays qui ont débuté en 2007. Cette nouvelle liaison serait lancée à l’aide des trains à grande vitesse ICE allemands, du constructeur Siemens. Au départ, il devrait y avoir un aller-retour par jour sur cette liaison qui passerait par Francfort et non Bruxelles. L’exploitation se ferait dans ce cas-ci « en partenariat » entre la SNCF et la Deutsche Bahn avec des ICE allemands, a précisé Alain Krakovitch, directeur TGV-Intercités à la SNCF. Une deuxième connexion devrait être ajoutée ultérieurement. « Nous constatons que les gens sont prêts à faire des trajets en train plus longs », a déclaré Jean-Pierre Farandou à Strasbourg. « Il y a quelques années, nous aurions trouvé cela trop long et craignions que personne ne l’utilise », a-t-il ajouté. Mais cela semble avoir changé. » La liaison la plus rapide entre Paris et Berlin est actuellement d’environ huit heures et demie, mais elle peut aussi prendre beaucoup plus de temps selon les trains à prendre.
(Source diverses)

France : Midnight Trains lancera ses trains de nuit pour la mi-2024 – Midnight Train est à la base une startup française co-fondée par Adrien Aumont, ex co-fondateur de KissKissBankBank et Romain Payet. Cette entreprise ferroviaire se veut être l’antidote à l’uniformité ferroviaire, et se propose de réinventer les grands express nocturnes pour répondre aux besoins d’écomobilité internationale d’aujourd’hui et de demain. Le premier train de nuit devrait ainsi quitter Paris le 1er juin 2024 en direction de Venise via Milan, Brescia et Vérone, renouant, mais avec un tout autre confort, au train de nuit vers Venise exploité jusqu’en 2020 par feu Thello (Trenitalia). La startup ferroviaire ne devrait cependant pas s’arrêter à l’Italie puisqu’elle envisage aussi des liaisons entre Paris et Nice ainsi qu’entre Paris et Barcelone, ces deux dernières relations étant prévues pour décembre 2024. L’entreprise semble sérieuse dans ces projets puisqu’au-delà des fondateurs, on trouve notamment dans le ‘staff’ Franck Gervais, ex-patron de Thalys (et du groupe hôtelier Accor), ainsi qu’Odile Fagot (SNCF, SNCF Réseau, Akiem, Eurostar). Des personnes qui, outre un solide réseau de relations, savent de quoi on parle quand il s’agit de trains. Xavier Niel, à travers son fonds Kima Ventures, ferait également partie des investisseurs. Se lancer dans les trains comporte plusieurs défis au niveau du matériel roulant. Elle cherche à s’en procurer, mais il ne s’agirait pas d’acquérir n’importe quoi étant donné les standards élevés attendus à bord. Il existe diverses options.
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Grèce : Athènes-Thessalonique en quatres heures avec l’ETR 470 italien – Les voyageurs pourront rejoindre Thessalonique depuis Athènes en moins de quatre heures à bord du ‘Silver Arrow’, un train géré avec l’aide de Trenitalia. Il faut peut-être avant toute chose planter le décor : TrainOSE S.A. est une société ferroviaire grecque, qui gère l’ensemble des trains voyageurs et fret sur le réseau ferré grec. Cet opérateur ferroviaire très mal en point, qui devint dès 2008 une société d’État indépendante, fut privatisée en mars 2016 à la suite des gros problèmes financiers de la Grèce dont on a tant parlé. L’opérateur public italien Ferrovie dello Stato Italiane (groupe public FS détenant Trenitalia) a fait une offre d’achat et remporta la société grecque pour 45 millions d’euros. C’est donc une filiale de Trenitalia qui opère les services ferroviaires sur le sol grec depuis le 14 septembre 2017. Les nouveaux propriétaires avaient annoncé leur intention d’investir plus d’un demi-milliard d’euros en Grèce dans la période à venir. Le ministère grec des transports a accepté de subventionner l’entreprise italienne à hauteur de 50 millions d’euros par an pour l’exploitation de certaines liaisons, comme prévu dans un contrat d’obligations de service public (OSP). Parmi les projets, la réduction du temps de parcours entre les deux premières villes du pays, soit dans un premier temps descendre à 4h30 sur les 502 kilomètres séparant Athènes de Thessalonique. Il fallait cependant rénover l’infrastructure et y faire rouler des trains modernes, sans que l’on parle vraiment de grande vitesse.
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Service client
Suède : une tasse de café en gare si vous voyager en première classe – Au début de l’année, l’opérateur public suédois SJ a essayé d’inclure une tasse de café, de thé ou de chocolat inclus dans l’abonnement mensuel SJ ou un billet simple en 1ère classe sur la ligne Uppsala-Stockholm. Il s’agit d’une offre en gare, pas dans les trains. La réaction des passagers a été si forte que l’essai s’est transformé en offre de service permanente. Concrètement, les détenteurs d’un billet ou d’un abonnement 1ère classe recoivent un SMS avant le voyage avec un code QR à échanger contre une boisson dans n’importe quelle boutique Pressbyrån des gares de Stockholm ou d’Uppsala. Les voyageurs munis d’un abonnement mensuel reçoivent ce code la veille du début de la période de l’abonnement tandis que les voyageurs munis d’un billet simple le recoivent le jour même. « Les SJ s’efforcent constamment de trouver des améliorations et des simplifications pour nos voyageurs. Il est gratifiant de constater ce qu’une tasse de café peut signifier de si important pour l’expérience client », explique Klara Sjölén, responsable produit et concept pour les trains régionaux de SJ.
(Source : communiqué de presse SJ)

Trafic régional
Grande-Bretagne : le projet Crossrail sous Londres enfin ouvert au public – Crossrail est le nom d’un projet ferroviaire de ligne Est-Ouest passant en grande partie en souterrain sous Londres. Approuvée en 2007, la construction a commencé en 2009 sur la section centrale et les connexions aux lignes existantes en dehors de Londres. La ligne totale s’étend sur 100 kilomètres, dont 42 en tunnels, et relie entre elles 41 gares. Cette ligne nouvelle à deux voies traverse Londres entre la gare de Paddington et Stratford, et passe sous les quartiers de Farringdon, de la City et de Liverpool Street. Le quartier d’affaire mondial est maintenant doté de sa propre gare et est ainsi relié en direct aux terminaux T2, T3, T4 et T5 de l’aéroport d’Heathrow. L’ensemble de cette ligne souterraine a pris maintenant le nom de ‘Elizabeth Line’ et c’est Transport for London (TfL) qui va exploiter l’ensemble, via MTR Corporation (Crossrail) Ltd en tant que concession pour le compte de TfL. Les 22, 2 milliards d’euros du projet proviennent d’un financement de TfL et de la Greater London Authority. Les entreprises de Londres ont également payé une taxe Crossrail. Heathrow et Canary Wharf ont également contribué au projet tandis que le reste provenait du gouvernement britannique.
(Une présentation plus détaillée est à lire dans cette analyse de Mediarail.be)

Leasing
Espagne : l’opérateur espagnol Renfe doit changer son système de leasing – Les concurrents de la Renfe dans le transport de marchandises auront accès à l’offre de location de locomotives de l’opérateur public, via Renfe Alquiler, avec plus de transparence et d’anticipation. Ainsi en a décidé la ‘Comisión Nacional de la Competencia’ (CNMC), l’autorité indépendante chargée de garantir la libre concurrence et de réguler les marchés en Espagne. Ses avis s’appliquent bien évidemment au service public ferroviaire. L’enjeu ? La CNMC a souligné que la location de locomotives par Renfe « est indispensable aux entreprises pour pouvoir exercer leur activité ». Toutefois, elle fait valoir que, depuis un an, « une nouvelle procédure de location de locomotives a été mise en place, qui s’est avérée inefficace ». Une sorte de tirage au sort avait en effet été instauré, ne permettant aucune anticipation ni prévision. Concrètement, sur les huit locomotives attribuées dans les procédures tenues en mai, juin et novembre 2021, sept l’ont été par tirage au sort, et cinq à un prix 20 % plus élevé que le prix résultant du mécanisme d’attribution précédent. Une plainte avait dès lors été déposée l’an dernier par l’ Association des entreprises privées des chemins de fer (AEFP) et certains de ses associés à titre privé. La CNMC vient de rendre son verdict. L’opérateur ferroviaire public espagnol Renfe se conformera aux orientations proposées par la Commission nationale des marchés et de la concurrence (CNMC) et publiera sur le site Internet de Renfe Rental les locomotives que les entreprises dédiées au transport ferroviaire de marchandises pourront louer à la fin de chaque année. Cette obligation est établie jusqu’en 2025, date à laquelle la situation sera évaluée.
(Lire la suite sur Railtech.be)

Trafic fret
Suisse/Italie : risque de marginalisation de la ligne ferroviaire internationale du Simplon ? – Cette interrogation fut émise récemment lors de la conférence organisée par le Rotary Pallanza-Stresa et Brigue sur « La nouvelle mobilité – la voie Stockalper des rail ». On a pu assister à quelques heures de débats sur le transport de marchandises et de voyageurs sur la ligne Loetschberg-Simplon, l’autre grand axe transalpin après le Gothard. Les intervenants suisses ont souligné leur efficacité à renforcer la ligne ferroviaire et à acheminer au maximum les marchandises par chemin de fer. Les Italiens ont tenu de rappeler que ce qui se fait sur la ligne côté italien n’est pas encore optimal pour le transport de marchandises. Avec un appel à l’aide : « Sans gros investissements la ligne n’est plus compétitive ». Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les limites de la ligne Domodossola-Brig ne sont pas liées au tunnel du Simplon de 20 kilomètres car suite à divers travaux d’adaptation, il ne présente pas, du moins sur une voie, de contraintes de gabarit. Le point faible est représenté par le tunnel hélicoïdal de 2.966m entre Varzo et Iselle di Trasquera, où la ligne fait une boucle de 360 degrés pour monter en altitude, avec des ratios de déclivité défavorables atteignant 28 pour mille. Michele Rabino, du service commercial de Rete Ferroviaria Italiana (RFI – le gestionnaire d’infra italien) a rappelé l’accord signé entre l’Italie et la Suisse, lequel prévoit 237,5 millions d’euros supplémentaires financés par les deux nations pour d’autres interventions entre Domodossola et Novara ainsi que Domodossola et Iselle. Signé en 2020, cet accord a engagé le gouvernement suisse a alloué 145 millions € à l’Italie sous forme de subvention (en plus des 130 millions déjà alloués par le passé). Les travaux concernent presque exclusivement ce que l’on appelle le « corridor de 4 mètres » (P400), qui permet le transport ferroviaire de semi-remorques routières d’une hauteur de quatre mètres aux angles et d’une largeur allant jusqu’à 2,60 mètres. Mais tout cela ne suffit pas. Travailler sur le tunnel en spirale de Varzo est la seule solution pour relancer le Simplon en ligne de fret à grande capacité. Il est également question de recourir aux fonds du PNR, mais les délais sont très courts et peu compatibles avec les travaux demandés.
(Source : trasportoeuropa.it)

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Prochaine livraison : le 15 juin 2022

La quinzaine de Rail Europe News – Newsletter 071

Du 4 au 17 mai 2022

Par Frédéric de Kemmeter – Signalisation ferroviaire et rédacteur freelance – Inscrivez-vous au blog
04/05/2022

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Édito
L’actualité était plutôt tournée vers le transport voyageurs, ces derniers jours. Il y a d’abord Flixtrain qui poursuit son expansion et devrait maintenant avoir un réseau qui touche 70 villes allemandes, avec pour la première fois une très timide incursion en Suisse, en l’occurence Bâle, non pas à la gare Hauptbahnhof, mais à la gare badoise (Badische-Bahnhof), ce qui n’est pas idéal pour les correspondances éventuelles. Une autre expansion est celle des trains de « croisières » en Espagne. Au nombre de 3, ils passent désormais à 4 avec un nouvel itinéraire de luxe proposé dans le nord du pays. Toujours en Espagne, le nouvel entrant Ouigo España semble avoir trouvé son public avec près de 2 millions de voyageurs transportés en un an. Et puis il y a des anniversaires un peu oubliés. En ce mois de mai 2022, les Trans Europ Express auraient eu 65 ans. Ce concept de trains de luxe fut justifié à une époque où voyager en Europe était clairement encore le privilège d’une élite. Les choses ont changé et les Intercity lancés dans les années 70-80 ont tenté de ramener une clienèle « égarée par l’aviation ». Les Eurocity, déclinaison internationale de l’Intercity allemand, fêtent de leur côté leurs 35ème anniverssaire. On pourrait alors se dire que tout cela ne concerne que les voyages de loisirs. Mais il y a des exemples où le trafic régional et même transfrontalier montre des signes d’optimisme. C’est le cas du TiLo (Ticino/Lombardie), un RER transfrontalier entre Lugano et Milan dont nous parlons plus en détail dans nos analyses. Même s’il y a encore des progrès à faire, il existe déjà une tarification transfrontalière abordable et le matériel roulant est grandement unifié de part et d’autre de la frontière. Tout cela montre que le rail doit être connecté avec le monde qui l’entoure, et non pas être une idéologie du passé. Les Trans Europ Express avaient leur raison d’être jadis, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Par ailleurs, le TiLo nous démontre qu’une amélioration est possible en descendant des traditionnels échelons institutionnels. Les États; à leur niveau, n’ont parfois qu’une vue partielle de ce qui se passe en région. Et ces mêmes États sont embourbés dans des accords gouvernementaux et des équilibres politiques qui ne conviennent pas toujours aux électeurs régionaux. Laissons donc du souffle à ces régions pour offrir des services à leur convenance.

Politique des transports
Suisse/Italie : le TiLo, un RER transfrontalier dont on parle si peu – Un RER dont on parle si peu : le TiLo, qui recouvre le Tessin en Suisse et le nord de la Lombardie, en Italie. L’occasion de se pencher sur une région économique forte qui a su construire un service ferroviaire transfrontalier dans un contexte favorable. Ce TiLo (pour Tessin/Lombardie), est une initiative de deux régions frontalières, et non de deux États. TiLo est une SA détenue à 50% par Trenord (Trenitalia) et les Chemins de fer fédéraux suisses (CFF). Le siège social est installé à Bellinzone, en Suisse. Le réseau comporte aujourd’hui 7 lignes. Depuis décembre 2017, après un accord entre le Canton du Tessin et la Région Lombardie, les billets et abonnements transfrontaliers ont obtenu des réductions de plus de 30% pour les lignes régionales entre la Suisse et l’Italie. Le parc comprend 54 rames FLIRT du constructeur suisse Stadler. En mai 2019, une nouvelle livrée était présentée pour l’ensemble du parc. Pour souligner le lien fort avec le territoire, les rames Tilo combinent le rouge et le bleu du Canton du Tessin avec le vert de la Région Lombardie.
(La suite sur Mediarail.be)

Trafic grande ligne
Espagne : Ouigo España fête déjà sa première année d’existence – Depuis son lancement le 10 mai 2021, Ouigo España rencontre un vrai succès auprès de la population espagnole. Ainsi, en un an, Ouigo España a transporté plus de 2 millions de voyageurs entre Madrid, Saragosse, Tarragone et Barcelone. Preuve de ce succès, le taux de d’occupation moyen qui est supérieur à 97% depuis l’ouverture des circulations, avec même des pics de 99% et 100% en période de fêtes, telles que le Pont de la Constitution, Noël, le Carnaval ou Pâques. L’arrivée de Ouigo a eu un impact dynamique sur le secteur de la grande vitesse et a permis de promouvoir le train. Ouigo España, opère cinq allers-retours par jour sur l’axe entre Madrid et Barcelone en 2h30, soit 3 674 voyages réalisés depuis un an. Les familles et les moins de 45 ans voyageaient peu ou pas en train avant Ouigo España. Les petits prix et les services ont séduit et permis de toucher cette clientèle. En effet, 52% des clients de OUIGO ont moins de 45 ans et plus de 300 000 voyagent en famille, soit 15% des voyageurs. Voyager en train c’est aussi réduire son empreinte carbone. Ainsi, au cours de sa première année d’exploitation, Ouigo España a représenté plus de 12 300 vols aériens économisés et plus d’un million de voyages en voiture. Ouigo España permet également de faire voyager un nombre conséquent de clients. Pour chaque circulation, 509 personnes sont transportées (voire 1.018 clients via des rames doubles pour 34% des circulations).
(Source : communiqué de presse SNCF)

L’Espagne remet en service quatre trains touristiques de luxe – Le président de la Renfe, Isaías Táboas, présentait début mai à Séville la saison 2022 des trains touristiques de luxe de la Renfe. Le Tren Al Andalus, le Transcantábrico Gran Lujo et l’Expreso de la Robla retrouvent leur activité interrompue par la crise sanitaire qui a obligé à suspendre les saisons 2020 et 2021. La nouvelle saison commence aussi avec une nouveauté puisqu’un nouveau produit s’ajoutera à la liste des trains touristiques commercialisés par Renfe, le Costa Verde Express, qui, avec le Transcantábrico Gran Lujo et l’Expreso de La Robla, empruntera les voies à écartement métrique du nord de la péninsule, tandis que le Tren Al Andalus effectuera son traditionnel circuit en Andalousie. Les propositions de voyage sur tous les départs et itinéraires du Train Al Andalus et du Transcantábrico Gran Lujo, de l’Expreso de La Robla et du Costa Verde Express comprennent l’hébergement dans une cabine confortable avec salle de bain complète. Dans les faits, ces trains servent donc d’hôtels de luxe et ne roulent pas de nuit, les voyageurs bénéficiant ainsi de « la magie ferroviaire » plutôt de jour ou en soirée, lors du dîner. Lors des escales, les trajets sont effectués en bus avec des guides pour les excursions, pour lesquelles toutes les visites et les entrées sont incluses dans le forfait voyage. Les voyageurs disposent également d’une offre gastronomique digne des plus fins gourmets, tant à bord du train que dans les restaurants des villes visitées.
(Source : Railtech.be)

Allemagne : FlixTrain lance le plus grand réseau d’itinéraires de son histoire – Dans les semaines à venir, FlixTrain lancera un total de trois nouvelles lignes, ajoutant non seulement une douzaine de nouveaux arrêts au premier réseau ferroviaire privé longue distance d’Allemagne, mais traversant également la frontière vers Bâle, en Suisse, pour la première fois, mais pas à la gare Centrale (Basel-Hbf), mais celle de Badische-Bahnhof. Cela précisé, avec un total d’environ 70 destinations, le réseau FlixTrain deviendrait alors le plus vaste de l’entreprise. En outre, Flixtrain augmentera ses trajets sur les liaisons Munich – Cologne – Hambourg et Hambourg – Berlin – Leipzig à partir de début juin. À partir du 19 mai, FlixTrain lancera sa première liaison ferroviaire de Stuttgart à Hambourg avec des arrêts intermédiaires à Heidelberg, Francfort, Kassel et Hanovre, entre autres. Les départs ont lieu six jours par semaine. L’itinéraire est exploité par SVG, le partenaire ferroviaire de FlixTrain. À partir du 2 juin, il devrait y avoir encore plus d’offres au départ de Berlin avec la nouvelle destination Wiesbaden, qui sera disponible pour la première fois, et Braunschweig, Hildesheim et Offenbach qui seront également connectés au réseau FlixTrain sur cet itinéraire. La nouvelle relation Bâle (Badische-Bahnhof) permet de relier de nouvelles destinations comme Karlsruhe, Baden-Baden, Offenbourg, Fribourg, Wiesloch, Bad Hersfeld et même Weil am Rhein, dernière gare allemande avant la Suisse.
(Source : Jarnvagsnyheter.se)

Europe : les Trans Europ Express auraient eu 65 ans cette année – Il y a 65 ans, naissaient les Trans Europ Express, qui furent une initiative non pas des gouvernements mais du secteur ferroviaire. Il s’agissait de reconquérir une clientèle d’affaire qui avait tendance à prendre l’aviation civile, en plein développement. Les services TEE durèrent exactement 30 ans, et furent remplacés en mai 1987 par une nouvelle gamme de trains appelés « Eurocity ». L’occasion de se pencher sur le pourquoi de cette mutation, et ce qu’il en reste aujourd’hui. En 1957, six (puis sept) réseaux ferroviaires dans une Europe apaisée mettaient en service un concept de train de luxe appelé « Trans Europ Express ». C’était la même année que la signature du Traité de Rome, dans un optimisme généralisé qui voulait faire oublier les trois décennies et deux guerres mondiales qui mirent l’Europe à terre. L’initiative venait du directeur des chemins de fer néerlandais, persuadé qu’il fallait ramener les hommes d’affaires vers le train en leurs proposant un confort hors du commun. Les TEE, comme on les appela, ont constitué un réseau important dont l’apogée eut lieu en 1974, avant un irréversible déclin. Car entretemps, l’aviation attirait malgré tout davantage de clients d’affaire et proposait un service reliant toutes les villes d’Europe. Rappelons que la compagnie française Air Inter avait pour actionnaire, notamment, la SNCF ! En mai 1987, le groupement Trans Europ Express était officiellement dissout, et les relations subsistantes intégraient un nouveau concept de l’UIC : les « Eurocity / Euronight ».
(La suite sur Mediarail.be)

Entreprises
Autriche : CRRC teste sa rame à deux niveaux destinée à Westbahn – Une autre unité du constructeur chinois CRRC est arrivée cette semaine pour des essais sur l’anneau d’essai de l’Institut de recherche ferroviaire (VUZ) à Cerhenice. Les rames à deux étages seront louées par le transporteur autrichien Westbahn. L’unité DDEMU2 était en Europe depuis l’année dernière. Jusqu’à présent, elle a été testé sur l’anneau d’essai de Wildenrath en Allemagne. L’unité de six voitures dispose d’une capacité de 571 sièges et d’une vitesse maximale de 200 km/h et est conçue selon les STI d’interopérabilités. Certains des tests nécessaires à l’homologation, notamment ceux relatifs à la compatibilité électromagnétique, seront effectués en République tchèque. CRRC dit avoir utilisé plus de matériaux composites dans la construction, affirmant que l’unité n’est que 10% plus lourde qu’un simple étage. Le train est équipé de sièges de première et de deuxième classe et comprendra un espace pour le transport de fauteuils roulants et de vélos. Westbahn prévoit de prendre ces rames en leasing lorsqu’elles seront approuvées pour l’exploitation en Autriche et dans cinq autres pays qui n’ont pas encore été spécifiés par l’opérateur. Les négociations entre le constructeur chinois et le transporteur autrichien avaient commencé en 2019 lorsque Westbahn avait annoncé pour la première fois l’achat de nouvelles rames chinoises à CRRC. Cependant, le transporteur a finalement changé d’avis et a commandé quinze unités Stadler Kiss 3 de six voitures. Westbahn a alors décidé de louer quatre autres unités au constructeur chinois. CRRC teste déjà une autre rame sur le circuit de Velim, en République tchèque. Il s’agit d’une rame Sirius qui devait initialement être achetée par Leo Express, mais dont le contrat a récemment été annulé.
(Source : ceetransport.com)

Allemagne/Russie : Siemens quitte le marché russe – Siemens AG a annoncé le 12 mai qu’elle allait se retirer du marché russe à la suite de l’invasion de l’Ukraine. La société a déclaré qu’elle avait entamé les procédures de liquidation de ses opérations industrielles et de toutes ses activités commerciales industrielles, conformément aux exigences réglementaires et aux sanctions internationales. Siemens AG a suspendu toutes ses nouvelles activités et ses livraisons internationales en Russie et au Belarus au début de la guerre en février. Elle a déclaré que les sanctions internationales, ainsi que les contre-mesures actuelles et potentielles, avaient un impact sur ses activités commerciales en Russie, en particulier les services ferroviaires et la maintenance. Lors de la présentation de ses résultats pour le deuxième trimestre 2022, le 12 mai, Siemens a indiqué que les commandes de l’activité Mobilité avaient augmenté de 13 % par rapport à l’année précédente, pour atteindre 2 à 5 milliards d’euros. Toutefois, les sanctions imposées à la Russie ont eu un impact de 567 M€ sur le bénéfice de la division, qui avait précédemment prévu une croissance du chiffre d’affaires comparable de 5 % à 8 %, mais anticipe désormais des revenus similaires à ceux de l’année dernière. La marge bénéficiaire de Siemens Mobility devrait désormais se situer entre 10-0% et 10-5%, le gain attendu de la vente de Yunex Traffic étant suffisant pour compenser tout impact lié aux sanctions.
(Source : Railway Gazette)

Trafic régional
Londres : Crossrail (Elisabeth Line) reçoit officiellement les autorisations du régulateur britannique – La London’s Elizabeth line est cette ligne qui traverse Londres en tunnel d’Est en Ouest, en passant sous la City, le coeur financier mondial de la ville. Ce projet de RER titanesque mais vital pour la capitale britannique a pris trois ans de retard. Il sera inauguré le 24 mai prochain. L’ORR, le régulateur national, a délivré des autorisations d’exploitation pour toutes les gares de la ligne Elizabeth, à l’exception de Bond Street, confirmant que les gares et l’infrastructure répondent aux exigences pour une exploitation publique. Les gares de Abbey Wood, Canary Wharf, Custom House, Farringdon, Liverpool Street, Paddington, Tottenham Court Road, Whitechapel et Woolwich ont toutes reçu le feu vert et les autorisations nécessaires. Bond Street a reçu le feu vert uniquement pour les procédures d’évacuation, car elle ouvrira au public plus tard que le reste de la ligne. L’ORR a également autorisé le tracé général de l’infrastructure des voies et des tunnels de la ligne Elizabeth, afin de permettre la circulation des trains dans la section centrale. La nouvelle voie ferrée transformera la mobilité des Londoniens et des visiteurs traversent la capitale, le trajet entre Paddington et Canary Wharf, par exemple, ne prenant que 18 minutes. Transport for London (TfL) a récemment confirmé que la ligne Elizabeth sera ouverte au public le mardi 24 mai. La réglementation stipule qu’aucune infrastructure ou matériel roulant, nouveau ou amélioré, ne peut être mis en service sur ou dans le cadre du système ferroviaire britannique, à moins que l’ORR n’ait fourni une autorisation d’interopérabilité pour la mise en service afin de s’assurer qu’il répond aux exigences appropriées. Au cours des deux dernières années, l’ORR a travaillé en étroite collaboration avec le projet Crossrail et en a évalué plusieurs aspects afin de s’assurer qu’il répond aux exigences techniques, de sécurité et d’accessibilité nécessaires avant son ouverture aux passagers. L’ORR a approuvé la flotte des rames Siemens Class 345 de la ligne Elizabeth en 2020 et a récemment autorisé l’utilisation du système mondial de communications mobiles-rail (GSM-R). Ce système permet des communications numériques, sécurisées et fiables entre les conducteurs et les cabines de signalisation, ce qui contribue à accroître la sécurité, à réduire les retards et à améliorer les performances, tout en offrant une meilleure expérience aux passagers. Le régulateur a également approuvé le contrat d’accès aux voies entre Rail for London (Infrastructure) Ltd, le gestionnaire d’infrastructure pour la section d’exploitation Crossrail Central, et MTR Corporation (Crossrail) Ltd, l’exploitant de la ligne Elizabeth. Cela signifie que si, à l’avenir, un opérateur ferroviaire souhaite accéder au réseau de la ligne Elizabeth, il devra disposer d’un contrat d’accès aux voies qui ait été examiné et approuvé par l’ORR.
(Source : Global Rail Review)

Infrastructure
Belgique : Infrabel obtient un financement pour optimiser le faisceau de Montzen – En septembre 2021, la Commission européenne a publié une série d’appels à projets via son programme Connecting Europe Facility pour un montant total de sept milliards d’euros. Parmi ces différents appels, une enveloppe spéciale était dédiée au développement de l’infrastructure ferroviaire pour le transport de marchandises. Un projet d’Infrabel, soutenu par le SPF Mobilité et Transports, a été sélectionné par la Commission européenne. Ce projet prévoit d’optimiser le faisceau de Montzen, une gare située non loin de l’Allemagne et d’Aix-la-Chapelle, pour y ajouter quatre nouvelles voies dans le but d’accueillir des trains de 740 mètres. Le projet d’Infrabel a démarré en octobre 2021 et la date de fin des travaux est prévue pour le premier semestre de 2024. Ce projet s’inscrit dans une ambition au niveau fédéral de développer l’infrastructure ferroviaire permettant la circulation des trains de 740 mètres et ce, afin de stimuler le fret ferroviaire et le report modal en faveur du rail sur le réseau belge. La situation centrale du faisceau de Montzen sur un des axes stratégiques européens en fait une plateforme intéressante pour le transport de marchandises. Les trains en provenance du port d’Anvers pourront circuler plus facilement sur notre réseau afin de rejoindre l’Allemagne, la Pologne et les États baltes.
(Source : Railtech.be)

Trafic fret
260 trains intermodaux entre l’Allemagne et l’Italie par semaine – Ce sont les chiffres indiqués par l’opérateur allemand Kombiverkehr, du lundi au vendredi, ce qui équivaudrait à 25 trains par jour et par sens ! Depuis le 25 avril dernier, la destination Melzo, à l’Est de Milan, s’est ajoutée au réseau de Kombiverkehr avec 10 trains, 5 par sens. Cela démontre toute l’importance de la traversée des Alpes, tant en Suisse qu’en Autriche. « Le terminal situé à environ 25 kilomètres à l’est de Milan est, de par sa situation géographique, un point de départ et d’arrivée éprouvé pour le pré- et post-acheminement routier des marchandises et des biens en provenance et à destination des entreprises industrielles et commerciales de l’espace économique milanais. Avec une durée de trajet de 20 heures seulement, nous offrons aux transporteurs la possibilité d’une chaîne de transport rapide et respectueuse de l’environnement », explique Peter Dannewitz, directeur des ventes chez Kombiverkehr KG, tout en soulignant deux caractéristiques de la nouvelle offre. Pour un transport de 25 tonnes de marchandises, 2,6 tonnes de CO2 sont économisées en circuit fermé, ce qui représente une économie de plus de 80% par rapport au transport routier de bout en bout. Outre les conteneurs et les caisses mobiles, il est possible de réserver des semi-remorques au profil P400. Au départ de Cologne-Eifeltor, les semi-remorques ou conteneurs peuvent changer de trains pour permettre d’atteindre Hambourg, les ports allemands de la mer Baltique de Kiel et Lübeck ainsi que des terminaux au Danemark et en Suède.
(Source : Hafenzeitung.de)

Investir dans l’infrastructure des pays voisins – Comment sécuriser ses gros investissements et atteindre ses objectifs de transfert modal ? En intervenant chez le voisin. La Suisse souhaite étendre ses investissements d’infrastructure en France et en Italie, en ciblant les lignes ferroviaires et les terminaux. « Il est de notre devoir constitutionnel de permettre le transfert modal même à l’extérieur de la Suisse si cela signifie que notre pays en profite également », a commenté Peter Füglistaler, directeur des transports terrestres à l’Office fédéral des transports. Il a ainsi tenté d’expliquer pourquoi la Suisse décide d’investir dans les infrastructures d’autres pays. En France, elle travaille avec le gouvernement français pour définir la taille et le type d’investissement sur la ligne Strasbourg-Wörth, sur la rive gauche du Rhin, actuellement non-électrifiée. Quant à l’Italie, les Suisses envisagent de cofinancer une mise aux normes de la partie italienne de la ligne Lötschberg-Simplon-Milan. Pour atteindre leur objectif de 650.000 camions par an à travers « leurs » Alpes, les Suisses ont déjà construit trois tunnels. Mais les retards dans les améliorations des différentes infrastructures en Italie, en France et en Allemagne sont une menace pour atteindre cet objectif, qui était prévu avec optimisme pour 2018 ! Et la qualité du service ferroviaire n’est pas irréprochable, avec une proportion de retards importants (plus de 3 heures) tournant autour des 24,3 % au premier semestre 2021. Actuellement, plus de 860.000 camions traversent encore les Alpes suisses. « La Suisse s’efforce également de financer les terminaux s’ils contribuent fortement au trafic intermodal à travers le pays », a expliqué M. Füglistaler. Les investissements français seraient destinés non seulement à offrir un second couloir nors-sud via la rive gauche du Rhin, pouvant servir de secours quand ca bloque du côté allemand, mais aussi devenir un nouveau couloir pour les flux en provenance de Belgique, et singulièrement Anvers. Quant aux investissements italiens, il s’agirait de prolonger une ligne disposant le gabarit P400 jusqu’à Milan même, et d’y construire un nouveau terminal rail-route pour désengorger Gallarate/Busto Arsizio, géré par Hupac et quasi saturé.
(Source : Railfreight.com)

Italie : le nouveau plan industriel du groupe public FS – Le groupe public italien Groupe FS met l’accent sur l’intermodalité pour le développement du trafic de fret vers l’Europe du Nord. « Nous souhaitons développer davantage de connexions avec le port de Rotterdam, avec lequel nous assurons déjà de nombreux services de traction chaque semaine. Et d’augmenter à la fois le volume de marchandises transportées et le nombre de trains, sur les corridors transalpins et Est-Ouest ». C’est ce qu’a déclaré Luigi Ferraris, PDG du groupe FS Italian, lors d’une conférence. Les solutions intermodales sont des éléments centraux de la compétitivité économique mais aussi de la durabilité environnementale, selon le groupe FS. Le trafic intermodal entre l’Italie et la Suisse en nombre d’unités de transport intermodal aurait dépassé les 800.000 unités. La relation consolidée entre le Pôle Mercitalia (la composante fret du groupe public) et les opérateurs suisses et sa présence croissante sur le marché européen s’inscrivent dans ce cadre. Mercitalia dispose d’une importante flotte de locomotives et de wagons de marchandises, tandis que l’opérateur suisse Hupac représente un partenaire prestigieux dans le domaine du transport intermodal en Europe, auquel le groupe FS est lié par une collaboration historique, ce qui a permis au fil du temps de partager les stratégies de croissance, le développement des actifs et les participations dans les entreprises. L’accessibilité aux ports est d’une importance cruciale, notamment celui de Gênes qui est situé le long de la principale route commerciale entre l’Extrême-Orient et l’Europe. L’un des projets les plus importants du corridor Rhin-Alpes est le Terzo Valico dei Giovi qui, intégré au nœud de Gênes, fera du port de Gênes la plaque tournante d’accès aux pays européens
(Source : Trasporti-italia.com)

Technologie
Espagne : Thales remporte le contrat de signalisation du corridor méditerranéen – Le corridor méditerranéen est un projet stratégique visant à construire un axe ferroviaire à écartement normal entre la frontière française et Algésiras, dans le cadre de l’un des neuf corridors du réseau central des réseaux transeuropéens de transport (RTE-T). Une fois les travaux terminés, le tronçon sera intégré au corridor ferroviaire européen qui va de l’Espagne à la Hongrie en passant par la France, l’Italie, la Slovénie et la Croatie, ce qui permettra aux passagers et au fret de voyager en Europe sur un écartement international. Le contrat attribué par Adif Alta Velocidad porte sur le renouvellement des installations de signalisation, ainsi que sur leur adaptation en raison du passage de l’écartement ibérique à l’écartement normal sur le tronçon Castellón de la Plana- L’Ametlla et sur l’embranchement reliant L’Aldea Amposta à Tortosa. La majeure partie du projet sera développée sur le tronçon de 155 km qui sépare Castellón de la Plana de L’Ametlla de Mar, où des travaux seront réalisés pour rénover les enclenchements et les éléments de signalisation, ainsi que pour les adapter au changement d’écartement des voies, qui passe de l’écartement ibérique (1.668 mm) à l’écartement standard ou international (1.435 mm). Une action similaire sera menée sur l’embranchement Tortosa-L’Aldea/Amposta, d’une longueur de 13 km. Comme l’exige le projet Adif Alta Velocidad, Thales installera de nouveaux enclenchements électroniques L905E sur le tronçon Castellón-L’Ametlla et adaptera les enclenchements existants sur le tronçon Tortosa-L’Aldea/Amposta, également du même type, en plus d’installer de nouveaux éléments de signalisation tels que des circuits de voie TTC, des compteurs d’essieux AzLM/ZP30K et des signaux munis de lampes LED, moins énergivores. Avec une période de réalisation estimée à 22 mois, le projet sera mis en œuvre en quatre phases jusqu’à la mise en service de toutes les installations à écartement standard avec des enclenchements et des éléments de terrain renouvelés. Après la mise en service, l’installation du système ERTMS de niveau 1, utilisant également la technologie de Thales, sera achevée.
(Source : communiqué de presse)

Grande-Bretagne : un programme pour surveiller des milleirs d’essieux chez Network Rail – 17/05/2022 – Network Rail, le gestionnaire du rail britannique, a lancé un nouveau programme de sécurité des trains de fret. Il s’agit de surveiller l’état des essieux en temps réel sur plus de 15.000 locomotives et wagons de fret britanniques. Le projet de deux ans est soutenu par le fonds de 26 millions d’euros du Freight Safety Improvement Portfolio’s (FSIP) de Network Rail. Tout au long de ce programme, 30.000 étiquettes d’identification par radiofréquence (RFID) seront installées sur plus de 15.000 locomotives et wagons de fret. Lorsque les trains équipés passeront devant l’un des 22 lecteurs installés sur le côté de la voie, les informations de chaque essieu seront capturées et envoyées via une technologie basée sur le cloud pour déterminer si des travaux de maintenance sont nécessaires ou pas. Le lancement fait suite à l’annonce récente de Network Rail selon laquelle le financement du FSIP soutiendra le programme Condition of Freight Vehicles on the Network, qui s’attaquera aux retards ferroviaires de fret et aux risques de sécurité. Le nouveau programme de sécurité a été bien accueilli par les sociétés d’exploitation de fret et les clients, y compris Freightliner Group, qui a déjà installé 73 % des étiquettes sur ses locomotives et ses wagons. Deanne Haseltine, responsable de la conformité technique chez Freightliner Group, a déclaré : «Ce programme a déjà fait une différence positive pour l’ensemble de l’industrie en nous aidant à localiser et à identifier avec précision les défauts des essieux individuels à la première occasion. Avoir la capacité d’identifier les défauts et de planifier à l’avance les réparations des essieux signifie que nous pouvons retirer un wagon du service en toute sécurité si nécessaire et éviter des perturbations inutiles sur le réseau et pour nos clients.»
(Communiqué Network Rail)

Prochaine livraison : le 1er juin 2022

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La quinzaine de Rail Europe News – Newsletter 070

Du 21 avril au 3 mai 2022

Par Frédéric de Kemmeter – Signalisation ferroviaire et rédacteur freelance – Inscrivez-vous au blog
04/05/2022

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Édito
La courte annonce parue cà et là dans la presse spécialisée que la Serbie allait se débarrasser de 435 kilomètres de voies ferrées ne semble pas avoir ému qui que ce soit. Certes, c’est la Serbie, un pays peu connu pour ses exploits ferroviaires. Certes, ce pays a probablement d’autres priorités financières. Certes, une grande partie de ces lignes étaient déjà fermées au temps du dictateur Tito et de la Yougoslavie. Certes, certaines lignes sont pourries et pratiquement inutilisables en l’état. N’empêche, le message est là. Plutôt que de concocter un plan pour revitaliser, là où c’est possible, une partie de ces lignes, on a préféré liquider la ferraille restante pour un prix dérisoire et transformer les plateformes vacantes en voies vertes. Vive l’écologie, mais sans le train ! En Serbie comme ailleurs, il faudra encore à l’avenir faire preuve de persuasion pour démontrer la valeur du train dans les objectifs climatiques. Dans le grand nord, on opère une politique inverse. L’opérateur public suédois va exploiter un train de nuit entre Stockholm et Hambourg. C’est le retour d’un ancien Euronight qui portait le nom « d’Alfred Nobel » au début des années 90, quand ce train comportait une tranche pour Oslo. Ce ne sera plus le cas cette fois-ci. Bon point pour les suédois : la qualité confort. Le nouveau train, qui démarrera au 1er septembre prochain, comporte la panoplie complète du confort d’un « vrai » train nuit : places assises, places couchettes et voitures-lits. Une sorte de Nightjet nordique, mais on jugera le service à bord avant de faire une réelle comparaison. En attendant, la prestation voitures-lits peut être positivement épinglée car une bonne partie des trains de nuit lancés ces derniers temps n’en ont pas, les Nightjets exceptés. Or on a déjà démontré que cette prestation de confort rimait avec la pérennité d’un service. Faire du train le premier choix en transport, c’est ce que tente aussi l’Italie, du moins sur les longues distances. Année faste que celle de 2022. NTV-Italo fête en effet ses dix années d’existence alors que la grande vitesse italienne fête quant à elle ses trente ans. Trenitalia + NTV-Italo, ce fut ardu et très déséquilibré au début, quand la faillite pointa dangereusement sur le nouveau venu en 2014. Mais depuis l’arrivée d’un régulateur national et d’une baisse des péages ferroviaires, l’Italie a pu démontrer la viabilité de sa conception de la grande vitesse ferroviaire, avec deux opérateurs en concurrence mais qui absorbent pas mal de trafic. Les grincheux nous diront qu’au-delà de ces trains « pompeux, l’Italie ferroviaire est toujours une ruine ». Doublement faux. D’une part la péninsule s’engage dans un vaste mouvement de régionalisation et d’achat de nouveaux matériels roulants destinés aux trains du quotidien. Ensuite, Trenitalia s’étend en Europe au travers de multiples partenariats, comme en Espagne avec ILSA ou en Grande-Bretagne au travers d’Avanti (avec First Group). Rien de tout cela ne serait possible si « l’Italie ferroviaire était une ruine ». D’ailleurs, pour en savoir plus, rien de mieux que de suivre ce blog…

Politique des transports
Italie : Les dix ans de NTV-Italo – Le jeudi 28 avril marquait les 10 ans jour pour jour du démarrage des services en libre accès de NTV-Italo en Italie. L’occasion de revenir sur cet incontestable succès qui fût un moment unique en Europe, alors que maintenant la concurrence à grande vitesse prend son envol en Espagne et en France. Nuovo Trasporto Viaggiatori, plus connue sous le terme commercial de NTV-Italo, est une entreprise privée de transport par train à grande vitesse qui a démarré ses services le 28 avril 2012. Elle est la seconde entreprise ferroviaire à être créée en Italie, après la tentative avortée en 2010 de Arenaway. C’est probablement à ce jour l’exemple le plus abouti d’une compagnie de transport ferroviaire privée à grande vitesse en Europe. Elle fût fondée en 2006 par plusieurs industriels italiens de renom : Luca Di Montezemolo (patron de Ferrari), Diego Della Valle (PDG du maroquinier Tod’s), Gianni Punzo (PDG de la société logistique CIS) et Giuseppe Sciarrone, un ancien de chez Trenitalia et Rail Traction Company. Fait remarquable : il s’agit ici de la première firme privée à grande vitesse d’Europe avec comme but de concurrencer les lignes grande vitesse de l’entreprise Trenitalia, alors en pleine restructuration. Parmi les actionnaires, la SNCF en personne, ce qui provoqua fin 2011 la fin de la coopération Artesia entre Trenitalia et la SNCF (et la naissance de Thello).
(Article complet et documenté : Mediarail.be)

Trafic grande ligne
Suède-Allemagne : le train de nuit Stockholm-Hambourg démarrera son exploitation le 1er septembre 2022 – Septembre marquera le départ du nouveau train de nuit Stockholm-Hambourg de SJ. C’est le début d’un service quotidien, toute l’année, avec des trains entre la Suède et l’Europe centrale. La vente des billets a commencé le 27 avril. Le soir du 1er septembre, il y aura un train de nuit de Stockholm à Hambourg et un train de nuit de Hambourg en sens inverse. Les billets pour le nouveau service de trains de nuit ont commencé à être vendus le 27 avril par SJ. Les billets seront également disponibles auprès de plusieurs canaux de vente européens. Le départ de Stockholm est prévu à 17 h 34. Le train fera plusieurs arrêts le long de la ligne principale du sud afin d’offrir un voyage attrayant depuis de nombreuses régions de Suède. Le train poursuivra ensuite sa route via Copenhague et Odense pour atteindre sa destination finale, Hambourg-Altona, vers 6h30. L’heure d’arrivée a été choisie afin de créer de bonnes opportunités d’échange pour ceux qui souhaitent voyager vers de nombreuses destinations en Europe du Nord et en Europe centrale. Le train de nuit de Hambourg-Altona part à 21 h 55 et arrive à Stockholm à 9 h 55. Les voitures utilisées sont au gabarit européen standard et proviennent du loueur RDC, les voitures des SJ étant un tout petit peu plus large et ne permettent d’aller au-delà de Malmö vers le Danemark. Le train sera composé de deux voitures à places assises, de deux voitures-couchettes pour 4-6 personnes, de deux voitures-lits pour 1-2 personnes et d’une voiture-lits pour 1-3 personnes. Le service sera exploité en coopération avec Hector Rail et la compagnie ferroviaire allemande RDC. Hector Rail est chargé d’exploiter le train entre Malmö et Padborg pour environ 4 heures de trajet en territoire danois. La tarification est dynamique, c’est-à-dire que le niveau de prix varie en fonction de la demande. Les prix sont en euros, mais sur l’appli sj.se, ils sont recalculés et affichés en couronnes suédoises. Le prix le plus bas en place assise est d’environ 300 SEK, soit 29,00€.
(Source : SJ Pressroom)

Entreprises
Tchéquie : pas de train chinois pour Leo-Express – Leo Express n’exploitera pas les nouvelles automotrices électriques Sirius du constructeur chinois CRRC. Celles-ci ont été testés pendant plus de deux ans en vue de leur homologation sur le circuit VUZ de Cerhenice. Deux sources indépendantes ont confirmé l’annulation du contrat d’achat au magazine online Zdopravy.cz. Le porte-parole de Leo Express, Emil Sedlařík, n’a pas réfuté la fin du contrat. « En raison des dispositions contractuelles, nous ne pouvons pas commenter la relation confidentielle ou les négociations en cours entre Leo Express et CRRC », a déclaré Sedlařík. La fin du contrat intervient quelques mois seulement après l’entrée dans Leo Express de l’opérateur espagnol Renfe et le constructeur de matériel roulant CAF. Les unités Sirius étaient testées sur le circuit tchèque depuis septembre 2019. Les essais ont été considérablement compliqués par la pandémie de coronavirus. CRRC possède maintenant deux unités en République tchèque. « Des studios de design tchèques et d’autres fournisseurs nationaux ont participé à la conception du nouveau train Leo Express », déclarait alors Leo Express à l’arrivée du premier train en République tchèque. Selon l’entreprise, un composant sur cinq utilisé sur le train provient de la République tchèque. Le système de signalisation du train est également tchèque. Le train a une longueur de 111,2 mètres et l’unité est à double système (25 kV/3kV). Il peut transporter 300 personnes, la vitesse maximale est de 160 km/h. Il se compose de six caisses, avec un bogie intercalaire entre les caisses. Le train est équipé de l’ETCS. Il n’est pas clair de ce que compte faire Leo-Express avec les 2 automotrices chinoises. « Notre position par rapport à tous les projets reste la même – nous ne faisons pas de commentaires fondamentaux sur leur état d’avancement ou les hypothèses de délais. Nos clients sont les fabricants et non les transporteurs. Il en va de même pour les projets du fabricant CRRC, qui est le plus grand fabricant au monde », a déclaré Martin Bělčík, président du conseil d’administration de l’Institut de recherche ferroviaire. Rappellons que la Renfe est actionnaire à 49,9% tandis que le constructeur CAF, également espagnol, y est actionnaire pour seulement 5% via l’entreprise suédoise EuroMaint.
(Source : Zdopravy.cz)

Infrastructures
Des différences d’écartement de voies en Europe ? Pas autant qu’on ne le croit… – La différence d’écartement des voies ferrées européennes est l’une des raisons pour lesquelles on croit souvent, à tort, qu’il existe de grandes différences entre tous les pays européens. Ce n’est évidemment pas le cas et c’est l’occasion de remettre les choses en perspective. Il faut avant tout éviter toute confusion. L’écartement des rails est la distance entre les faces intérieures des rails, tandis que le gabarit de chargement est l’espace disponible dans lequel les trains peuvent circuler en toute sécurité. Le gabarit de chargement est celui qui détermine par exemple si on peut rouler avec des voitures à deux niveaux ou avec quelle hauteur maximale des conteneurs. Ce gabarit est sans rapport avec l’écartement des rails. Nous parlerons ici uniquement de l’écartement des rails. Depuis le XIXe siècle, la grande majorité des réseaux ferroviaires européens ont adopté un écartement conçu à l’origine par les Britanniques. Bien que de nombreux projets d’écartement aient existé, un Railway Regulation Act a été promulgué par le Parlement du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande le 18 août 1846. Elle a imposé l’écartement des voies d’une largeur de 1 435 mm comme norme pour la Grande-Bretagne. À cette époque, le Royaume-Uni était le seul capable d’exporter du matériel roulant ferroviaire. Cette avance anglaise explique pourquoi la grande majorité des chemins de fer européens ont adopté l’écartement de 1 435 mm. En 1922, lors de la création de l’Union internationale des chemins de fer (UIC), l’écartement de 1 435 mm est adopté comme « écartement standard ». Cela ne signifiait pas que les pays qui avaient adopté d’autres écartements devaient modifier leur réseau. Ainsi, un grand nombre de pays européens ont leur réseau ferroviaire national à l’écartement standard, de Stockholm à Perpignan et d’Inverness à Athènes.
(Article complet et documenté : Mediarail.be)

Trafic régional
Suède : Transdev démarre l’exploitation d’un réseau de banlieue à Stockholm – Transdev a débuté ce mois d’avril l’exploitation du réseau ferré de banlieue Roslagsbanan, au nord-est de Stockholm. En mai 2020, Storstockholms Lokaltrafik (SL, l’autorité organisatrice de la région de Stockholm), annonçait que Transdev avait remporté pour 1,2 milliard d’euros des contrats d’exploitation de 12 ans concernant des trains du réseau Roslagsbanan (ainsi qu’un réseau de bus). Le réseau Roslagsbanan est un réseau totalisant 65 kilomètres, et qui relie le centre de Stockholm à sa banlieue nord-est au moyen de trois lignes et 38 gares. Particularité : c’est un réseau à voie étroite de 891 mm électrifié en 1500 V continu, ce qui implique qu’il n’y a aucune connexion possible avec le réseau national suédois. Il vit en circuit fermé à l’instar de nombreux réseaux à voie étroite en Europe et son point de départ principal n’est pas la gare centrale de Stockholm mais ”Östra Station“ (Stockholm Est), également desservie par la ligne rouge du métro de Stockholm. Le Roslagsbanan enregistre en temps normal environ 15 millions de passagers par an.
(La suite : Railtech.be)

Transfrontalier
Pays-Bas/Belgique : Arriva à Liège ? Pas avant 2024 – L’annonce était alors quelque peu surprenante. D’après Treinreizigers.nl, l’opérateur Arriva (une filiale de la Deutsche Bahn), pensait faire arriver ses trains dans la magnifique gare de Liège-Guillemins, à ses propres risques, donc en open-access. Rappelons qu’Arriva a obtenu la concession du transport public de la province du Limbourg néerlandais (Maastricht), puisque dans ce pays, un certain nombre de lignes est soumis non plus au monopole mais à l’appel d’offre depuis déjà les années 2000. La législation sur la libéralisation du rail, plus favorable aux Pays-Bas et en Allemagne, permet en effet ce type de création alors qu’en Belgique la politique ferroviaire relève strictement de l’échelon national. Le projet de Arriva Personenvervoer Nederland était – et reste -, d’opérer des trains régionaux entre Aix-la-Chapelle, Maastricht et Liège. Arriva NL utilise l’excellent matériel roulant du constructeur suisse Stadler, lequel est bien homologué aux Pays-Bas et en Allemagne, mais pas en Belgique.
(La suite : Railtech.be)

Trafic fret
Allemagne : moderniser encore davantage le réseau pour plus de transfert modal – L’industrie allemande estime que le gouvernement fédéral doit prendre des mesures importantes pour développer le transport ferroviaire de marchandises et supprimer les goulets d’étranglement sur le réseau ferroviaire. « Un transport de marchandises performant est un facteur d’implantation décisif et une condition nécessaire pour une protection ambitieuse du climat ». C’est ce qu’a déclaré la semaine dernière à Berlin Holger Lösch, directeur général adjoint de la Fédération de l’industrie allemande (Bundesverbands der Deutschen Industrie – BDI). La BDI a présenté un document de synthèse sur la manière de rendre le transport ferroviaire plus performant en Allemagne. Il y est dit que malgré une augmentation des volumes, la part du rail dans le transport de marchandises stagne à environ 19 pour cent des prestations de transport. L’objectif de la coalition est de faire passer la part du fret ferroviaire à 25 pour cent d’ici 2030. Pour augmenter la part du transport ferroviaire, il faudrait éliminer les « faiblesses flagrantes » du réseau ferroviaire. « L’État fédéral doit maîtriser durablement les goulets d’étranglement récurrents en développant et en modernisant massivement le réseau ». Ce faisant, la possibilité de planifier les transports doit être maintenue.
(La suite : Railtech.be)

Technologie
Espagne : Talgo créé son cadre à essieux en polymère renforcé de fibre de carbone – Talgo développe une version en polymère renforcé de fibres de carbone (PRFC) de ses cadres appelés « rodal » et qui équipe ses fameuses rames articulées. L’entreprise espgnole s’attend à ce que cela offre une réduction de poids de 50 % par rapport à l’utilisation de plaques d’acier soudées, avec comme conséquence une réduction de la consommation d’énergie et de l’usure des essieux ainsi que des processus d’assemblage simplifiés. La géométrie requise ainsi que les propriétés de soudage et les considérations de fatigue imposent des contraintes importantes sur la réduction de poids tout en utilisant les matériaux et procédés actuels, et donc après avoir étudié les matériaux et procédés alternatifs, Talgo a sélectionné le CFRP comme la meilleure option pour adopter une nouvelle approche. La fabrication est basée sur un préimprégné CFRP posé à la main, ce qui rend le cadre conforme aux normes les plus strictes en matière d’incendie, de fumée et de toxicité. Talgo a maintenant terminé la validation à grande échelle des exigences structurelles conformément à la norme EN 13749, y compris les tests statiques et de fatigue dépassant 10 millions de cycles, l’inspection CND n’ayant trouvé aucun dommage significatif. Des essais sur voies en conditions réelles sont désormais prévus. Le projet fournira également des connaissances pour la mise en œuvre à l’échelle du secteur des normes pour le processus d’acceptation de nouveaux matériaux tels que le CFRP dans le secteur ferroviaire (CEN/TC 256/SC 2/WG 54). Le projet a été soutenu par la Commission européenne via l’initiative Shift2Rail. Le prototype utilise le train à grande vitesse Avril comme référence, mais d’autres véhicules interurbains ou de banlieue Talgo pourraient être utilisés, et des techniques similaires pourraient être utilisées pour d’autres composants structurels du matériel roulant.
(Source : Talgo)

Prochaine livraison : le 18 mai 2022

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La quinzaine de Rail Europe News – Newsletter 069

Du 6 au 20 avril 2022

Par Frédéric de Kemmeter – Signalisation ferroviaire et rédacteur freelance – Inscrivez-vous au blog
21/04/2022

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Dorénavant, la newsletter paraîtra tous les 15 jours.

Politique des transports
Espagne : la Renfe va concurrencer la France avec ses propres AVE, en solo« Plus de coopération ? Eh bien on va le faire tout seul. » La Renfe va continuer le service AVE entre Barcelone et Marseille dès décembre 2022, mais en solo, sans la SNCF. La certification des conducteurs espagnols devrait démarrer pour assurer ces services. Rappelons que la SNCF annonçait mettre fin dès décembre prochain à la coopération avec la Renfe, source de déficits récurrents. La Renfe doit donc poursuivre seule les opérations si elle veut continuer ses services en France. L’entreprise publique espagnole a déjà demandé les autorisations correspondantes pour amener ses trains AVE à Marseille à l’expiration de l’accord le 12 décembre et exploiter seule cette ligne. Mais la réponse de l’opérateur ferroviaire espagnol va bien plus loin, puisqu’il va réactiver son projet d’entrer pleinement sur le marché français en exploitant la ligne Lyon-Paris, il exploitera la ligne Paris-Londres via Eurotunnel et se présentera aux appels d’offre régionaux de Cercanías au fur et à mesure de leur sortie. À cette fin, un bureau a été ouvert cette année à Paris. Son objectif ultime est la liaison entre Madrid et Barcelone jusqu’à Paris, soit avec sa marque conventionnelle AVE, soit avec le low-cost Avlo. Pour résoudre l’obstacle technique pour rouler entre Lyon et Paris, la Renfe tente d’homologuer les nouveaux trains Talgo Avril (série 106).
(Source : El Païs)

Trafic grande ligne
Espagne : iryo se lancera sur les voies espagnoles en novembre prochain – Le « train le plus interopérable, le plus silencieux, le plus rapide, le plus durable et le plus polyvalent » arrivera en Espagne en novembre avec « des offres complètes mais successives ». C’est ce qu’a annoncé avec un brin de surestimation Carlos Bertomeu, président d’Ilsa, lors de sa participation à la deuxième édition de « Wake Up, Spain ! », qui se tient cette semaine à la Casa América de Madrid. Avec son équipe, l’homme d’affaires lance le second opérateur ferroviaire privé espagnol, après les Ouigo français, et avoue être « franchement heureux d’être un acteur de la libéralisation ferroviaire ». Dans son discours, Bertomeu a expliqué point par point quels sont les attributs qui différencient ses trains et son entreprise ferroviaire. Le patron d’Ilsa a indiqué qu’ils ont basé toute leur stratégie sur l’expérience de voyage du client. D’une part, ces trains seront dotés des dernières technologies, avec un design intérieur hautement personnalisé et individualisé, et insiste d’autre part sur deux caractéristiques essentielles : la vitesse et le silence. Selon le président d’Ilsa, ces trains sont également particulièrement respectueux de l’environnement et des caractéristiques individuelles de chaque passagers. Une grande partie de cette dernière caractéristique sera déclinée par un « service basé sur les clients ». M. Bertomeu a tenu à souligner que le transport n’est pas seulement une industrie, mais aussi un ensemble de « services » et que, dans son cas, il voulait offrir un service moderne et innovant à tous ses trains. « Nous formons les gens de manière très intensive afin qu’ils partagent l’excitation de traiter avec des individus », a-t-il expliqué. Le responsable de l’opérateur ferroviaire privé a valorisé le rôle des personnes impliquées dans le projet lorsqu’il s’agit de fournir un service de qualité, ce que, selon lui, « les gens remarquent avant tout ».
(Source : El Espanol)

Espagne : la grande vitesse fête ses 30 ans – Le 14 avril 1992, six jours avant l’ouverture de l’Exposition universelle de Séville, l’Espagne inaugurait sa toute première ligne à grande vitesse entre Madrid-Atocha et Séville-Santa Justa, en passant par Ciudad Real et Cordoue. La ligne fut même étendue jusqu’au site de l’Expo du 20 avril au 12 octobre 1992. Cette ligne de 472 kilomètres à grande vitesse a été construite à écartement standard UIC 1.435mm et fut équipée de normes de signalisation allemandes LZB qui avaient été développées dans les années 80 pour les lignes à grande vitesse Hanovre-Würzburg et Mannheim-Stuttgart. Pour le matériel roulant, le choix se porta sur des rames TGV dérivées des TGV-Atlantique français, une construction d’Alstom. Les AVE S-100 comportent 8 caisses et, nouveauté, la Renfe déclina le service à bord en 3 classes au lieu des 2 traditionnelles : Club, Preferente et Turista. Le service commercial réel débuta le 20 avril 1992. En 2018, près de 3,5 millions de voyageurs empruntaient la ligne, pour la plupart des voyageurs effectuant le trajet complet Madrid-Séville. Cette première LGV espagnole a depuis obtenu une extension au départ de Cordoue vers Malaga, inaugurée en 2007. Sur cette branche andalouse se greffe en outre une ligne vers Grenade. Cette ligne fait partie des trois tronçons libéralisés sur laquelle on trouvera, outre déjà la Renfe et ses AVE, les Avlo de la Renfe, les Ouigo de la SNCF et les Frecciarossa de iryo, qui devrait débuter ses trafic vers Malaga en janvier 2023.
(Source : Mediarail.be)

France : La SNCF lance ses Ouigo train classique – La SNCF a lancé ce lundi 11 avril des trains classiques commercialisés par une filiale sous la marque Ouigo train classique. Le 23 septembre 2021, la SNCF annonçait l’expansion de la marque Ouigo, mais cette fois sous forme de trains classiques rénovés, sur le réseau intérieur français. Baptisé en interne OSLO à la SNCF, le projet Ouigo Vitesse Classique voulait relancer un segment qu’elle avait quelque peu abandonné : les lignes classiques non-TGV. 14 destinations, dont 8 nouvelles par rapport à l’offre grande vitesse (et plusieurs gares supplémentaires en Ile de France). L’idée de départ : prendre des parts de marché sur la route, fréquentée par 700.000 personnes chaque jour, afin de préserver autant que possible la planète. Lors de l’ouverture des ventes au début de cette année, le nom devenait Ouigo train classique, avec un site web dédié. Cette filiale de SNCF Voyageurs est une entreprise ferroviaire (EF) à part entière. Il s’agit d’une exploitation sans subsides, c’est-à-dire en open access, mais avec du personnel volontaire issu des rangs de la SNCF.
(Lire la suite : Railtech.be-fr)

France : Trenitalia s’étend sur Paris-Lyon – Mercredi dernier, Trenitalia inaugurait sa première liaison à grande vitesse exclusivement domestique, entre Paris et Lyon Perrache, deuxième étape de la montée en puissance de son offre française. Le 18 décembre dernier, pour la première fois en France, une entreprise ferroviaire étrangère venait directement concurrencer la SNCF. Trenitalia lançait en effet deux allers-retours par train à grande vitesse entre Milan et Paris, en passant par Turin, Modane et Lyon. Les rames ‘Frecciarossa’, nom donné par les italiens à leurs trains à grande vitesse, se distinguent des TGV inOui et Ouigo de la SNCF par une offre et des niveaux de confort différents, selon Trenitalia France. Mais ce qui est le plus important est que cette arrivée italienne prévoit la vente par Trenitalia de billets Paris-Lyon, autrement dit en service intérieur. Un peu plus de trois mois plus tard, la compagnie poursuit le développement de son offre et met en circulation un troisième aller-retour entre Paris et Lyon, avec une particularité. Cette troisième relation lancée mercredi 5 avril n’est en effet pas une relation internationale.
(Lire la suite : Railtech.be-fr)

Trafic fret
France : CMA CGM rachète le transporteur Gefco – Dans le cadre d’une opération visant à développer sa filiale Ceva Logistics, le conglomérat maritime français CMA CGM a acquis près de 100 % du transporteur automobile et de la logistique contractuelle Gefco, qui était auparavant détenu majoritairement par le groupe ferroviaire public russe RZD. GEFCO (acronyme de Groupages express de Franche-Comté) est une création de Peugeot en 1949 et restera principalement connue durant des décennies pour le transport d’automobiles par trains. Le groupe, internationalisé et branché sur la logistique, emploie aujourd’hui quelque 11.500 collaborateurs dans 47 pays. Gefco travaille avec de nombreux grands groupes industriels (General Motors, Renault, Toyota, Ford, Volkswagen, BMW…) et prend en charge la chaîne d’approvisionnement de ces groupes. À la lumière de l’invasion russe de l’Ukraine, RZD était devenue un actionnaire embarrassant, l’opérateur ferroviaire étant placé sous sanctions internationales. Selon certaines sources, RZD voulait déjà se dégager du capital de Gefco depuis 2021. CMA CGM aurait acquis la participation de RZD à un prix qui valoriserait la société entre 450 et 500 millions d’euros. Il a également conclu des conditions pour acheter les 25% détenus par Stellantis, sous réserve de l’approbation réglementaire. D’après Rodolphe Saadé, cité par le site Gomet.net, « l’acquisition de Gefco, et son intégration à terme au sein de Ceva Logistics, permettra ainsi de créer le leader mondial de la logistique pour le secteur automobile ». Pour rappel, le patron de CMA CGM vise le top 4 mondial de la logistique contractuelle avec la filiale Ceva.
(Source : Railway Gazette)

Allemagne : CargoBeamer va construire lui-même ses propres wagons – CargoBeamer commencera la production de ses propres wagons intermodaux dans une ancienne usine de locomotives à Erfurt, en Allemagne, cette année, et prévoit de construire 500 véhicules par an à partir de 2023. C’est plutôt inédit : un exploitant de transport intermodal ferroviaire investi dans la production de ses propres wagons, alors qu’en principe ce sont des constructeurs qui s’en chargent. CargoBeamer AG, dont le siège social est situé à Leipzig, en Allemagne, est un prestataire de service ferroviaire intermodal innovant qui a conçu un système de chargement latéral des camions sur des plateaux mobiles. L’idée est née en 1998 mais le système n’a été amené à la maturité qu’en 2013 grâce à la mise en service du premier trafic pilote. Entre 2015 et 2018, le nombre de trains est passé de 2564 à 12285 tandis que le volume de transport passait de 26 à 152 millions de tonnes/km. Pour les chargements/déchargements, CargoBeamer a opté pour des terminaux sophistiqués qui sont maintenant en service notamment à Leipzig et Calais. Les wagons eux-mêmes sont sophistiqués, puisque pour libérer le plateau, les deux bords du wagons doivent s’abaisser (photo ci-dessous). Les wagons ont été approuvés
(Lire la suite : Railtech.be-fr)

Chine : La guerre en Ukraine modifie l’itinéraire Chine-Europe – La Russie étant désormais sous sanctions et ses ports étant inaccessibles, la principale route ferroviaire reliant la Chine à l’Union européenne s’est déplacée vers le sud vers la route multimodale fournie par la mer Caspienne. Si le trajet en Chine et au Kazakhstan reste inchangé (via le point intermodal de Khorgos), il diffère par la suite en se dirigeant vers le port d’Aqtau sur la mer Caspienne. Contrairement à la route nord en Russie, les trains doivent alors être déchargés et les conteneurs placés sur un navire jusqu’au port de Bakou en Azerbaïdjan, où ils sont rechargés sur un autre train pour ensuite rejoindre les réseaux ferroviaires vers la Turquie et la mer Noire. La traversée de l’Azerbaïdjan se heurte cependant avec un autre conflit territorial avec l’Arménie. Une fois arrivés en Turquie, les trains peuvent alors directement rejoindre l’Europe par le tunnel du Bosphore, puis la Bulgarie et la Roumanie. Cet itinéraire, comme on le voit ci-dessous, permet d’éviter entièrement le conflit en Ukraine ainsi que le territoire russe et biélorusse. Cet itinéraire n’est cependant pas une invention d’il y a quelques semaines. Il est devenu une réalité depuis quelques années. En juillet 2020, douze jours furent nécessaires pour faire le trajet complet depuis la frontière sino-kazakhe de Khorgos et la gare turque Kosekoy d’Izmit, non loin d’Istanbul.
(Lire la suite : Railtech.be-fr)

Technologie
France : l’impression 3D pour optimiser la maintenance des trains – Accélérer l’industrialisation des technologies de fabrication additive, l’équivalent industriel de l’impression 3D, pour optimiser la maintenance des trains. Tel est l’objectif du consortium Additive4Rail dont la création a été annoncée le 5 avril et qui réunit la SNCF, l’école Centrale Nantes, VLM Robotics, une PME spécialiste du « manufacturing 4.0 », et 4D Pionneers, qui développe des procédés industriels et des matériaux pour la fabrication additive. Additive4Rail fait partie des 7 premiers lauréats de l’Appel à manifestation d’intérêt (AMI) lancé en 2021 par le Comité d’orientation de la recherche et de l’innovation ferroviaires (Corifer) pour améliorer la performance, l’exploitation et la maintenance des trains et du réseau ferré. Le consortium est aussi soutenu via le Programme d’investissements d’avenir PIA4 et France 2030, piloté par le Secrétariat général pour l’investissement et géré par Bpifrance et l’ADEME. Grâce à la fabrication additive, les délais de prototypage, d’outillage et d’approvisionnement sont réduits ce qui offre une meilleure disponibilité des pièces et donc des trains pour l’exploitation. Cette technologie permet de réaliser des pièces qui ne sont plus fabriquées alors que le matériel auquel elles sont destinées est, lui, encore en service, sa durée d’exploitation pouvant atteindre une quarantaine d’années. Ainsi, le stock des pièces de rechange peut être réduit, tout comme les coûts qu’il représente.
(La suite : Ville, Rail & Transports)
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La quinzaine de Rail Europe News – Newsletter 068

Du 23 mars au 05 avril 2022

Par Frédéric de Kemmeter – Signalisation ferroviaire et rédacteur freelance – Inscrivez-vous au blog
06/04/2022

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Dorénavant, la newsletter paraîtra tous les 15 jours.

Politique des transports
Finlande/Russie : les chemins de fer finlandais vont arrêter l’exploitation du train Helsinki-St Petersbourg – Depuis décembre 2010, les trains Allegro qualifiés de « grande vitesse » assurent des liaisons régulières à une vitesse maximale de 220 km/h entre Saint-Petersbourg et Helsinki, à raison de quatre allers-retours par jour couverts en 3h27. Les rames sont du type Pendolino classés Sm6 chez l’opérateur public VR. Elles sont basées sur l’ERT460 italien, dont Alstom a repris la conception. Mais une guerre, bien que lointaine depuis la Baltique, vient ternir ce service. La ligne Helsinki-Saint-Pétersbourg est une joint-venture entre les chemins de fer finlandais et russes. À la suite de l’invasion russe de l’Ukraine le 24 février 2022, cependant, les trains dans le sens Helsinki-Saint-Pétersbourg roulaient presque à vide, alors qu’ils étaient complets en direction de la Finlande, avec de nombreux russes se précipitant pour quitter le pays. VR, l’opérateur finlandais, précisait qu’il avait maintenu les trains en service au cours des dernières semaines à la demande des autorités, qui voulaient s’assurer que les Finlandais se trouvant en Russie puissent rentrer chez eux. La compagnie avait annoncé début mars renforcer son offre de services sur la liaison Helsinki-Saint-Pétersbourg en raison de l’explosion de la demande due au fait que de plus en plus de Russes souhaitaient quitter leur pays. Le dernier train à destination de la Finlande partira dimanche 27 mars, a précisé VR, soulignant que ceux qui souhaitaient quitter la Russie pour le pays des Mille Lacs avaient eu le temps de le faire. Avec l’arrêt de cette liaison, il n’y aurait plus d’accès terrestres ferroviaire entre l’Europe et la Russie, même si le réseau routier reste en l’état.
(Source : Zdopravy.cz)

Grande-Bretagne : l’Écosse reprend la main sur son chemin de fer – C’était dans l’air. La reprise par des entités publiques du trafic autrefois assuré par des opérateurs indépendants en Grande-Bretagne devient réalité. ScotRail vient de reprendre l’ensemble des trains d’Abellio. Pour les passagers, rien ne change immédiatement alors que la propriété du service ferroviaire change de mains. Dans un courriel envoyé aux clients en mars, ScotRail a déclaré : « Il n’y a pas de changement immédiat et vous n’avez rien à faire ». Afin de rassurer, ScotRail précise qu’il n’est pas non plus prévu de modifier les horaires. Les services de transport de passagers au Pays de Galles et en Irlande du Nord sont également exploités par des entreprises du secteur public, tandis qu’en Angleterre, l’opérateur de dernier recours du ministère britannique des transports gère les services de Southeastern, Northern et LNER. Dans d’autres cas, des contrats sont passés avec des opérateurs privés, tandis que certaines lignes principales restent avec leur opérateur d’origine, comme Avanti West Coast ou GWR. First Group a même lancé une série de trains à accès libre entre Londres, York et Édimbourg sous le nom de Lumo. Il sera intéressant de voir comment les nouvelles entités publiques pourront supporter les coûts du transport ferroviaire à l’avenir et comment elles tiendront leurs promesses d’amélioration, dans un contexte où les syndicats surenchérissent sur le personnel.
(Source : Railway Gazette)

Suède : l’opérateur privé MTRX devient un fournisseur de transport pour les fonctionnaires suédois – L’autorité administrative de l’État, Kammarkollegiet, a procédé à la passation d’un marché historique dans le domaine du transport ferroviaire, pour lequel MTRX a été désigné comme fournisseur. Il s’agit en effet de facilités de transport pour les fonctionnaires de l’État suédois pour certains de leur déplacements. Grâce à cet accord, MTRX sera en mesure de proposer aux fonctionnaires des voyages ponctuels et durables entre Stockholm et Göteborg, ainsi que vers les autres destinations de la société. L’accord s’applique principalement aux agences gouvernementales relevant du gouvernement, mais aussi aux agences relevant du Riksdag et à d’autres organismes publics. L’accord nouvellement signé est valable pour deux ans à partir du 4 avril 2022, avec la possibilité pour Kammarkollegiet de prolonger l’accord pour un maximum de 24 mois supplémentaires.« Nous nous réjouissons de la mise en place d’un accord-cadre gouvernemental pour les trains intérieurs et du fait que le MTRX sera en mesure d’offrir à encore plus d’employés du gouvernement des voyages abordables, durables et ponctuels entre les deux plus grandes villes de Suède. Nous sommes impatients d’accueillir davantage de voyageurs gouvernementaux à bord de nos trains à grande vitesse modernes », déclare Nina Alexandersson, responsable des ventes aux entreprises et aux agents, MTRX.
(Source : MTRX pressroom)

Transports publics
Allemagne : un ticket à 9 euros par mois dans les transports publics – Les dirigeants du SPD, des Verts et du FDP ont décidé la semaine dernière d’introduire un ticket de transport public à 9 euros par mois pendant 90 jours, afin d’inciter les automobilistes à changer de mode de transport en raison du prix élevé du carburant. Mais de nombreuses questions relatives à la mise en œuvre restent en suspens. L’État fédéral et les Länder ont mis en place un groupe de travail à ce sujet il y a une semaine. L’Etat fédéral veut mettre à disposition des Länder des moyens pour la mise en œuvre, le ministre fédéral Wissing parlant de 2,5 milliards d’euros. Les ministres des Transports des Länder voient toutefois d’importants problèmes dans la mise en œuvre. C’est pourquoi ils ont exigé vendredi dernier, à la majorité, un ticket mensuel gratuit pour les transports en commun. Les citoyens devraient ainsi avoir la possibilité d’utiliser gratuitement les bus et les trains pendant trois mois. Dans le même temps, il serait possible de maintenir la charge administrative pour les entreprises et les Länder à un faible niveau. Tout l’enjeu est en effet de savoir qui va supporter le manque à gagner, certains réseaux de transport public aillant une taille importante. De plus, des questions se posent quant à la réelle efficacité de ce genre de mesures. Certains craignent qu’elle ne favorise que les habitués des transports publics, sans transfert modal au niveau du public visé : les automobilistes. À suivre…
(Source : Schiene.de)

Trafic fret
Espagne : forte hausse des trains de fret au terminal de Saragosse – Le terminal maritime de Saragosse (tmZ), qui est en réalité un ‘interporto’ à l’italienne, clôture l’exercice 2021 avec 3.706 trains exploités, ce qui représente une croissance de 21 % par rapport à 2020. En ce qui concerne l’activité du terminal, réalisée par la société d’exploitation tmZ Services, 196.000 EVP ferroviaires (équivalents vingt pieds) ont été traités en 2021, pour une activité totale de 408.000 EVP traités, soit une augmentation de 19% et 17% par rapport à l’année précédente. La part modale du rail dans les conteneurs est donc de pratiquement 50%, ce qui est remarquable. Cette augmentation significative de l’activité en 2021, supérieure à la moyenne nationale des ports, a renforcé la nécessité d’agrandir les installations du terminal maritime de Saragosse. À cet égard, depuis la fin de l’année 2021 et avec l’attribution du projet de construction, l’agrandissement du terminal a commencé à se concrétiser, ce qui permettra d’augmenter la capacité tant ferroviaire que terminale et d’améliorer l’efficacité opérationnelle, en étant capable d’accueillir des trains jusqu’à 750 mètres. Les 3.706 trains exploités en 2021 ont permis de retirer 110.055 conteneurs des routes, ce qui représente 29.414 tonnes de CO2 économisées. Pour absorber cette quantité d’émissions, il faudrait environ 176.484 arbres pendant un an. L’une des priorités dans le développement de l’activité du tmZ est de promouvoir la plateforme sous des critères de durabilité économique, sociale et environnementale. Le transport de marchandises par train est, sans aucun doute, le choix le plus efficace dans les chaînes d’approvisionnement logistiques. Rappelons que Saragosse fait partie du grand couloir en cours d’aménagement de gabarit depuis le port d’Algesiras, tout au sud de l’Espagne.
(Source : Diario el canal)

Belgique : la ligne rénovée Genk-Goederen – Bilzen est désormais opérationnelle – Infrabel a inauguré fin mars la rénovation et l’électrification de la ligne marchandises entre Genk-Goederen et Bilzen. En présence entre autres de la ministre flamande Lydia Peeters et du CEO Benoît Gilson, Infrabel a officiellement inauguré la ligne ferroviaire Genk Goederen – Bilzen avec un premier train de marchandises électrique. C’est DB Cargo Belgium qui eut l’honneur d’être la première entreprise à passer au-dessus du canal Albert sur la nouvelle ligne. La Vectron rouge 193 344 était en tête d’un premier train de marchandises. Genk, dans la province du Limbourg, est un centre industriel important pour le fret ferroviaire, puisque plusieurs trains relient les lieux avec des destinations étrangères, notamment vers l’Italie. Il s’agissait de renouveler une ligne donnant accès à une zone industrielle dont les trains de marchandises relie des pays étrangers en direct, notamment l’Italie. Pour l’occasion, les deux tabliers de pont passant par dessus le canal Albert (photo) furent relevés pour permettre un plus grand gabarit du trafic fluvial. Répartis entre Genk Goederen et Bilzen, 113 km de câbles et 15 signaux ont été installés dans le domaine de la signalisation. Le système de sécurité européen ETCS (European Train Control System) a également été déployé.
(Source : Railtech.be)

Technologies
Italie : Hitachi Rail signe accord-cadre pour installer le système ERTMS – Hitachi Rail a signé un accord-cadre d’une valeur de 500 millions d’euros avec Rete Ferroviaria Italiana (FS Group) pour la conception et la mise en œuvre de l’ERTMS sur 700 kilomètres de lignes ferroviaires italiennes. L’ETCS sera ainsi mis en œuvre sur les lignes ferroviaires de quatre régions italiennes : environ 480 kilomètres de voies en Sicile, 150 kilomètres de l’ancien chemin de fer de l’Ombrie centrale et 80 kilomètres de la ligne Roccasecca-Avezzano dans les régions du Latium et des Abruzzes. Les travaux seront réalisés par un groupe d’entreprises dirigé par Hitachi Rail et les contractants, Alstom Ferroviaria et CEIT, dans le cadre d’une association momentanée. Il s’agit du premier projet technologique financé par le PNRR en Italie et il représente une étape majeure vers l’interopérabilité ferroviaire en Europe. Les avantages de la technologie ERTMS, déjà utilisée sur les lignes ferroviaires à grande vitesse, sont ainsi étendus aux lignes ferroviaires régionales en Italie.
(Source : Railtech.be)

Allemagne : Alstom débute la conversion du S-Bahn de Stuttgart – En juin 2021, Alstom signait un contrat avec DB Regio AG (filiale de Deutsche Bahn) pour équiper 215 rames du réseau S-Bahn de Stuttgart, en Allemagne, avec le système européen de contrôle des trains (ETCS) et la conduite automatique (ATO). Dans le cadre de ce projet phare, Alstom doit mettre à niveau les rames de type BR 423 et BR 430 qui circulent sur le réseau S-Bahn de Stuttgart. Ce contrat de 130 millions d’euros sera exécuté à Hennigsdorf, dans la banlieue de Berlin. Il s’agit en fait des installations de l’ancienne firme Bombardier, dont les actifs ont été rachetés par Alstom l’an dernier. Le système ETCS niveaux 2 & 3 et l’équipement ATO niveau 2 (GoA 2), doit être installé sur 58 véhicules BR 423 et 151 véhicules BR 430. Dans le même temps, l’ETCS doit aussi être installé sur le réseau ferroviaire autour de Stuttgart. Dès janvier 2025, les trains S-Bahn mis à niveau circuleront sur les premières lignes dotées du système ETCS niveau 2. À la fin de l’année 2025, la ligne principale du S-Bahn sera progressivement équipée du système ETCS niveau 2 et ATO niveau 2 (GoA 2). Lorsque la ligne sera équipée, la fréquence du service sera augmentée.
(Source : Railtech.be)

Prochaine livraison : le 20 avril 2022

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La quinzaine de Rail Europe News – Newsletter 067

Du 09 au 22 mars 2022

Par Frédéric de Kemmeter – Signalisation ferroviaire et rédacteur freelance – Inscrivez-vous au blog
23/03/2022

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Politique des transports
Allemagne : objectifs de croissance du fret ferroviaire trop ambitieux, selon le VDV – 09/03/2022 – L’Association des entreprises de transport allemandes (VDV) a averti que les objectifs de croissance fixés pour le fret ferroviaire dans le pays pourraient s’avérer trop ambitieux. Une part de marché de 25 % d’ici 2030 pourrait être difficile à atteindre car des facteurs tels que les travaux d’infrastructure, les prix de l’énergie et les pénuries de personnel pourraient entraver le développement futur. « L’essentiel est que le transport ferroviaire de marchandises a traversé la crise de Corona relativement indemne jusqu’à présent. L’industrie a actuellement de meilleurs chiffres qu’avant la pandémie. Néanmoins, cela ne suffit toujours pas pour la croissance nécessaire et pour atteindre les objectifs de protection climatique pour 2030 », a souligné Oliver Wolff, directeur général de VDV. C’est la gestion des capacités pendant les phases de construction qui s’avère problématique. « L’augmentation du nombre de chantiers est un excellent signe que des progrès sont en cours dans le pays, que nous modernisons, élargissons et numérisons les itinéraires. Néanmoins, nous avons également besoin de réseaux plus stables pendant les phases de construction, même si cela augmente l’effort financier. Après tout, le rail doit être un mode de transport fiable même pendant les travaux de construction », explique Wolff.
(Lire davantage : Railfreight.com)

Grande vitesse
Maroc : le Sud-Coréen KNR prend pied sur le TGV marocain – Les temps changent ! Alors qu’on aurait pu penser que la France avait un pied solide au Maroc – ce qu’elle a toujours du reste – , c’est KNR (Korean National Railway) qui décroche un contrat pour la conception et le design du tronçon à grande vitesse Nouaceur – Marrakech. Pour bien comprendre, il s’agit de donner suite à la ligne Tanger-Kenitra inaugurée en 2018, en la prolongeant vers le sud, jusqu’à Marrakech. Un autre projet devrait permettre de réparer une erreur historique, en raccordant enfin Agadir, ville côtière, au rail. Le marché Kenitra-Marrakech se décompose en trois lots relatifs aux tronçons Kénitra-Aïn Sebaa, Aïn Sebaa-Nouaceur et Nouaceur-Marrakech. En 2019, une lutte féroce était emtamée par la France face à une offensive chinoise qui se faisait pressante. En réalité, le trosième tronçon allie une bureau marocain avec KNR et Dohwa, une entreprise sud-coréenne d’engineering. « L’attribution de ce projet a été l’occasion d’informer le monde que la Corée dispose de la technologie pour exporter des conceptions ferroviaires à grande vitesse », s’est réjoui Kim Han-young, Président de KNR. C’est la première fois que le Corée du Sud arrive ainsi en Afrique avec un projet ferroviaire.
(Lire davantage : Rail journal)

Leasing
France/Grande-Bretagne : Getlink voudrait devenir un loueur de train à grande vitesse – Interrogé la semaine dernière lors d’une rencontre organisée par l’AJTM (Association des journalistes des transports et des mobilités), Jacques Gounon, le patron de Getlinkl (ex-Eurotunnel), a indiqué qu’il envisage de commander des rames Transmanche vers la fin 2023 pour les louer à des opérateurs ferroviaires qui souhaiteront passer par le tunnel sous la Manche pour desservir Londres. Une démarche audacieuse. Jusqu’ici en effet, les revenus de droits de passage de trains de voyageurs sont suspendus au seul trafic Eurostar, dont on connait les turpitudes actuelles. «Il me faut des passagers, il me faut des camions et il me faut des trains de fret», a-t-il déclaré, se disant totalement confiant en la reprise de son groupe, durement frappé par la pandémie de Covid-19, après les incertitudes du Brexit. L’ex-groupe Eurotunnel a affiché des pertes nettes de 229 millions d’euros en 2021 et de 113 millions en 2020. Pour booster ses revenus et effacer certaines contraintes quand à l’acceptation du matériel roulant, Getlink veut donc lui-même acheter du matériel roulant homologué et le louer à qui veut. Parmi eux, les chemins de fer espagnols, qui s’intéressent à l’axe Espagne-Lyon-Paris-Londres, et que le président de Getlink souhaite aider à se lancer. « La Renfe finira par obtenir sa licence ferroviaire. Mais la difficulté numéro un, c’est le coût initial du matériel roulant », commente-t-il. Une Rosco – rolling stock company – loueur de matériel roulant, serait ainsi chargée d’acheter au constructeur allemand Siemens les rames pour 40 millions d’euros l’unité, avant de les louer à un opérateur. Il n’est pas exclu que d’autres candidats puissent se manifester sur la destination Londres, mais ce n’est encore à ce stade que spéculation. On retiendra surtout cette grande faculté de la libéralisation qui est de pouvoir acheter des trains homologués chez qui on veut pour les louer à qui ont veut.
(Diverses sources)

Technologie
Danemark : le S-Bane de Copenhague sera entièrement sans conducteurs en 2037 – Ricardo Certification sera l’organisme d’évaluation de l’opérateur danois DSB, qui travaillera à automatiser le S-Bane de Copenhague au « Grade of Automation 4 », le GoA4, c’est à dire le grade le plus élevé. Ce projet devrait être en exploitation GoA4 en 2037. Bien qu’il faudra 15 ans avant que l’automatisation ne soit entièrement mise en œuvre, le S-Bane de Copenhague sera l’un des RER les plus développés en exploitation GoA4 au monde. Avec ses 172 kilomètres, ce sera aussi l’un des plus longs réseaux à être exploité de la sorte. Ricardo Certification assistera DSB tout au long du programme de conversion, en veillant à ce qu’il soit conforme aux méthodes européennes communes de sécurité pour l’évaluation des risques. « Après avoir soutenu les mises à niveau de la signalisation du S-Bane au cours des dix dernières années, nous avons une compréhension approfondie du système et des processus et technologies qui le sous-tendent, » déclare Mark Dodsworth, directeur commercial de Ricardo Certification Danemark. L’opération GoA4 prévue est basée sur la mise à niveau de la technologie de signalisation de S-Bane vers le contrôle des trains basé sur la communication. L’achat de nouvelles rames sera également conforme au transfert prévu vers GoA4. Ce degré d’automatisation signifie que les trains peuvent circuler sans personnel à bord.
(Source : Jarnvagsnyheter.se)

Allemagne : quand la 3D permet de réduire le temps de maintenance – C’est une évidence : actuellement, pour fournir une fiabilité maximale au service des trains, des quantités de commande minimales de pièces de rechange sont souvent requises. Elles sont d’ailleurs souvent incluses dans le contrat de commande et encombrent les allées de stockage de certains grands dépôts. Il en résulte dès lors un stock de pièces de rechange ainsi que des outils qui ne sont pas toujours nécessaires au quotidien. Tout cela a un coût, dès l’instant où la plupart des entreprises ferroviaires sont des entreprises étatiques. Bien des années après leur mise en service, les pièces de rechange sont souvent difficiles à obtenir pour le matériel roulant. Comme d’autres opérateurs en Europe, la Deutsche Bahn mise à l’avenir sur l’impression 3D pour les pièces de rechange de ses trains. Les temps d’immobilisation du matériel roulant peuvent ainsi être réduits. Daniela Gerd tom Markotten, directrice de la numérisation et de la technique à la DB, explique le défi : « Nos trains doivent rouler pour nos clients et ne pas rester à l’atelier. L’impression 3D nous permet de nous procurer plus rapidement des pièces de rechange et de reconstruire nous-mêmes les pièces qui ne sont plus disponibles. Je suis fier de voir le nombre d’idées que nos collaborateurs ont développées et continuent de développer pour l’utilisation de l’impression 3D ».
(Lire davantage : Railtech.be)

Entreprise
Suisse : belle performance pour le constructeur suisse Stadler – 2021 a été une année riche en événements et en succès pour le constructeur suisse Stadler, à bien des égards. L’entreprise a réalisé en 2021 des chiffres historiques en termes de chiffre d’affaires, d’EBIT, d’entrées de commandes et de carnet de commandes, battant tous les records depuis l’introduction en bourse.« Bien que la situation économique soit encore affectée par la pandémie – en particulier en ce qui concerne les problèmes de chaîne d’approvisionnement – nous pouvons regarder avec fierté notre meilleure année depuis l’introduction en bourse. L’orientation stratégique et les performances de notre groupe en témoignent de manière impressionnante », a déclaré Peter Spuhler, président exécutif du conseil d’administration et CEO du groupe a.i., à propos de l’exercice écoulé. Les ventes massives ont conduit à une augmentation notable du chiffre d’affaires de 18 % pour atteindre le niveau record de 3,6 milliards de CHF, contre 3,1 milliards de CHF l’année précédente et 3,2 milliards de CHF pour l’année 2019 avant la crise. Le résultat d’exploitation au niveau de l’EBIT a augmenté de 43% pour atteindre 223,7 millions de CHF, contre 156,1 millions de CHF en 2020. En termes de bénéfice net, Stadler a enregistré un bénéfice de 134,5 millions de CHF au cours de l’exercice 2021, contre 138,4 millions de CHF l’année précédente. La légère baisse de ce bénéfice net est notamment due par des pertes de change de 37,7 millions CHF.
(Source : Railtech.be)

Prochaine livraison : le 30 mars 2022

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La semaine de Rail Europe News – Newsletter 066

Du 02 au 08 mars 2022

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09/03/2022

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Édito
L’espace ferroviaire européen unique est-il un rêve irréalisable ?
Nous reprenons ici un titre paru en février 2022 dans l’excellent mensuel International Railway Journal. Il posait la question de savoir si le rêve d’un chemin de fer unifié pourrait être atteint un jour en Europe. Une bonne question qui appelle de multiples réponses. « L’objectif qui devrait nous unir est de briser les chaînes des règles nationales, qui maintiennent les chemins de fer essentiellement enfermés dans leur pays d’origine« , explique Mme Barbara Thaler, députée européenne autrichienne et membre de la commission des transports du Parlement européen à l’International Railway Journal (IRJ). En réalité, il semble que tout le problème soit là ! De nombreux politiciens ainsi que l’ensemble des cheminots continuent de percevoir le chemin de fer comme un monument national, au même titre que l’armée, l’enseignement ou la santé. Cela fait tâche face aux autres secteurs concurrents, à savoir l’aviation et l’automobile, qui présentent un visage de modernité et d’unité, malgré une forte concurrence interne. La question est de savoir s’il y a vraiment une volonté de faire du train un ensemble le plus unifié possible en Europe. Plusieurs voix, en off, rappellent constamment que les impôts nationaux ne peuvent servir qu’à des politiques nationales, et que le trafic domestique est largement écrasant dans les chiffres de tous les opérateurs historiques d’Europe. Pas faux : la Deutsche Bahn a déjà montré que l’international ne représentait chez elle que quelque pourcents tant de ses trafics quue du chiffre d’affaire. Près d’un milliard de voyageurs empruntaient les trains régionaux et locaux en Allemagne avant la pandémie. Cela donne la mesure par rapport à quelques millions de voyageurs internationaux. Les politiciens embrayent d’ailleurs tous avec un focus sur le transport du quotidien, celui dont le citoyen attend des améliorations. Un trafic social de facto déficitaire ! Pourtant, il y a des améliorations sensibles sur le trafic fret, avec l’apparition de locomotives interopérables. L’interopérabilité, c’est aussi une demande forte de l’industrie pour fournir des trains « à peu près » standards, laissant tout de même aux clients le choix des aménagements et de certains critères techniques. Un effort très important doit être entrepris en matière de billetterie, là où l’aviation a depuis longtemps le support de nombreuses applications qui permettent des vols inter-entreprises. À quand cette « innovation » pour nos chemisn de fer ?
(Lire davantage : Mediarail.be)

Politique des Transports
Italie : l’Europe autorise une aide de 687 millions d’euros pour le rail italien – Les bénéficiaires éligibles, uniquement dans le transport de voyageurs, seront qualifiés pour obtenir une compensation sous forme de subventions directes. Le gouvernement italien pourra mettre en œuvre son régime d’aides pour indemniser les opérateurs ferroviaires commerciaux de voyageurs longue distance pour les dommages causés par le Covid-19. La Commission européenne a autorisé, en vertu des règles de l’UE en matière d’aides d’État, un régime d’aides italien d’un montant de 687 millions d’euros destiné à indemniser les prestataires de services commerciaux de transport ferroviaire longue distance de voyageurs pour les dommages subis entre le 1er juillet 2020 et le 30 avril 2021 en raison de la pandémie de COVID-19 et des mesures restrictives que l’Italie a dû mettre en œuvre pour limiter la propagation du virus. Depuis le début de la pandémie, le gouvernement italien avait mis en place toute une série de mesures pour limiter la propagation du virus, parmi lesquelles un système obligatoire de réservation des places en quinconce, qui réduit de 50 % le nombre de sièges disponibles, des limitations strictes concernant les réunions professionnelles en face-à-face et les voyages d’affaires, ainsi que l’annulation d’événements. En outre, les opérateurs de transport ont également engagé divers coûts, notamment des dépenses supplémentaires pour mettre en œuvre des mesures sanitaires et d’hygiène améliorées.
(Lire davantage : Railtech.be)

Europe : le train à la rescousse des milliers de réfugiés ukrainiens – Ils étaient plus de 700.000 à avoir passer la frontière hier mardi pour trouver refuge en Europe. Le train a été mis à contribution pour les transporter ailleurs en Europe. Tous les réfugiés ne passent par le train, loin s’en faut. Une bonne partie a pu entrer en Europe en auto. N’empêche. Face au drame humain qui se dessinait aux frontières entre l’Ukraine et la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie et la Roumanie, les grands moyens ont été dépêchés. Dimanche dernier déjà, l’Allemagne autorisait tous les réfugiés ukrainiens en provenance de Pologne à circuler gratuitement à bord des trains longue distance de la compagnie historique Deutsche Bahn. Depuis, cela s’est largement étendu…
(Lire la suite : Railtech.be)

Trafic grandes lignes
Espagne : du retard pour les concurrents entre Madrid et l’Andalousie – Le retard pris pour opérer en concurrence sur la première ligne à grande vitesse du pays est la conséquence d’une signalisation incompatible avec les standards actuels. En effet, la ligne Madrid-Seville, construite en 1992, ne dispose pas de l’ERTMS comme les autres lignes nouvelles du réseau à grande vitesse espagnol. Elle est encore gérée avec l’ancien système de sécurité allemand LZB. Les appareillages de ce système ne sont plus construits et l’éventuelle intégration sur des TGV Alstom de Ouigo Espana et Frecciarrossa de Iryo n’est pratiquement pas possible. L’ADIF, le gestionnaire d’infrastructure, a donc entrepris des travaux de mise à niveau sur la ligne Madrid-Cordoue-Séville, mais ils ne devraient prendre fin qu’en 2026. La branche Cordoue-Malaga, plus récente, n’a pas ce problème. En tout état de cause, il n’y aura pas de concurrence aussi vite que prévu, certains parlant de fin 2023 voire même 2024.
(Lire la suite : Railtech.be)

Trafic fret
France : cinquième année de bénéfices pour Europorte – Europorte est resté bénéficiaire pour la cinquième année consécutive en 2021. Cette filiale de Getlink devrait pouvoir compter sur le démarrage de nouveaux trafics pour rester dans le vert cette année, en dépit d’un environnement économique incertain. La croissance rentable d’Europorte n’est pas un vain mot. L’entreprise ferroviaire a une nouvelle fois été bénéficiaire en 2021. Son résultat net ressort à 5 M€ sur un chiffre d’affaires porté à 130,2 M€ (+ 6 %) en 2022. Surtout, c’est l’EBITDA qui a continué sa progression, en atteignant 27,9 M€. L’année 2022 a démarré sous les meilleurs auspices pour Europorte. L’opérateur s’est en effet vu octroyer un premier contrat de combiné rail-route par Cargo Beamer France. Le nouveau service relie Cologne au port de Sète depuis le 5 mars 2022. Acceptant des remorques au gabarit P400 (4 m de hauteur), la liaison sera opérée au rythme de deux allers-retours par semaine. Mais au-delà de la poursuite de la montée en puissance du service Flex Express, Europorte pourra également compter sur les perspectives offertes par le développement des trains de fret empruntant le tunnel sous la Manche.
(Lire davantage : Railtech.be)

CargoBeamer se prépare à entrer en Espagne – L’opérateur allemand CargoBeamer veut maintenant se lancer en Espagne et cherche un opérateur pour la traction de ses trains. L’opérateur ferroviaire CargoBeamer accélère son arrivée en Espagne et est déjà en négociation avec des sociétés de traction pour sa navette entre Barcelone et Perpignan . « L’objectif est d’avoir des opérations régulières vers l’Europe du Nord depuis Barcelone en juin », a confirmé le nouveau directeur des ventes de CargoBeamer en Espagne, Robert Delgado. CargoBeamer peut charger tout type de semi-remorque, y compris le fret frigorifique, comme l’expliquait son directeur du développement commercial, Nicholas Albrecht, en octobre dernier lors d’une conférence organisée par le port de Barcelone. Comme son système permet un chargement vertical et horizontal, il n’est pas nécessaire que les semi-remorques soient grutables. La possibilité d’utiliser le terminal de Can Tunis pour ces opérations à Barcelone est également à l’étude. Depuis 2012, une ligne à écartement UIC relie Perpignan à Figueras et Barcelone. Le handicap de l’Espagne avec son écartement différent disparait. La navette serait prévue en milieu d’année et CargoBeamer est en négociations avec un tractionnaire entre Perpignan et Barcelone.
(Lire la suite : Railtech.be)

Chine-Europe : la guerre en Ukraine menace la route de la soie ferroviaire – C’est évidemment un détail par rapport à l’immense catastrophe humaine que représente cette guerre en Ukraine. La confrontation géopolitique va forcément déteindre sur la Route de la Soie ferroviaire, une liaison voulue certes par la Chine mais qui passe par la Russie et la Biélorussie. Le trafic était depuis quelques années en plein essor. La guerre ne touche certes aucun maillon de cette chaîne de transport, mais les sanctions de l’UE envers les entreprises russes, qui exploitent cette liaison, placent les logisticiens, expéditeurs et opérateurs de fret ferroviaire dans une situation intenable. Avec l’éjection des banques russes du système de paiement Swift, comment maintenant payer ces trains ? Selon les prestataires de services logistiques, les fabricants d’ordinateurs portables présents sur la Nouvelle route de la soie depuis le début ont déjà pris la décision de cesser les transports sur cet axe. De même, les grandes entreprises de logistique ont marqué un point en arrêtant temporairement le transit par la Russie. Cette semaine, CMA CGM, Maersk et MSC ont annoncé qu’ils n’accepteraient plus aucune réservation vers des destinations russes pour tous les modes de transport, y compris maritimes. L’un des plus gros clients de la nouvelle route de la soie qui a fait les gros titres cette semaine est le fabricant de matériel de réseau Zyxel Communications Corp, qui a cessé d’expédier des marchandises de la Chine vers l’Europe par voie ferroviaire en raison de l’invasion russe en Ukraine. Quelles sont les alternatives ? « En toute équité, il s’agit de flux de marchandises qui vont se déplacer vers d’autres modalités », a déclaré Rien Gulden de KLG Europe. « Nous essayons d’utiliser le corridor via la Turquie, mais pour être honnête, ce n’est pas une solution viable », a déclaré M. Koubek, de Metrans. RailBridgeCargo explique son réacheminement via la Turquie, « une route qui est disponible de la Chine à Istanbul pour se connecter directement à notre réseau européen en Europe centrale (Vienne, Duisburg, Neuss). Ces envois ne passent pas par le territoire russe, mais uniquement par le Kazakhstan ».
(Lire la suite : Railfreight.com)

Infrastructure
Network Rail utilise une nouvelle technologie pour détecter les défauts sur les voies ferrées – Network Rail met à l’essai une technologie qui permettra à des capteurs numériques de repérer les défauts de la voie, dans le but de réduire les perturbations des trains. Hitachi Rail et sa filiale Perpetuum ont obtenu un contrat de Network Rail pour développer une première solution numérique en temps réel. Cette solution permettra de surveiller, et éventuellement de prévoir, les sections de voie qui affectent la qualité de roulement et nécessitent une maintenance. L’équipement de surveillance sera installé sur les trains des réseaux écossais, notamment la North Clyde Line, les Borders et le Fife Circle. On espère que cette technologie permettra de réduire les perturbations sur le réseau, d’améliorer la sécurité et de réduire les coûts de maintenance. À ce stade du développement, la solution Perpetuum peut identifier le début d’un gauchissement ou d’une modification de la voie. Elle permet au réseau de dresser un tableau des zones à risque, nécessitant une inspection ou une maintenance à l’avenir.
(Source : Glasgow Times)

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La semaine de Rail Europe News – Newsletter 065

Du 23 février au 1er mars 2022

Par Frédéric de Kemmeter – Signalisation ferroviaire et rédacteur freelance – Inscrivez-vous au blog
02/03/2022

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Politique des Transports
Belgique : 357 millions € supplémentaires d’investissements chez Infrabel – 28/02/2022 – En plus des dotations classiques d’investissement déjà prévus sur 3 ans (2022-2024), le Gouvernement fédéral a mobilisé 2 enveloppes exceptionnelles, parties intégrantes des plans de relance belge et européen (RRF). Au cours de la période 2022-2024, quelque 2,497 milliards issus de dotations classiques seront investis par Infrabel au bénéfice de la sécurité, de la ponctualité et de la capacité. Complémentairement à ce montant, approuvé par les organes de gestion de l’entreprise, deux enveloppes exceptionnelles sont aujourd’hui prévues en faveur des clients d’Infrabel pour la période 2022-2024 : l’une de 135 millions via les fonds européens RRF ; l’autre de 222 millions via le plan de relance belge (période 2022-2024). Les fonds européens seront essentiellement utilisés pour poursuivre la nécessaire modernisation du réseau. Quant au plan belge, sur les 222 millions, 180 millions seront investis dans le soutien au fret ferroviaire, le solde sera investi sur l’Axe 3 (ligne Bruxelles-Luxembourg).
(Source : Railtech.be)

Grande-Bretagne : le transport public londonien durement touché par la pandémie – Transport for London (TfL) est l’organisme public local responsable des transports en commun de la ville de Londres et du Grand Londres. Environ 44 % des ménages londoniens ne possèdent pas de voiture, ce qui crée une dépendance à l’égard du réseau TfL. L’organisme traverse la plus grave crise financière de son histoire. En effet, 72 % de ses revenus proviennent des tarifs de plusieurs sources, dont le London Underground, le London Overground, le Docklands Light Railway, TfL Rail, les London Buses et Croydon Tramlink. Le secrétaire d’Etat aux transports, M. Grant Shapps, a déclaré que le gouvernement reconnaissait la dépendance du réseau de transport de la capitale vis-à-vis des recettes tarifaires, et reconnaissait également que la demande était « volatile. » Le 11 janvier dernier, TfL soumettait un plan élaboré à la demande des ministres du gouvernement. Il définit une stratégie qui permettrait à TfL de couvrir les coûts de ses opérations quotidiennes, de sa maintenance et de son financement d’ici 2023-24.
(Source : Railtech.be)

Grande-Bretagne : où sera situé le futur nouveau siège du chemin de fer britannique ? – En tout cas pas à Londres ! Grant Shapps, secrétaire d’État aux transports, a lancé un concours au début du mois afin de trouver un siège pour le nouvel organisme ferroviaire GBR. Le gouvernement s’est engagé, dans le cadre de son engagement de « nivellement par le haut », a ce que le siège soit situé en dehors de Londres, et qu’il y aura d’autres bureaux régionaux répartis dans tout le pays. La facilité d’accès, le patrimoine ferroviaire et le soutien du public figurent parmi les critères du nouvel emplacement. Bien que les transports soient décentralisés au Pays de Galles et en Écosse, le ministère des transports a déclaré que « les villes d’Angleterre, du Pays de Galles et d’Écosse sont aussi invitées à poser leur candidature ». La date limite pour les manifestations d’intérêt est le 16 mars. Une liste de présélection sera publiée par l’équipe de transition du GBR en mai, « après quoi un vote du public permettra de déterminer le site gagnant ». Suspense donc…
(Source diverses)

Trafic grandes lignes
Grande-Bretagne : bonne tenue des performances des six sociétés ferroviaires de First Group – Les performances des quatre sociétés d’exploitation ferroviaire de First Rail sous contrat avec le DfT sont conformes aux attentes pour le second semestre de l’exercice financier, tandis que les opérateurs en open access Hull Trains et Lumo sont légèrement supérieurs aux attentes, a déclaré FirstGroup dans une mise à jour commerciale le 25 février. Le ministère des transports a confirmé que les performances d’Avanti West Coast et de Great Western Railway ont été légèrement supérieures aux objectifs fixés pour les six premiers mois de l’exercice 22, tandis que TransPennine Express et South Western Railway ont atteint les objectifs annuels fixés dans le cadre de leurs contrats ferroviaires nationaux. Les quatre TOC avaient temporairement adopté des horaires réduits après accord avec le DfT, afin de gérer la fiabilité pendant les pénuries de personnel causées par la variante omicron du coronavirus. Hull Trains et Lumo, le seul segment de la division First Rail où FirstGroup supporte le risque commercial complet, sont toutes deux « légèrement en avance » sur les attentes du groupe, soutenues par la demande résiliente de voyages de loisirs. « Nous sommes heureux que les passagers recommencent à voyager après l’assouplissement des restrictions liées à l’omicron mises en place en décembre », a déclaré David Martin, président exécutif de FirstGroup. « Cela démontre notre conviction qu’il existe une importante demande latente de voyages sur nos services et nous sommes impatients d’assurer des liaisons vitales pour nos clients alors que la reprise se poursuit. »
(Source : Railway Gazette)

Trainline : « Avec Trenitalia, les ventes sur la ligne Paris – Milan ont triplé » – Boostée par l’arrivée de Trenitalia sur les rails français et les bugs de SNCF Connect, Trainline entend bien poursuivre sa conquête du ferroviaire en Europe et ailleurs. Selon les données communiquées par Trainline, les ventes de billets Trenitalia, nouvel opérateur ferroviaire sur l’axe Paris – Milan ont connu une forte croissance. « Nous avons constaté que les ventes de billets sur la ligne Paris-Milan ont triplé depuis le lancement de Trenitalia : +216% de réservations sur Trainline. Ce résultat démontre le potentiel du report modal vers le rail, sur les voyages longue distance en Europe » explique Christopher Michau, directeur des relations opérateurs chez Trainline. Sur cet axe, la vente de billets sur la ligne Paris-Lyon a augmenté de 14% depuis le lancement de Trenitalia. Pour le ferroviaire français, l’ouverture à la concurrence n’en est qu’à sa première étape. D’ici la fin de l’année de l’année Railcoop et Le train deux nouveaux opérateurs devraient débarquer sur les rails tricolores.
(Lire la suite chez Tourmag)

Matériel roulant
République tchèque : les Chemins de fer tchèques vont acquérir dix Vectrons cette année – Les Chemins de fer tchèques exploitent actuellement 17 locomotives Siemens Vectron auprès des sociétés de leasing ELL et RSL. Une seule locomotive est propriété du transporteur étatique. Les machines couvrent principalement l’exploitation des lignes express Berliner Praha – Berlin – Hamburg / Kiel et Slovácký dans la section Prague – Staré Město u Uherského Hradiště. Le type Siemens Vectron est également exploité par la filiale ČD Cargo. ČD a pris en charge la première des dix nouvelles Vectron louées par la société de leasing RSL dans le cadre d’un contrat-cadre portant sur la location de jusqu’à 50 locomotives au dépôt de Prague à Vršovice. La nouvelle locomotive est enregistrée dans le registre allemand et porte la désignation 193.683. Motif : « elles nous aideront à combler le nombre plus élevé de locomotives hors service en raison de la transition vers la nouvelle norme de maintenance ECM et de la période d’installation de l’ETCS », déclare Jiří Ješeta, membre du conseil d’administration et directeur général adjoint de ČD pour le transport de passagers.
(Source : Parlament nilisty.cz)

Grande-Bretagne : les trains Intercity britanniques, une acquisition financière originale – [ANALYSE] – Peu connues de ce côté-ci de la Manche, les rames Hitachi Class 800 et 801, dont certaines appelées Azuma, sont des rames grande ligne Intercity qui se sont largement implantées dans le paysage ferroviaire britannique. Elles ont fait l’objet d’une acquisition originale. Petite présentation. On le sait peu, mais l’achat de ces trains sont une initiative du Department for Transport, et non des opérateurs privés en franchise. Le programme IEP fut à la fois la plus grande opération de financement privé de matériel roulant de l’histoire ferroviaire au niveau mondial, et l’un des projets PPP les plus importants, les plus ambitieux et les plus complexes. Il a été lancé en juin 2005 en réponse aux coûts et aux risques croissants liés à l’entretien d’une flotte vieillissante de trains InterCity 125 (IC125), une des grandes icônes du rail britannique. Le fait d’adopter une politique d’achat de trains centralisée et de laisser les détails à l’industrie était une nouveauté au Royaume-Uni. Il n’existe aucun précédent de PPP dans le secteur ferroviaire au Royaume-Uni. L’IEP a innové sur presque toutes les questions clés en créant une nouvelle structure contractuelle pour s’adapter à cette première utilisation d’une structure PPP pour l’acquisition de matériel roulant – l’accord devait équilibrer les intérêts du DfT, d’Agility et de ses sponsors, d’Hitachi et des bailleurs de fonds, et en s’intégrant dans le cadre existant de l’industrie ferroviaire. Au total, 80 rames ont été construites, dont 36 unités de cinq voitures et 21 unités de neuf voitures destinées à être exploitées par la Great Western Railway (GWR), ainsi que 10 unités de cinq voitures et 13 unités de neuf voitures destinées à la London North Eastern Railway (LNER).
[lire la suite]


Prochaine livraison : le 09 mars 2022

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La semaine de Rail Europe News – Newsletter 064

Du 16 au 22 février 2022

Par Frédéric de Kemmeter – Signalisation ferroviaire et rédacteur freelance – Inscrivez-vous au blog
23/02/2022

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Politique des transports
Europe – Questionnement à propos de la coopération ferroviaire – Le retrait de la SNCF de la coopération Elipsos avec son voisin Renfe fait ressurgir un sujet qui agite depuis longtemps le milieu ferroviaire, dans une Europe qui promeut un espace unique pour faire circuler ses trains. Comme souvent, il y a lieu de bien distinguer les choses avant de tirer des conclusions. La coopération ferroviaire date de longtemps, à une époque où le rail constituait une affaire d’État, parfois même un objet militaire. Dans la pratique, quand un train sort « de son pays », le réseau voisin prend tout à sa charge, selon les règles de la COTIF. On change la locomotive et le conducteur. Une autre locomotive et un autre « agent conducteur » prennent le relais pour la suite du voyage. En résumé, la coopération avait surtout pour but de conserver chacun chez soi ses atouts et ses handicaps. On se contentait de se refiler le matériel roulant avec les normes de l’UIC et la paperasserie de l’OTIF. Ce système est-il encore viable de nos jours ?
(Lire la suite chez Mediarail.be)

Trafic grandes lignes
Italie/France – Trainline : « Avec Trenitalia, les ventes sur la ligne Paris – Milan ont triplé » – Boostée par l’arrivée de Trenitalia sur les rails français et les bugs de SNCF Connect, Trainline entend bien poursuivre sa conquête du ferroviaire en Europe et ailleurs. Selon les données communiquées par Trainline, les ventes de billets Trenitalia, nouvel opérateur ferroviaire sur l’axe Paris – Milan ont connu une forte croissance. « Nous avons constaté que les ventes de billets sur la ligne Paris-Milan ont triplé depuis le lancement de Trenitalia : +216% de réservations sur Trainline. Ce résultat démontre le potentiel du report modal vers le rail, sur les voyages longue distance en Europe » explique Christopher Michau, directeur des relations opérateurs chez Trainline. Sur cet axe, la vente de billets sur la ligne Paris-Lyon a augmenté de 14% depuis le lancement de Trenitalia. Pour le ferroviaire français, l’ouverture à la concurrence n’en est qu’à sa première étape. D’ici la fin de l’année de l’année Railcoop et Le train deux nouveaux opérateurs devraient débarquer sur les rails tricolores.
(Lire la suite chez Tourmag)

Madrid-Barcelone : 2 millions de voyageurs ont pris les trains low cost – Un taux d’occupation supérieur à 90 % et 2 millions de voyageurs : tels sont les chiffres du trafic « low cost » en 2021, une année incomplète. Il s’agit des chiffres cumulés des deux services low cost en concurrence entre Madrid et Barcelone : Ouigo (SNCF) et Avlo (Renfe), sur une demi-année seulement. Ouigo España a d’emblée aligné 5 allers-retours à l’aide de ses rames Euroduplex de 509 places, offrant donc en semaine 5000 places par jour. En novembre, la filiale de la SNCF annonçait qu’elle avait atteint un million de voyageurs avec un taux d’occupation moyen de 97 %, et à la fin de l’année, elle avait atteint 1.300.000 voyageurs. De son côté, Avlo lançait 4 allers-retours quotidiens avec des rames AVE modifiées à classe unique, offrant 438 places. Cela signifie qu’Avlo n’offre que 3.500 places par jour. La marque low cost de la Renfe a terminé l’année avec 734.000 voyageurs. Si on additionne les deux opérateurs low cost, ce sont un peu plus de 2 millions de voyageurs qui ont été séduit par ces nouveaux services. En rajoutant les services AVE à grande vitesse de la Renfe, ont obtient un total de plus de 4,3 millions de voyageurs pour une demi-année.
(Source : Railtech.be)

Espagne : un troisième actionnaire se joint à ILSA, futur concurrent en Espagne – Il n’est pas encore en service, ce sera pour la seconde moitié de cette année. Iryo, la marque de ILSA, le service à grande vitesse, va bénéficier d’un troisième actionnaire, après Air Nostrum et Trenitalia. D’après le quotidien Expansión, Globalvía ​​​​aurait acquis une part importante de la participation d’Air Nostrum et des fondateurs du nouvel opérateur. La nouvelle architecture laisserait Trenitalia comme principal actionnaire de la société, Air Nostrum et les fondateurs du projet comme deuxième groupe et Globalvía ​​comme troisième en discorde. S’agissant d’un changement significatif dans l’actionnariat de la société, l’opération doit avoir l’approbation de l’Adif . Les accords-cadres par lesquels Renfe, Ouigo et Iryo se sont vu octroyer la capacité d’exploitation prévoyaient que l’administrateur devait évaluer des changements de ce type pour garantir que les accords d’exploitation signés à l’époque soient respectés et qu’en aucun cas des obligations ou des droits n’aient été transférés à d’autres sociétés. Par ailleurs, Iryo étudierait déjà comment élargir son offre à l’avenir sur les corridors du nord de l’Espagne à partir de 2026, et plus précisément, la Galice et le Pays basque. Mais cela signifierait l’achat de trains avec changement d’écartement automatique des essieux. Iryo étudie l’achat d’une dizaine de rames, sans citer de constructeur.
(Source : El Espanol)

Espagne/France : fin de la coopération Elypsos Renfe-SNCF – Ce n’est peut-être pas une surprise, tant l’environnement est changeant. La SNCF annonçait hier vouloir mettre fin à la coopération Elypsos avec la Renfe. Les deux compagnies historiques vont donc gérer leurs trains internationaux en propre, d’autant que la SNCF opère déjà en Espagne, en concurrence. Sa position devenait donc intenable. « La Renfe aurait sans doute préféré continuer, mais nous n’avons pas trouvé d’accord satisfaisant vu de notre fenêtre. Depuis 10 ans, il y a eu des progrès, mais ces lignes n’ont jamais été rentables, et nous ne souhaitons pas continuer à perdre de l’argent », explique aux Echos un dirigeant de Voyages SNCF. Avec la première vague du Covid, la demande en sièges avait même chuté de 72 % en 2020 par rapport à 2019, puis à nouveau de 59% l’an dernier. Le partage des recettes internationales, qui figure dans la coopération, s’avérait déséquilibré selon le même dirigeant. Il ne reste plus beaucoup de coopération à la SNCF, si on compte Alleo, avec l’Allemagne, un nom que personne ne connait. Lyria, vers la Suisse, est différent car la SNCF prend pratiquement tout en charge. Quand à Thalys et Eurostar, il s’agit de sociétés à part entière, et c’est semble-t-il la seule formule viable.
(Source : Les Echos)

Matériel roulant
50 Vectron Siemens pour Flixtrain ? – 18/02/2022 – Après les trains russes, les locomotives Vectron ! Flixtrain change complètement sa philosophie « d’asset light ». Selon WirtschaftsWoche (WiWo pour les intimes), le groupe munichois serait en discussion avec Siemens pour fournir jusqu’à 50 locomotives, dont l’opérateur ferroviaire Flixtrain a besoin pour une offensive à grande échelle dans le transport ferroviaire longue distance. Flixtrain veut déjà commander des voitures voyageurs en Russie, qui seraient tractées par lesdites Vectron. Cela nous éloigne peut-être de l’option « grande vitesse » qu’on évoquait la semaine dernière. WiWo relate ainsi que Flixtrain veut faire construire les voitures voyageurs par le constructeur russe Transmashholding. Flixtrain est actuellement à la recherche de partenaires financiers qui lèveraient une somme rondelette d’environ un milliard d’euros pour commander et acheter les trains afin de les louer ensuite à Flixtrain. Le généreux donateur devra également financer les locomotives. L’accent mis par Flixtrain sur les trains tirés par des locomotives a une bonne raison. Ceux-ci peuvent être « utilisés de manière plus flexible dans les pays respectifs », explique Maria Leenen, responsable de SCI-Verkehr, un important bureau de conseil allemand. Les voitures voyageurs que Flixtrain veut faire fabriquer en Russie peuvent apparemment être approuvées assez facilement pour le marché européen. Avec l’équipement approprié, les locomotives Siemens seraient déjà homologuées pour le trafic transfrontalier. Rappellons que les Vectron sont homologuées dans une vingtaine de pays, dont la Belgique, mais pas encore la France. Selon Siemens, les locomotives ont un prix catalogue pouvant atteindre cinq millions d’euros. L’avantage pour l’investisseur qui est censé acquérir ces locomotives pour le compte de Flixtrain qu’en cas de défaillance ou de retrait de Flixtrain de certains pays, la société de leasing des locomotives pourrait utiliser ces engins pour d’autres clients, « en cas de nouveau doute dans le transport de marchandises », dit Leenen. Affaires à suivre…
(Source : WirtschaftsWoche)

Infrastructure
Belgique : Infrabel lance la production de ses fameuses traverses vertes – Ce nouveau produit émet 40% de CO2 de moins que les traverses classiques à base de béton de ciment. Infrabel a commandé 200.000 exemplaires et devient le premier gestionnaire d’infrastructure ferroviaire d’Europe à rendre ses traverses plus écologiques. Outre le bénéfice pour l’environnement, la production de matériaux en béton de soufre bénéficie aussi à l’emploi : 30 collaborateurs devraient être engagés à court terme et une centaine dans les années à venir. Les traverses « vertes » sont une révolution pour le secteur ferroviaire. Les traverses de béton de soufre ont une durée de vie – 40 à 50 ans – et une résistance à la charge dynamique des trains au minimum identique aux traverses en béton classique à base de ciment. Le béton de soufre est moins poreux que le béton traditionnel et donc moins sensible aux infiltrations d’eau.
(Source : Railtech.be)

Prochaine livraison : le 02 mars 2022

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La semaine de Rail Europe News – Newsletter 063

Du 09 au 15 février 2022

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16/02/2022

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Infrastructures
Finlande/Estonie : où en est le projet de tunnel ferroviaire entre Helsinki et l’Estonie ? – Un tunnel ferroviaire traversant la mer entre la Finlande et l’Estonie, réduisant le temps de trajet de deux heures en ferry à seulement 20 minutes en train. Tel est le projet de la société FinEst Bay Area Development, cofondée par l’entrepreneur finlandais Peter Vesterbacka. Le tunnel permettrait non seulement de rapprocher la Finlande et l’Estonie, mais aussi de supprimer le statut d’île de la Finlande et de la relier à l’Europe par le rail. L’idée que ce tunnel soit achevé à la fin de l’année 2024, si la procédure d’approbation se déroule sans heurts, parait on ne peut plus utopique. Le tunnel intégrera la Finlande au réseau ferroviaire européen standard qui est amené aux pays baltes avec le projet Rail Baltica. « Ainsi, elle se connecte également au marché européen, qui s’ouvre actuellement. Avec l’équipement standard du tunnel, les opérateurs ferroviaires peuvent concurrencer les opérateurs européens et les monopoles gouvernementaux tels que la Deutsche Bahn », explique M. Vesterbacka. Contrairement à de nombreux grands projets d’infrastructure, qui sont souvent commandés et financés par les pays, ce tunnel est un projet privé. L’entreprise est en discussion avec les deux gouvernements depuis un certain temps. En avril dernier, la Finlande et l’Estonie ont signé un protocole d’accord portant sur plusieurs projets d’infrastructure, dont un tunnel. Un accord de ce type n’a en fait aucun pouvoir juridique, mais « il s’agit d’une déclaration de volonté, les gouvernements ne signent pas de MoU juste pour le plaisir », affirme M. Vesterbacka.
(Source : Railtech.com)

Gares
Grande-Bretagne : des contrats de sous-traitance pour plus d’un demi-milliard d’euros pour Londres Euston – 598 millions d’euros, c’est le montant des contrats que veut passer la coentreprise Mace et Dragados (MD JV), pour construire la nouvelle gare londonnienne d’Euston, la quatrième reconstruction du site. Fini l’architecture brutaliste qui prévala dans les années 60-70 chez British Rail. Place aux gares épurées. Les contrats portent sur la construction de la sous-structure principale de la gare, qui comprendra des lots pour le battage de pieux, le terrassement et le béton armé. En outre, MD JV cherche également à trouver un sous-traitant pour fournir les systèmes principaux et les ensembles mécaniques, électriques et de plomberie (MEP) de la gare. Ces contrats de niveau 2 entraîneront de nombreux autres contrats directs chez les propres sous-traitants de chaque contrats spécialisés, offrant ainsi aux entreprises, grandes et petites, la possibilité de participer à la réalisation du projet HS2. Ce n’est là qu’un des domaines dans lesquels le projet HS2 procure du travail à long terme aux entreprises, leur apportant stabilité et opportunités de croissance, dixit les promoteurs de HS2. MD JV a déjà mis la main sur le site de la gare et a terminé les fondations du mur ouest de la station. Des centaines d’emplois ont déjà été créés sur ce projet, et il est prévu que les nouveaux contrats de sous-traitance aient besoin de 3.000 emplois au plus fort de la (re)construction de la gare d’Euston en version HS2.
(Source : Global Rail Review)

Quelles sont les meilleures gares italiennes ? – Omio, un site de vente de billets en ligne, a examiné les trente gares les plus visitées d’Italie (selon les réservations du 1er mai 2020 au 15 février 2021), en tenant compte de quatre facteurs qui rendent le voyage en train et le séjour dans une gare confortables et agréables. La qualité des offres commerciales et la localisation sont deux des caractéristiques prises en compte par la plateforme Omio pour évaluer et comparer (sur la base d’une note de 0 à 100) les gares des trente destinations les plus fréquemment réservées par les voyageurs ferroviaires. Mais la ponctualité des trains, qui est une affaire plutôt d’infrastructures, est aussi prise en compte. Firenze Santa Maria Novella est la meilleure gare d’Italie. La gare de la capitale toscane est également entièrement accessible et, grâce à la présence du salon pour les voyageurs à grande vitesse et à sa proximité du centre-ville (97.3). Sur la deuxième marche du podium on trouve la gare Roma Termini, tandis que la troisième place revient à la gare de Napoli Centrale. L’article source vous explique pourquoi.
(Source : Railtech.be)

Grande-Bretagne : une nouvelle gare à Birmingham pour le train à grande vitesse – Dans le cadre de la première phase de la construction de la ligne à grande vitesse britannique HS2, Birmingham, deuxième ville de Grande-Bretagne, va se doter d’une toute nouvelle gare. High Speed 2 (HS2) est un projet de ligne à grande vitesse entre Londres et les Midlands, le nord de l’Angleterre. HS2 tire son nom du fait d’être la deuxième ligne à grande vitesse d’Angleterre, la HS1 étant la ligne reliant Londres au tunnel sous la Manche. Les principales villes qui seront desservies dès 2030 sont Londres, Birmingham, Leeds et Manchester (en phase 2). Huit options pour le site de la gare de Birmingham furent envisagées. Le site de Curzon Street fut finalement choisi pour implanter une nouvelle gare comportant 7 voies, à construire par Mace et Dragados dans le cadre d’un contrat d’une valeur pouvant atteindre 681 millions d’euros. Elle devrait ouvrir vers 2030. La nouvelle gare de Curzon Street va s’installer à côté de celle de Moor Street et à 500m de celle New Street. Le centre de Birmingham comportera donc trois gares l’une contre l’autre.
(Source : Railtech.be)

Grandes lignes
Italie/France : Trenitalia satisfait de sa lancée vers Paris – Le 18 décembre dernier, la compagnie Italienne Trenitalia mettait en service sa ligne Paris-Lyon-Turin-Milan. Une première sur les rails françaises depuis l’ouverture à la concurrence fin 2020, et la fin du monopole de la SNCF sur le réseau grande vitesse. Deux mois après ce lancement, Roberto Rinaudo, le patron de la filiale française de Trenitalia, s’entretenait avec France 3 pour un tout premier bilan, forcément très court. « Nous sommes très satisfaits. Nous pouvons dire que les résultats sont très encourageants. Pendant les vacances scolaires, nous avons eu un très bon taux de remplissage des trains. Ils étaient presque complètement remplis avec un taux qui atteint 98%, sachant qu’à cause des restrictions liées au Covid, les places vendables n’arrivaient pas au-delà des 80% des capacités des rames. Il y a eu une très grande curiosité de la part de nos voyageurs qui avaient la possibilité d’essayer un service complètement différent, et c’est là notre esprit. Nous avons eu de très bons retours sur les réseaux sociaux, mais également en direct par le biais de nos équipages. » Le patron français parle de deux allers retours Paris-Milan comme un point de départ ayant pour but de bien desservir une offre pour les voyageurs internationaux, surtout, mais aussi pour les trajets internes domestiques français. « Notre objectif, c’est de faire monter en puissance notre offre avec le lancement de 3 allers-retours supplémentaires par jour que l’on va ouvrir d’ici le premier semestre 2022, donc d’ici le mois de juin. »
(Source : France3-regions.fr)

Allemagne : Flixtrain, changement de stratégie ? – Cela bouge beaucoup pour la firme privée de Munich. L’acquisition en 2021 de l’icone américaine du bus Greyhound a montré un changement de stratégie pour la société qui voit à long terme. Cela impacte aussi sur la politique ferroviaire et la vision de la firme en Europe. L’idée d’une compagnie de bus est née vers 2011 mais a depuis lors grandement évolué. Réputée comme une start-up « asset light », FlixMobility, désormais valorisée à 3 milliards de dollars, prend un chemin différent. En effet, le système de sous-traitance systématique a ses défauts car il est trop lent à se mettre en place et mobilise beaucoup trop d’énergie au niveau contractuel. L’idée d’acquérir ses propres trains entre dans une logique de maîtrise de sa croissance. C’est ce que la firme s’apprête à faire en achetant des trains, mais via la formule du leasing comme elle le fait avec les voitures Talbot via Railpool. La direction de Munich serait en pourparlers avec les russes pour obtenir plusieurs dizaines de rames « à grande vitesse », terme qu’il faut prendre avec prudence. À cela s’ajoute le fait que les fondateurs de FlixMobility ont aussi une vision à long terme de la mobilité de demain.
(Tous les détails sont à lire ici : Mediarail.be)

Matériel roulant
USA : Amtrak va commander 50 autres locomotives Siemens Charger ALC42 – Le jour même où Amtrak a mis en service ses premières locomotives Siemens ALC42, non sans quelques problèmes, la compagnie a annoncé qu’elle allait acquérir d’autres locomotives. Lors d’un événement qui s’est déroulé à la gare Union de Chicago, le vice-président et directeur de la mécanique d’Amtrak, George Hull, a profité de la mise en service des deux diesels Charger longue distance pour annoncer que le conseil d’administration de l’entreprise avait autorisé l’exercice de l’option permettant d’ajouter 50 autres locomotives à la commande de production 2018 de 75 unités qui sortent actuellement de l’usine de production de Siemens à Sacramento, en Californie. L’unité 301, au design « Day One » imitant une locomotive EMD E8 peinte à la hâte et créée pour le lancement d’Amtrak en 1971, avait été choisie pour mener sa sœur 302 et la P42 n° 161 peinte en héritage sur l’Empire Builder en direction de l’ouest au départ de Chicago Union Station, après une présentation de George Hull et du vice-président de Siemens Mobility Rolling Stock, Michael Cahill. L’exploitation de trois locomotives est une pratique courante en hiver sur l’Empire Builder à destination de Seattle et Portland, dans Oregon. Cependant, après la fin de la séance de photos pour les médias, une P42 supplémentaire a été ajoutée, « pour des raisons techniques liées au contrôle positif des trains, » expliquait Marc Magliari, porte-parole d’Amtrak. Les ALC42 sont actuellement déclinées en quatre version sur le continent américain et au Canada, sur base des technologies européennes mais avec les adaptations de là-bas.
(Source : Trains.com)

Allemagne : Talbot fournit sa 100ème voiture à Flixtrain – Réputé pour ne posséder aucun actif avec les Flixbus, l’opérateur Flixtrain a dû se résigné à opérer différemment avec le secteur ferroviaire. En 2020, le directeur général Fabian Stenger déclarait dans un quotidien allemand que « l’activité ferroviaire suit des règles différentes de celles des bus longue distance. Flixtrain ne peut pas faire face à des achats pour le moment ». D’où l’option de louer une série de voitures, avec un contrat de maintenance à la clé. C’est ici qu’intervînt Talbot GmbH et Railpool. Le premier est propriétaire des véhicules et en assure la maintenance. De son côté, Railpool assure une stabilité à Flixtrain dans le contrat de leasing, suite à ses déconvenues en 2020 auprès d’anciens partenaires. Pour le directeur général Fabian Stenger, il devenait clair que pour Flixtrain « il vient un moment où vous devrez décider d’acheter vous-même des trains ». Cela contredit la stratégie générale de l’entreprise, qui sous-traite un maximum. Mais Stenger reconnaissait que « l’activité ferroviaire suit des règles différentes de celles du bus longue distance. Flixtrain ne peut pas faire face à des achats pour le moment, » déclarait-il à l’automne 2020. Le mois dernier, Talbot a donc remis, via Railpool, la 100è voiture classée Bmmz avec entre autres, le remplacement des sièges et des aménagements intérieurs, des prises électriques, l’installation d’un nouveau réseau de wifi, de ports USB et de nouveaux WC. Ce matériel circule sur tous les trains de Flixtrain.
(Source : Railtech.be)
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Énergie/Technologie
Écosse : les écologistes exigent le retrait des vénérables HST125 du réseau écossais – De quoi s’agit-il ? Des 27 rame HST 125 mises en service en 1977 sur les nombreuses liaisons grande ligne de British Rail. Près de 45 années plus tard, ces rames circulent encore toujours en Grande-Bretagne ! En 2017, ScotRail reprenait 54 motrices et 121 remorques du parc HST 125 britannique, en leasing auprès d’Angel Trains, pour former 17 rames Intercity de 5 voitures et 9 rames de 4 voitures. Des rames plus courtes encadrées par deux motrices, et destinées à relier Glasgow et Édimbourg vers le nord de l’Écosse. Cette nouvelle jeunesse des HST permettait à ScotRail de relier dès 2018-2019 les 7 principales villes d’Écosse que sont Glasgow, Edimbourg, Perth, Stirling, Aberdeen, Dundee et Inverness, sous le vocable Intercity. Ce sont ces rames qui sont aujourd’hui critiquées, non pas pour leur manque de confort en dépit de leur 45 années, mais à cause de leur pollution au diesel. D’après l’association écologiste ‘Friends of the Earth Scotland’, les HST 125 nécessiteraient trois fois plus d’énergie qu’un train diesel standard. « Les HST sont clairement beaucoup plus dommageables pour le climat que le reste de la flotte en Écosse », argumente l’association. Bien que difficiles à trouver, un forum de passionnés a pu estimer les chiffres et parle de 225 litres/heures à pleine puissance, bien que cette pleine puissance ne soit pratiquement pas utilisée en Écosse. ScotRail ne publie pas de chiffres sur les émissions de carbone produites par ses HST rénovés, les diesels standard et les trains électriques par kilomètre. Cependant, étant donné que les HST fonctionnent au diesel et nécessitent trois fois plus d’énergie qu’un diesel standard, il est probable que leurs émissions soient considérablement plus élevées.
(Source : Railtech.be)
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Grande-Bretagne : Chiltern Railways a mis en service commercial sa rame hybride HybridFLEX – Chiltern Railway, un opérateur qui exploite des services locaux et grande ligne entre Londres Marylebone et Birmingham ainsi qu’Oxford, a mis en service son autorail Class 168 équipé d’un bloc-batterie pour stocker l’énergie de freinage régénérée qui peut ensuite être utilisée pour assurer un fonctionnement sans émissions dans les gares et les zones urbaines. Dans les détails, cet autorail à deux voitures numéroté 168 329, initialement livré en tant que Turbostar Class 170 en 2000, a été équipé de deux PowerPacks hybrides MTU comprenant un moteur 6H 1800 conforme aux normes d’émissions EU Stage V, un moteur électrique et un Système de batterie Rolls-Royce MTU EnergyPack. Cela devrait permettre une réduction de 25 % de la consommation de carburant, de 25 % des émissions de CO 2 , une réduction de 70 % des NO x et de 90 % des autres polluants. Le projet est considéré comme une mesure transitoire pour la durée de vie restante de ces autorails, car la seule ligne diesel restante au départ de Londres Marylebone, gérée par le Chiltern, sera électrifiée dans les années qui viennent. Il sera principalement exploité entre Londres Marylebone et Aylesbury, avec des incursions occasionnelles vers Oxford et d’autres destinations. Il sera parfois jumelé avec une rame standard pour confirmer la compatibilité. Cette exploitation en conditions réelles permettra à Chiltern d’élaborer une analyse de rentabilité pour la conversion d’autres rames diesel, et une annonce sur les plans futurs est attendue cet été.
(Plus de details – en anglais : Railway Gazette)

Trafic fret
Suède : les bons chiffres du port Göteborg et du transport par rail – Le port de Göteborg a enregistré une augmentation de 7 % du trafic de conteneurs en 2021, en enregistrant 828.000 EVP, malgré les perturbations de toute la chaîne logistique mondial, induites par la pandémie de Covid-19. L’exploitation ferroviaire du port suédois, Railport Scandinavia, a également continué de croître en termes de gamme et de volume, tandis que 458.000 EVP ont été transportés entre le port et les destinations intérieures. Il s’agit du chiffre le plus élevé jamais enregistré et représente une augmentation de 9 % par rapport à 2020. Le chemin de fer transporte plus de 60% des marchandises conteneurisées. La proportion élevée permet de faire face à la pénurie de chauffeurs routiers, ce qui permet de ne pas affecter Göteborg comme dans d’autres ports. Le port a travaillé à long terme depuis 20 ans pour renforcer l’infrastructure ferroviaire portuaire grâce au concept Railport Scanidinavia. Depuis 2021, c’est Protrain qui s’occupe de ces tâches dans le port de Göteborg – bien que sur un contrat temporaire. Mais à partir du 1er avril 2022, le contrat sera valable trois ans, avec une option pour une prolongation supplémentaire de quatre ans.
(Source : Railtech.be)

Prochaine livraison : le 23 février 2022

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