La semaine de Rail Europe News – Newsletter 013

Du 09 au 16 décembre 2020

Classé par thèmes, ce qu’il faut retenir de l’actualité ferroviaire.

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Politique des transports

ERA_Europe_RailwaysEurope – L’Union européenne veut un transport zéro carbone d’ici 2050 – Le document de travail « Sustainable and Smart Mobility Strategy – putting European transport on track for the future », rendu public la semaine dernière, est une des actions concrètes du Green Deal lancé en décembre 2020. Il comporte 82 mesures organisées en 10 domaines d’action clés, et détaille les politiques que l’administration de Bruxelles compte mettre en œuvre pour transformer le secteur des transports en un secteur décarboné, ce qui est un défi de taille. Cinq domaines concernent le secteur ferroviaire : plan hydrogène, grande vitesse, le fret transféré sur le rail, mobilité multimodale connectée et automatisée et enfin le renforcement du Marché Unique. Il va maintenant être très intéressant de suivre ces différents dossiers dans les années qui vont suivre. Dans l’immédiat, nous entrons dans 2021, qui a été déclarée “Année du rail”…
>>> Mediarail.be – L’Europe veut un transport zéro carbone d’ici 2050. Une opportunité pour le rail

Etat-SNCFFrance – L’Etat souscrit une augmentation de capital de la SNCF – Ce 15 décembre 2020, l’Etat a annoncé souscrire une augmentation de capital de augmentation du capital de la SNCF à hauteur de 4,05 milliards d’euros. Cette augmentation ne vise pas tant à compenser les pertes en 2020 qui pourrait atteindre 5Mds€, mais principalement à soutenir les investissements de SNCF Réseau dans la régénération et la modernisation des voies ferrées. Ce montant affiché pour la relance du rail faisant partie des gros budgets du plan à 100 milliards présenté le 3 septembre dernier par le premier Ministre et financé, rappelons-le, à hauteur de 40 Md€ par l’Europe. Ces 4,05 milliards d’euros permettront, pour 2,3 milliards, de poursuivre les travaux prévus, tandis qu’1,5 milliard d’euros sera affecté à des dépenses qui n’avaient pas encore été financées. Enfin 250 millions permettront à SNCF Réseau de reprendre certaines petites lignes dans son réseau structurant tandis que 100 millions seront consacrés à la relance de deux trains de nuit.
>>> Construction Cayola – L’Etat souscrit une augmentation de capital de la SNCF

Trafic grande ligne

FlixtrainSuède – Hector Rail fournira le matériel roulant de Flixtrain – C’est souvent un problème pour les nouveaux entrants qui ne veulent pas être alourdis par des actifs : trouver des voitures et un tractionnaire. En Suède, les ambitions de Flixtrain seront prises en charge par Hector Rail, un opérateur de fret bien connu qui opérait déjà sur les Stuttgart-Berlin de la firme munichoise. «Nous avons discuté avec plusieurs opérateurs de l’itinéraire des trains en Suède, mais le choix s’est porté sur Hector Rail, qui est une entreprise bien informée et stable avec une expérience dans la gestion de trains de voyageurs,» explique Peter Ahlgren, PDG de Flixbus Norden et responsable de Flixtrain. Hector Rail a ouvert son nouveau centre à Sävenäs à Göteborg et louera deux locomotives Vectron ainsi que les voitures pour le trafic. Ce matériel roulant sera pelliculé dans la livrée Flixtrain, ce vert qui ne passe jamais inaperçu. Les voitures sont les mêmes que celles utilisées en Allemagne sur Aachen-Berlin, et qui sont rénovées dans l’entreprise Talbot d’Aix-la-Chapelle. Ces voitures sont propriété de Railpool et Flixtrain répète donc le même schéma d’exploitation qu’en Allemagne. Prévu pour le 3 mai 2021, les trains partiront à 7h30, 12h30 et 17h30 de Göteborg Central ainsi que de Stockholm Central en sens inverse, les heures de départ variant légèrement entre les différents jours de la semaine et le dimanche.
>>> Jarnvagar.nu – Hector Rail kör tågen för Flixtrain

Trafic de fret

ERA_Europe_RailwaysGrande-Bretagne – L’engorgement des ports britanniques désorganise les flux ferroviaires – Mais que se passe-t-il dans les ports britanniques ? Le plus grand port à conteneurs du Royaume-Uni est tellement encombré qu’il peut avoir une influence sur les flux ferroviaires à l’intérieur du pays. La rotation des conteneurs “import” (d’Asie ou autre) depuis Felixstowe connait de fortes tensions issues notamment du logiciel Vehicle Boarding System (qui gère les entrées-sorties des camions et trains). A cela se sont ajoutés divers facteurs propres à 2020, liés au retard des navires et aux dockers britanniques qu’il a fallu confiner lors de la première vague du printemps. Certains trains intermodaux sont contraints de quitter le port avec des wagons vides et des trains “plus légers”, car ils doivent impérativement utiliser leur sillon sous peine de pénalités. Ces problèmes d’organisation sont encore aggravés par les négociations sur le Brexit, qui a entraîné de fortes demandes des importateurs avant la date fatidique du 1er janvier 2021.
>>> Mediarail.be – L’engorgement des ports britanniques désorganise les flux ferroviaires

Infrastructures

ERA_Europe_RailwaysFinlande – Deux sociétés créées pour préparer des projets ferroviaires – En juin dernier, l’État créait deux sociétés ferroviaires chargées du design précis pour les lignes nouvelles ferroviaires finlandaises, et permettre ainsi l’obtention de fonds de l’UE. Les deux projets comprennent la construction de la ligne nouvelle Espoo-Salo-Turku, d’une part, et de celle reliant Helsinki à Tampere via l’aéroport d’Helsinki-Vantaa. Les deux sociétés, Suomi-rata Oy et Turun Tunnin Juna Oy, doivent maintenant chacune élaborer le design précis du tracé de leur projet respectif, qui permettront des trajets d’une heure entre la capitale finlandaise et Turku d’une part, Tampere de l’autre. Outre le gouvernement à hauteur de 51%, les sociétés de projet impliquent aussi un total de 26 villes et municipalités, ainsi que Finavia, l’organisme public gestionnaire de 25 aéroports de Finlande. Ce projet entre dans le cadre de l’amélioration de la mobilité vertes prônée d’ailleurs par l’Union européenne (voir plus haut).
>>> Themayor.eu – Finnish cities band together for massive railway projects

Technologies

ERA_Europe_RailwaysFrance/Toulouse – Les ingénieurs d’Altran embarquent dans le train de HyperloopTT – Pour booster son développement, Hyperloop Transportation Technologies, l’une des trois sociétés qui étudient un train supersonique sous la forme de capsules en lévitation électromagnétique dans un tube sous vide, vient de s’allier à un spécialiste du ferroviaire, Hitachi Rail, et à Altran, touché de plein fouet par la crise aéronautique. Hyperloop TT avait installé son centre de R&D sur l’ancien aéroport militaire de Toulouse Francazal à la fin de 2017 mais n’avait procédé à aucun essais. Altran de son côté cherche à diversifier ses activités, qui ont chuté dans la région toulousaine avec la crise de l’aéronautique. L’entreprise va mettre 100 de ses ingénieurs à disposition d’HTT « afin de renforcer les compétences techniques de son site de l’Aerospace Valley à Toulouse.» Ces deux partenariats sont un gage pour HTT, qui en a besoin à l’heure où ses concurrents avancent chacun leurs pions. Il y a un mois, l’entreprise Virgin Hyperloop a en effet réalisé son premier test avec des passagers à son bord. Certes à une vitesse de 160 km/h, loin des 1.200 km/h promis, mais avec le gage que la technologie fonctionnait bien.
>>> Les Echos – Toulouse : les ingénieurs d’Altran embarquent dans le train de HyperloopTT

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Prochaine livraison : le 23 décembre 2020

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Maglev

Maglev_10Et si on parlait du train à sustentation magnétique ?
17/06/2019 – Alors que le monde entier regarde les projets d’Hyperloop avec circonspection, il est utile de se pencher sur une autre technologie ferroviaire : la sustentation magnétique, que l’Europe semble avoir définitivement oublier…


CRRC-maglevL’Asie prend le leadership des trains à 600km/h, et ce n’est pas une bonne nouvelle pour l’Europe et l’Amérique – 30/05/2019 – Le constructeur chinois CRRC, qui fait si peur aux industriels européens, dévoile un projet de train à lévitation magnétique qui pourrait circuler dès 2021 à 600km/h.


Hyperloop

Hardt_Hyperloop_02On reparle beaucoup d’Hyperloop ces temps-ci – 02/12/2019 – Hyperloop, qui est un peu le cœur innovant d’Elon Musk, conserve toujours son esprit visionnaire. Le point sur ce sujet.


On reparle beaucoup d’Hyperloop ces temps-ci

(photo Hardt Hyperloop)

Une capsule remplie de passagers, capable de voler dans un tube à une vitesse d’environ 1000 km/h et qui pourrait servir ainsi d’alternative à l’avion – telle est la vision derrière la technologie Hyperloop. Lors de conférences techniques et dans divers médias, cette utopie est souvent évoquée et donne l’impression que nous allons faire le voyage Vienne – Cologne en une heure ! Bien qu’en théorie cela semble fantastique, il est important de prendre en compte les nombreux défis auxquels l’Hyperloop est confronté tant en construction que dans son impact sur la société. Le coût de cette technologie et du système de tubes sophistiqués, estimé à des millions de dollars, constitue le plus important défi de cette technologie disruptive.

Diverses start-up européennes, telles que Hardt Hyperloop aux Pays-Bas, Zeleros en Espagne et Hyper Poland, se sont consacrées au thème d’Hyperloop. Et on en a encore beaucoup parlé à la fin du mois de novembre. D’une part, Certifer, agence française de certification ferroviaire créée en 1997, a annoncé qu’elle collaborait avec Virgin Hyperloop One (VHO) pour atteindre son objectif de surpasser les niveaux de sécurité de tous les systèmes de transport existants. Virgin Hyperloop One est une société concurrente d’Hyperloop d’Elon Musk.

Certifer a suivi les progrès de VHO dans les phases de recherche et développement, de prototypage et de test et a procédé à un examen complet du statut de conception de leur solution. Les experts en sécurité indépendants expérimentés de Certifer ont confirmé l’aptitude de la technologie et de l’organisation de Virgin Hyperloop One à être évaluées en termes de sécurité et ont confirmé que la société était prête à franchir cette première étape historique – la première du genre dans l’espace hyperloop.

Cela signifie que la technologie Hyperloop pourrait entrer dans une phase plus concrète de la réalisation.

D’autre part, un évènement qui devient de plus en plus emblématique chaque année, Hypermotion Fair à Francfort, a aussi eu droit à sa conférence sur Hyperloop. Du 26 au 28 novembre 2019, des leaders en technologies et des experts se rencontraient pour rechercher de nouvelles solutions dans les domaines du trafic, des transports, des infrastructures et de la logistique. Au total, environ 200 orateurs et 3.000 visiteurs d’Allemagne et du monde entier ont participé au salon Hypermotion pour débattre de la mobilité du futur.

Le ‘Hypermotion Lab’ est la pièce centrale de l’évènement à cause de ses questions perturbatrices et de ses analyses prospectives. Pour cette troisième édition, le concept d’Hyperloop, qui est en quelque sorte le cœur visionnaire du médiatique Elon Musk, prenait une place importante.

David Pistoni, cofondateur et PDG de Zeleros, Gabriele Semino, ingénieur en mécanique chez Warr Hyperloop, Mars Gueze, directeur du marketing chez Hardt Hyperloop, Katarzyna Foljanty, PDG de Hyperloop en Pologne, et Bertrand Minary, chef des innovations, ont participé à une conférence à l’Hypermotion Fair sur les projets Hyperloop pour le fret ferroviaire et multimodal dans la compagnie ferroviaire française SNCF.

Martin J. Fröhlich, responsable de New Horizons chez Deutsche Bahn AG, a dirigé les débats. Apparemment, l’un des plus grands opérateurs ferroviaires d’Europe rêve également de voyager dans des tubes avec des capsules lancées à 1000km/h. « Lorsque nous parlons d’Hyperloop, nous devons également nous rappeler qu’il est plus écologique que les autres modes de transport et qu’il peut également être utilisé pour le transport de marchandises », a souligné Bertrand Minary de la SNCF.

Dans dix ans, selon les prévisions, un milliard de camions rouleront sur les routes et les files d’attente en Europe et le nombre de morts sur les autoroutes augmentera, explique Minary. « Nous devons faire en sorte que la transition entre la route et le rail se déroule dans les meilleures conditions tout en pensant à de nouveaux modèles. Hyperloop peut ici jouer un grand rôle. Outre l’aspect environnemental, les camions génèrent également plus de bruit qu’un système Hyperloop. En outre, les camions créent des embouteillages et sont moins sûrs que le train. »

(photo Hardt Hyperloop)

Mars Gueze, PDG de la société néerlandaise Hardt Hyperloop, soulève le problème du manque de soutien politique et du manque de capital. C’est un problème central : « Les investisseurs veulent d’abord voir un prototype réel, mais nous avons besoin d’argent pour le construire », explique Gueze. Sans prototype, Hyperloop risque de rester un projet théorique ou, pire, un projet généré sur d’autres continents plutôt que l’Europe.

Katarzyna Foljanty, co-fondatrice de Hyper Poland, explique aussi que la Pologne va construire une piste d’essai pour démontrer le système de suspension du véhicule et l’efficacité de l’unité linéaire. Hyper Poland et l’institut du chemin de fer travaillent à la mise au point d’une solution sur le vide à grande échelle, adaptée aux essais de fatigue à long terme des capsules Hyperloop.

Les différents partisans d’Hyperloop insistent beaucoup sur le fait qu’Hyperloop serait entièrement alimenté par la technologie solaire. Or, si ce n’est pour le moment pas possible dans le transport aérien, les systèmes Maglev et TGV pourraient quant à eux être aussi alimentés par l’énergie solaire. Il manque encore de la clarté sur la quantité d’énergie nécessaire pour faire fonctionner l’Hyperloop, mais la plupart des liaisons seraient deux à trois fois plus ‘éco-énergétiques’ que les déplacements en avion. Cependant, les arguments énergétiques seront prépondérants pour l’acceptabilité du système à l’avenir. C’est donc un point crucial.

Nous entrons dans une nouvelle décennie qui sera à la fois passionnante et disruptive. Car les nouvelles technologies font peur et induisent chez certaines personnes un mouvement de rejet. Il sera donc crucial de convaincre que l’Hyperloop n’est pas un instrument opposé à la lutte contre le réchauffement climatique.

(source principale Jarnvagsnyheter.se)

(photo Hardt Hyperloop)

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